Le juge "a accepté la demande d'un Valencien de 43 ans, J.S.S. et déclaré qu'il est fils biologique du chanteur Julio Iglesias", a annoncé dans un communiqué le tribunal de première instance de Valence (est), en précisant que cette décision pouvait faire l'objet d'un appel.

Contacté par l'AFP, l'avocat de Julio Iglesias, Me Fernando Falomir a indiqué que le chanteur allait déposer un recours.

La décision est une victoire pour Javier Sánchez Santos, un brun aux yeux sombres né en avril 1976, dont la première demande de reconnaissance en paternité avait été rejetée en 1999 par la Cour suprême espagnole.

Devant le tribunal qui a jugé l'affaire à huis clos, sa mère, Maria Edite, une ancienne danseuse portugaise, a affirmé avoir eu une relation d'une semaine avec Julio Iglesias en juillet 1975 en Catalogne (nord-est de l'Espagne), neuf mois avant que son fils ne naisse, selon l'avocat de la famille, Fernando Osuna.

Le crooner latino le plus célèbre au monde a toujours refusé de se prêter à un test ADN et ne s'est pas présenté au procès. Son avocat avait fait valoir que l'affaire avait déjà été jugée et le demandeur débouté.

Le nouveau procès avait été organisé après un épisode rocambolesque: un détective s'était approché d'un des fils du chanteur, Julio Iglesias Junior, "qui faisait du surf" à Miami aux Etats-Unis et avait emporté une bouteille d'eau qu'il avait tenue en mains pour effectuer un prélèvement ADN.

Me Osuna avait ensuite assuré que les analyses avaient permis de conclure que Julio Iglesias Jr et Javier Sanchez Santos étaient frères, estimant que ce fait nouveau permettait la tenue d'un autre procès. Le tribunal a toutefois rejeté cette preuve et estimé le rapport d'analyse d'ADN "dépourvu de pertinence et de valeur juridique".

"Ressemblance physique évidente"

Mais même sans cela, le juge a finalement conclu que le père biologique de Javier Sanchez Santos n'est pas celui "qui figure sur la déclaration de naissance", "et que (Julio Iglesias) l'est".

Pour étayer sa décision, il met en avant un faisceau d'indices: le refus du chanteur de se soumettre au test de paternité et la certitude -basée sur des photos de presse- de sa participation à un concert aux côtés de Maria Edite le 19 juillet 1975, faisant penser qu'il n'est "pas invraisemblable" qu'ils aient eu des rapports sexuels à cette occasion.

Le tribunal mentionne aussi "la ressemblance physique évidente" entre le quadragénaire et le chanteur, soulignant que "s'il est vrai qu'elle pourrait en principe être le fruit du hasard, il s'agirait cependant d'une coïncidence excessive et très improbable", étant donné que la date de la conception de Javier Sanchez Santos correspond approximativement aux jours entourant le fameux concert.

En outre, la danseuse a décrit avec une grande précision "l'emplacement et l'aménagement intérieur" de la maison où logeait Julio Iglesias pendant cette période, précise la décision. L'argument, présenté lors des précédents procès, selon lequel Maria Edite avait eu durant cette période des relations sexuelles avec d'autres hommes "ne contredit pas cette conclusion", mais renforce au contraire la probabilité que la jeune femme ait eu un contact charnel avec M. Iglesias, précise le tribunal.

Julio Iglesias est considéré comme l'artiste de langue espagnole ayant vendu le plus de disques au monde, 300 millions selon le livre Guinness des records. Le chanteur de "Vous les femmes" s'est marié deux fois, avec l'Espagnole d'origine philippine Isabel Preysler avec laquelle il a eu trois enfants, et la Néerlandaise Miranda Rijnsburger, son épouse actuelle, mère de cinq autres.

Mais lui-même s'est souvent présenté comme un dragueur impénitent avec "une obsession pour le sexe". "Ne me demande pas combien j'ai de frères, je ne le sais même pas moi-même", avait lancé en 2018 son fils Julio Jr, à la télévision.