213, Rue Saint-Honoré

C'est encore la seule et unique implantation de ce sanctuaire fashion. " Nous nous sommes lancées ensemble, ma mère voulait que je fasse partie de l'aventure dès le départ, raconte Sarah Andelman, la fille de Colette Rousseaux. Mais le projet est avant tout né du bâtiment lui-même. On n'a pas eu l'idée, pour ensuite chercher où s'installer. Nous habitions au-dessus de cet espace qui était vide. On s'est dit : " Pourquoi n'en ferait-on pas quelque chose?" " Vingt ans plus tard, le concept store de luxe, installé sur trois niveaux pour un total de 700 m2, ne laisse pas présager, de l'extérieur, les merveilles que l'on peut y dénicher à l'intérieur.
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C'est encore la seule et unique implantation de ce sanctuaire fashion. " Nous nous sommes lancées ensemble, ma mère voulait que je fasse partie de l'aventure dès le départ, raconte Sarah Andelman, la fille de Colette Rousseaux. Mais le projet est avant tout né du bâtiment lui-même. On n'a pas eu l'idée, pour ensuite chercher où s'installer. Nous habitions au-dessus de cet espace qui était vide. On s'est dit : " Pourquoi n'en ferait-on pas quelque chose?" " Vingt ans plus tard, le concept store de luxe, installé sur trois niveaux pour un total de 700 m2, ne laisse pas présager, de l'extérieur, les merveilles que l'on peut y dénicher à l'intérieur. C'est ce jour-là que Colette a ouvert ses portes. Sarah Andelman s'en souvient : " On avait disposé des sortes de cages en bronze transparentes avec des papillons. Elles étaient placées au premier étage, pour initier notre envol, notre départ. L'organisation de base était déjà celle d'aujourd'hui, avec le restaurant au sous-sol et la galerie. " Certains accessoires toujours vendus de nos jours étaient présents également : " J'avais oublié qu'on avait déjà les baskets Instapump Fury de Reebok ", s'amuse la directrice. Cinq paires ont d'ailleurs été achetées le tout premier jour... Faire découvrir, surprendre, se réinventer : l'optimisme qui règne au sein de ce temple de la hype convainc et attire toujours plus de monde. " On a envie d'offrir une bulle de bonheur, du plaisir, de la décompression. Il ne faut pas que ça passe nécessairement par l'achat, mais ce qu'on veut, c'est que le client ressorte émerveillé ", avance la conceptrice de la boutique, qui envisage l'endroit comme un lieu de rencontre. " Ce qui est intéressant, c'est ce côté mix d'articles, d'autant qu'on a vraiment la possibilité de faire découvrir des jeunes créateurs et des nouveaux artistes aux visiteurs. " " L'idée de départ était de se renouveler chaque semaine, en changeant les vitrines et la présentation ", note la Parisienne. Et ce, parfois en collaboration avec des marques, à l'instar d'Ikea, qui est venu s'installer dans le magasin, en mars dernier. Sa collection capsule conçue pour l'occasion revisitait le sac FRAKTA avec les pois bleus de l'enseigne française. Le géant suédois exposait le modèle en devanture mais avait aussi investi la galerie avec douze affiches vendues en édition limitée et réalisées par des artistes de renommée internationale. Colette a l'avantage de s'adresser à tous grâce à la diversité de son assortiment et des collaborations mises en place avec de grandes marques. On y retrouve des vêtements, mais également une sélection de livres et de magazines, des bijoux, des CD, du maquillage, des articles food, du design de la papeterie et du high-tech. Sans oublier le waterbar, ou l'on peut manger et déguster des eaux venues du monde entier. " Je pense que c'est peut-être notre oeil et les choix que nous faisons qui poussent les gens à s'intéresser à nous. On ne cible vraiment pas. Notre objectif est que tout le monde puisse se sentir à l'aise. Avec un lancement high-tech, on va toucher une clientèle geek. Par la multiplicité des modèles de baskets, on attire les collectionneurs. On aime convaincre les fans, quelle que soit la catégorie qui les concerne. "Pour son anniversaire, Colette propose vingt créations nées de partenariats avec autant de labels différents. Certaines d'entre elles étaient déjà dans les studios de la maison ; pour le reste, il a fallu éplucher les idées et les discuter avec les griffes. Sarah Andelman est ainsi heureuse d'avoir pu obtenir la Nike Air Woven - " Un modèle qui ne se fait plus du tout ; c'est fantastique qu'ils aient accepté d'éditer 213 paires juste pour nous. " La conceptrice de bijoux Nadine Ghosn, qui a réalisé deux bagues, et Maud Heline, qui imagine des chemises et avec qui Colette travaille régulièrement, ont par ailleurs spontanément suggéré des séries limitées... De quoi souffler les bougies en grande pompe et célébrer cette belle success-story... qui a fait des petits, certains pop-up stores de la même veine ayant, depuis, vu le jour à Paris, New York et même à Tokyo. " Les gens ne nous comprenaient pas forcément au début et ne pariaient pas sur notre longévité. Je suis contente qu'on ait pu survivre et se développer. Tout ce que je souhaite, c'est que nous restions là, qu'on continue à s'amuser et à trouver des gens avec qui travailler. " www.colette.fr Par Elodie Simons