Vider ses armoires à vêtements au moins deux fois par an : c'est le credo de l'influenceuse et blogueuse Anuschka Rees. Créatrice du site de mode Into Mind (www.into-mind.com) et adepte de la slow fashion, elle est aussi l'auteure du guide Fashion detox (*), en collaboration avec Vestiaire Collective, adresse de dépôt-vente en ligne dédiée au luxe et créée en 2009, alors que la crise économique influençait considérablement notre rapport à la consommation. Objectif de ce recueil salutaire : épurer son vestiaire... et donc son esprit. Car désencombrer aurait un véritable impact sur notre moral, au point que beaucoup en font leur ligne de conduite, comme la blogueuse Florence Haelterman (http://ecologie-de-soi.be), dont le slogan fétiche annonce la couleur : un bien-être intérieur pour un bien-être extérieur ! Et de se lancer le défi de passer douze mois sans acheter aucun vêtement, suite à un tri rigoureux et réfléchi de son dressing, après un déménagement. Allégée de ses fringues, c'est toute son approche de la consommation qui en a été transformée : acheter (beaucoup) moins, mais (beaucoup) mieux, un déclic qui permet de faire peau neuve.
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Vider ses armoires à vêtements au moins deux fois par an : c'est le credo de l'influenceuse et blogueuse Anuschka Rees. Créatrice du site de mode Into Mind (www.into-mind.com) et adepte de la slow fashion, elle est aussi l'auteure du guide Fashion detox (*), en collaboration avec Vestiaire Collective, adresse de dépôt-vente en ligne dédiée au luxe et créée en 2009, alors que la crise économique influençait considérablement notre rapport à la consommation. Objectif de ce recueil salutaire : épurer son vestiaire... et donc son esprit. Car désencombrer aurait un véritable impact sur notre moral, au point que beaucoup en font leur ligne de conduite, comme la blogueuse Florence Haelterman (http://ecologie-de-soi.be), dont le slogan fétiche annonce la couleur : un bien-être intérieur pour un bien-être extérieur ! Et de se lancer le défi de passer douze mois sans acheter aucun vêtement, suite à un tri rigoureux et réfléchi de son dressing, après un déménagement. Allégée de ses fringues, c'est toute son approche de la consommation qui en a été transformée : acheter (beaucoup) moins, mais (beaucoup) mieux, un déclic qui permet de faire peau neuve. Marie-Françoise Ghenne, coach en bien-être, en est convaincue : se renouveler revient à se débarrasser des émanations du passé et à aller de l'avant. " Le pull qui bouloche ou le talon éraflé de notre chaussure ne dégagent pas d'énergie positive. D'où l'importance de trier régulièrement, de reconnaître ce qui ne correspond plus à notre moi, à notre silhouette actuelle. Le tri est en soi un acte existentiel : en jetant, nous devons faire des choix, cela permet de mieux cerner la personne que nous sommes actuellement. " Une manière d'être plus en phase avec soi-même donc, qui pèserait considérablement sur la santé psychologique. Car ranger, c'est aller mieux. " Tous les gourous du bien-être constatent à quel point le désencombrement est source de bonheur. Beaucoup de mes confrères abondent dans ce sens : cela permet en effet de se retrouver, de se reconcentrer sur soi. Faire le vide en soi, et donc vider son habitat, est nécessaire pour aller bien. Etre bordélique, accumuler, parfois de façon compulsive ou au contraire, avoir sa penderie sous contrôle, ça en dit long sur l'état psychologique d'un individu. Un dressing light est souvent un indice de bonne santé mentale ", confirme Xavier Lefèvre, psychologue. Etre délesté serait donc la clé d'un mieux-être accessible à tous. " Avoir des armoires mieux ordonnées, où l'on retrouve tout et tout de suite, réduit considérablement le stress chaque matin, rend de meilleure humeur et plus insouciant. Il a été remarqué sur des Américaines que le tri de la penderie influençait leur poids, avec une perte de trois à quatre kilos. Inconsciemment, éliminer rend véritablement plus léger, plus dynamique, dès lors, certaines maigrissent ! ", ajoute Marie-Françoise Ghenne. Anuschka Rees en est convaincue : se focaliser sur l'essentiel, y compris dans sa garde-robe, donne une véritable valeur ajoutée à notre vie de tous les jours. Et les pros d'un dressing parfait sont formels : l'approche du printemps est la période idéale pour détoxifier ses placards. La preuve par dix. A l'image de la façon de s'alimenter, certaines habitudes sont à désinstaller en matière de shopping : on privilégie les repas équilibrés et sains (idem avec les fringues : on opte pour la qualité et non la quantité), on évite le grignotage (stop aux dépenses inutiles), on rationne les calories quotidiennes (on évite les acquisitions compulsives) et on fait du sport (on élimine le superflu dans ses armoires). On nettoie son organisme (sa penderie), on le renouvelle et on évite les excès. Si on craque, l'écart est beaucoup moins grave, puisqu'il est rare ! Anuschka Rees y voit trois bénéfices essentiels : un style affiné, un vestiaire fonctionnel et des achats bien pensés. Rien de