A peine en route pour Anvers, où se déroule le shooting du jour, et voilà qu'un coup de fil annonce une catastrophe potentielle. Ziggy, le batteur du groupe belge Puggy, a la grippe - du genre bien carabinée, qui met K.-O. et vous empêche de faire quoi que ce soit d'autre que végéter au fond d'un lit. Forcément, impossible de remettre la séance photo : make-up artist, photographe, styliste, tout le monde est déjà sur le pied de guerre. Pas question non plus de se contenter de deux des trois compères sur les clichés. Pro malgré la fièvre qui l'assomme, le Suédois d'origine promet d'être là en début d'après-midi. Le temps pour l'équipe de préparer le set et de commencer par immortaliser chacun de ses compagnons en solo.
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A peine en route pour Anvers, où se déroule le shooting du jour, et voilà qu'un coup de fil annonce une catastrophe potentielle. Ziggy, le batteur du groupe belge Puggy, a la grippe - du genre bien carabinée, qui met K.-O. et vous empêche de faire quoi que ce soit d'autre que végéter au fond d'un lit. Forcément, impossible de remettre la séance photo : make-up artist, photographe, styliste, tout le monde est déjà sur le pied de guerre. Pas question non plus de se contenter de deux des trois compères sur les clichés. Pro malgré la fièvre qui l'assomme, le Suédois d'origine promet d'être là en début d'après-midi. Le temps pour l'équipe de préparer le set et de commencer par immortaliser chacun de ses compagnons en solo. Choisi de longue date, et ce avant même de savoir que ce seraient ces trois musiciens qui feraient la couverture de ce numéro du Vif Weekend, le lieu est parfaitement raccord avec les invités du jour. Quoi de mieux que deSingel, la cité des arts anversoise qui a déjà abrité en ses murs tout ce que la musique, le théâtre et la danse mondiale ont d'important, pour accueillir Puggy, dont Colours, le quatrième album aux accents éclectiques, vient d'arriver dans les bacs ? Pour l'heure, le chanteur-guitariste Matthew Irons et le bassiste Romain Descampe parcourent les tringles, à la recherche d'un look qui leur plaît. On y trouve de tout, du classique comme des pièces pointues, moins facilement portables, mais qui font pourtant le buzz, cette saison. Loin d'être réfractaires à un peu d'originalité, le premier cité opte pour un costume fleuri, légèrement pattes d'ef, signé Gucci - "faudra juste que je rentre bien le ventre !" -, tandis que le second se décide pour une chemise en dentelle à moitié transparente. A peine s'inquiétera-t-il de savoir si cette pièce, imaginée par Burberry, est bien mise en valeur par ce trench vert auquel il l'a un temps associée. Clairement, notre styliste Jennifer Defays a connu des clients bien plus difficiles à contenter. "Outre les goûts personnels, il faut faire en sorte que les looks choisis leur aillent, mais qu'ils soient également en harmonie avec l'ensemble de la série", explique-t-elle, en hésitant entre trois paires de chaussures. A chaque essayage, les artistes jouent le jeu. A peine l'un d'eux fait-il la moue devant une chemise à froufrous, finalement rejetée par la styliste. Devant l'appareil photo, ils s'exécutent également, de bonne grâce. "Autant la scène est devenue quelque chose d'hyper naturel pour nous, autant c'est moins le cas quand il s'agit de prendre la pose devant l'objectif, avoue Matthew Irons. Mais on s'habitue, au fil des albums et des promos. Et c'est beaucoup plus facile lorsque l'équipe est pro et cool, comme aujourd'hui." Bien conscient qu'il n'a pas affaire à des mannequins professionnels, le photographe Kris De Smedt s'adapte, pour rendre l'exercice le moins inconfortable possible : "J'essaie de suivre leurs mouvements, sans trop les diriger. Il faut pouvoir réfléchir en amont, avoir une bonne idée et être rapide pour immortaliser la photo juste, car la concentration se perd rapidement. Par ailleurs, il est évidemment beaucoup plus compliqué de shooter trois personnes qu'une seule. Elles doivent toutes être à leur avantage." Entre deux clichés, on se raconte les dernières nouvelles. L'anniversaire de la plus grande des filles de l'un, célébré ce week-end ; l'angoisse de l'autre petit, à l'idée que son papa parte de longs jours en tournée. Les téléphones tournent, pour montrer les photos des bambins. Car derrière leur image de musiciens pop, se cachent aussi des hommes investis par leur rôle de père. Ça y est, Ziggy a rejoint le groupe, teint blafard, yeux éteints, mais avec l'envie de bien faire. Qu'importe si son visage paraît dur sur certaines images. "Je préfère un regard méchant qu'un regard malade", précise le photographe. Dernière prise de vue, Kris De Smedt demande au trio d'avancer et reculer sans cesse, dans un long couloir boisé. Les copains se bidonnent, imaginant qu'ils tournent une pub ringarde pour les portes ouvertes d'une université. Clap de fin, plus que satisfaisant. Pourtant, la journée est loin d'être finie pour Puggy. A minuit, le trio grimpera dans un bus, direction la France, où une longue série de concerts les attend, avant d'enchaîner avec une tournée officielle et les festivals de l'été...