Après le succès de longue durée des dad sneakers et le retour remarqué de la ballerine, c’est au tour de leur bâtard de vivre son heure de gloire. Bienvenue (ou sus?) à la sneakerine, hybride de chausson de danse et de chaussure de sport adoubé soulier phare de 2024, et toujours aussi (voire même plus) populaire en 2025.
« Sneakerine », vous dites? Oui, comme une speakerine! Enfin, juste niveau sonorité, car là où les présentatrices télé sont choisies pour être le plus fédératrices possible, ce modèle à la rencontre de la ballerine et de la basket à grosse semelle, lui, divise, et c’est peu de le dire.
Pour les cool kids, les brooklynites dans l’âme et autres membres réels ou imaginés du monde de l’art, ce n’est pas un soulier, c’est une posture. Ça dit j’ose, je manie la subversion comme pas d’autres, et j’ai quand même plus d’allure que vous, pauvres mortels. Pour tous les autres, par contre, podologues en tête, la sneakerine n’est rien de moins qu’une aberration dangereusement peu esthétique – voire dangereuse tout court.
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C’est qu’elle marie en effet deux des modèles de chaussures potentiellement les plus dommageables pour le pied, le dos et autres parties du corps essentielles à une bonne démarche.
Des pieds et des moins
D’un côté, les dad sneakers version nouveau millénaire, avec des semelles toujours plus épaisses et ouvragées. Lesquelles, si elles sont aussi photogéniques que tendance, peuvent également causer une série de problèmes en raison de leur lourdeur, susceptible de plus solliciter l’avant de la jambe, et potentiellement, de voir apparaître des périostites, soit de douloureuses inflammations de la membrane qui recouvre l’os tibial.
Bon, mais de l’autre côté, les ballerines, légères à souhait, ne devraient pas causer ce risque?
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Non.
Mais leur structure délicate est justement au coeur du problème, car en n’apportant virtuellement aucun soutien au pied, elles peuvent mener à des douleurs plantaires, mais aussi, sur le long terme, à une série d’inflammations musculaires voire même osseuses.
Pire encore? Avec leur forme resserrée autour des orteils, elles sont susceptibles d’encourager l’apparition d’ongles incarnés, d’infections de la peau par des champignons, de callosités et même, dans les cas les plus graves, de déformation des orteils.
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Autant dire que la sneakerine, en croisant les chunky sneakers et les ballerines, ne fait pas mal qu’aux yeux de ses détracteurs.
Et pourtant, cela fait deux ans qu’elle est de tous les pieds, ou du moins, les plus branchés, au retour des beaux jours. Cette saison, elle est même sortie des shoesings des modeuses d’avant-garde pour séduire également une série de stars réputées pour leur style pointu, certes, mais pas perché. Ainsi Chloë Sevigny a-t-elle été aperçue dans les rues de son New York bien aimé avec une paire de ballerines hybrides signées Ecco aux pieds, une apparition d’autant plus remarquée que jusqu’ici, la marque ne se distinguait pas toujours par son crédit mode – même si depuis quelques années, elle a transformé sa réputation à l’aide de quelques collaborations (très) remarquées, notamment avec Natasha Ramsay.
Autre convertie récente à la sneakerine? Zendaya, qui pousse la hype jusqu’à porter une paire réalisée spécialement pour elle, un prototype de la marque On, dont elle est ambassadrice.
Sus à la sneakerine?
Que faire, alors, les suivre du bon pied ou bien refuser de prendre part à la tendance? Pour ce qui est de l’aspect esthétique, on laissera chacun et chacune libre d’en juger.
Mais en ce qui concerne le confort et la santé, si d’aventure ce drôle d’hybride devait vous avoir subjugué·e, sachez qu’il est possible de mitiger le manque de support des ballerines en insérant de discrètes semelles coussinées dans vos souliers. Et pour ce qui est du poids de ces chaussures qui n’ont de gracieux que leur lointaine association avec le monde du ballet, pas de miracle, il s’agit de limiter les durées (et les distances) durant lesquelles vous les portez.
Adepte de la première heure d’une tendance qu’elle a d’ailleurs contribué à lancer dès 2020, bien avant l’obsession actuelle, la créatrice de mode Simone Rocha assure que la sneakerine n’est rien de moins que la rencontre entre le délicat chausson de danse et une basket plus ergonomique. Et donc, plus confortable?
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À vos pieds d’en juger, même si version 2025, engouement oblige, il est également possible de suivre l’exemple de Dua Lipa ou de Bella Hadid et d’opter pour une version plus fine, et donc aussi plus légère, du modèle. Par exemple, la Speedcat de Puma (disponible en satin, pour pousser l’effet petit rat de l’opéra) ou la Taekwondo Mei d’Adidas, sans oublier la Air Rift de Nike, qui cumule carrément trois tendances en adoptant également les orteils séparés rendus cultes par les Tabi de Margiela.
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