Quand on vous propose une pièce signée par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, déjà à l'origine du succès de Le prénom, signe-t-on les yeux fermés ?
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Quand on vous propose une pièce signée par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, déjà à l'origine du succès de Le prénom, signe-t-on les yeux fermés ? Pas tout à fait. Chaque texte est différent, donc j'ai quand même pris le temps de le lire. Mais j'ai très vite constaté sa qualité, son mélange d'humour et d'émotion, et l'évolution de ses personnages à la fois séduisants et animés d'un grain de folie. Vous incarnez une écrivaine qui a le syndrome de la page blanche car elle est trop heureuse dans sa vie, et dont le nouveau voisin va l'aider à retrouver ses mots... Oui, c'est le ressort comique de la pièce : un personnage qui trouve que le malheur est plus intéressant à raconter. Son voisin, qui aime jouer avec les mots et rire de ses propres blagues, va se révéler précieux par sa maladresse et sa tendresse. Celui-ci est joué par Stéphane De Groodt. L'aviez-vous déjà rencontré ? Non. C'est quelqu'un qui est instantanément attachant et avec qui j'ai partagé une exigence commune dans la compréhension des personnages. Au théâtre, cette alchimie est encore plus importante qu'au cinéma. Les codes sont ceux de la comédie romantique : c'est un genre que vous appréciez ? Disons qu'au cinéma, sur une trentaine de films tournés, j'ai rarement côtoyé ce type de scénario où deux personnages que tout oppose finissent par se trouver des affinités. A part dans Modern Love, je dirais. Mais oui, ça me plaît. C'est un genre qui, en France, n'est pas considéré comme très noble. On pense que c'est trop facile. Or, il n'y a rien de plus compliqué que de raconter l'amour et ses chemins. Les Américains et les Anglais le font à merveille. Chez nous, à part quelques exploits comme L'Arnacoeur, c'est rare. Cette première incursion au théâtre arrive dans votre vie après exactement vingt ans de carrière. Coïncidence ? Vingt ans, vous êtes sûr ? Ah oui : Les soeurs Hamlet, ça date de 1998... Vous avez raison. Mais rien n'est voulu. Disons que j'ai tourné beaucoup de films ces derniers temps, et qu'entre deux scénarios, j'ai reçu cette proposition. Parlons plutôt d'un heureux hasard, car c'est une expérience que j'adore.