pire qu'une garde-robe qui ne nous ressemble pas ! Se constituer un dressing idéal et durable repose sur des questions simples. En y répondant par oui ou non, la sélection se fera tout naturellement. Exemples d'interrogations phares : cette pièce est-elle abîmée, tachée ou usée ? Est-ce qu'elle correspond à votre style actuel ? Imaginez-vous au moins trois tenues à partir de ce vêtement ? A-t-il une valeur sentimentale ? Vous irait-il mieux une fois retouché ? Etc. Selon vos réponses, plusieurs options : s'en séparer, le (faire) raccommoder, le garder. Et votre penderie de se désengorger miraculeusement... Jasmine and Melissa Hemsley, les deux soeurs papesses du lifestyle (www.hemsleyandhemsley.com), prônent d'appliquer la technique des cintres : les ranger tous dans la même direction. Dès que vous avez porté puis lavé un vêtement, le tourner dans l'autre sens. Cela permet de réaliser de façon concrète ce que l'on n'a pas mis pendant six mois. C'est la règle la plus utilisée en Home Organising et appliquée par Elodie Wéry, rangeuse professionnelle (www.elodiewery.be) et pionnière du genre dans notre pays : soustraire avant d'additionner pour éviter l'embouteillage. On se concentre sur ce que l'on n'a pas porté depuis un an au moins. Est-ce parce qu'on avait oublié qu'on avait le vêtement ou parce qu'il s'agissait d'une acquisition sur un coup de tête ou choisie trop rapidement en soldes ? Le but est de savoir si vous aurez objectivement l'occasion d'enfiler l'habit en question. Si la réponse est non, mieux vaut l'éliminer définitivement. Par ailleurs, ne pas avoir de place pour ranger une éventuelle nouvelle pièce doit alerter : soit on a bien assez de vêtements, soit on en a trop, mais pas nécessairement adaptés à notre vie. D'où l'importance de l'editing, ce tri nécessaire pour mieux faire la part des choses entre ce qu'on aime, ce dont on a réellement besoin et le reste. Hiérarchiser l'utile et le futile : un manteau chaud, un pull en laine, des chaussures d'hiver, un blazer, des sandales d'été... Certaines pièces sont incontournables. D'autres le semblent moins, mais ce sont elles qui permettent de varier et décliner les tenues. C'est en cela qu'elles sont fortes : des escarpins, un sac en cuir rouge, un top en soie... Attention : on ne s'égare pas. Rien ne sert d'avoir deux imperméables ou cinq paires de bottines la même année. Mieux vaut investir dans des produits qualitatifs et de belles matières et privilégier les enseignes et marques qui défendent des conditions de travail équitables et éthiques, quitte à payer plus cher. Un essentiel haut de gamme se garde bien plus longtemps que sa version low cost. Se séparer de certaines fringues oui, mais pas en les mettant à la poubelle ! A moins qu'elles soient vraiment usées jusqu'à la corde, on opte pour un déstockage malin. Nos alliés : les associations (Les Petits Riens, Oxfam, etc.), les vide-dressings et les applis de vente (Vestiaire Collective, Vinted, Stay Clothes, Depop). On scrute Internet à la recherche d'ateliers de couture ou de stages pour apprendre à customiser ses habits. C'est aussi l'occasion de partager ses réflexions sur les impacts sociaux, économiques et environnementaux de notre consommation textile. Donner une seconde vie à certaines de nos pièces permet un vestiaire moins éphémère, plus responsable et, surtout, durable. Une autre des règles d'or d'Elodie Wéry, serial trieuse. Pour les occasions rares, la location est une alternative intelligente et économique. " Pensez aux tenues de soirée (Dress You Up) et aux vêtements de grossesse (Tale Me) ! Pour les achats plus réguliers, la seconde main est une vraie manne. Le mieux est de déposer ses propres vêtements dans une chouette boutique et d'y acheter avec l'argent de la revente de nos propres pièces ! J'ai fonctionné comme ça durant des mois avec mes trois enfants et je n'ai pas déboursé un euro tout en changeant régulièrement leurs tenues. " Autre recommandation de cette pro du minimalisme : demander autour de vous si on peut vous prêter l'objet convoité ! S'habiller entièrement pour une semaine au ski, ça augmente le prix des vacances du simple au double ! Le secret des fashionistas malignes ? Se fixer un montant mensuel maximum à consacrer à son look et, nec plus ultra, partir en virée shopping avec cette somme en liquide, en se délestant de toute carte bancaire, pour éviter tout craquage. Le corollaire de cette méthode raisonnée : on évite les sursollicitations, les séances de surf intensives sur les sites de nos boutiques préférées, on ne se laisse pas influencer par le post d'une modeuse sur Instagram. Et puis, avant de sortir le portefeuille, on vérifie que le vêtement sera facile à entretenir, à laver, à repasser et qu'on pourra l'assortir à d'autres éléments de son dressing. En résumé, il faudra s'assurer que, passé le plaisir d'acheter, le bonheur de posséder ce bien perdurera à long terme. Boulot, sport, promenade... Ordonner son dressing par thème permet de mieux gérer son contenu. Grouper les vêtements par catégorie et activité afin d'avoir accès facilement à la tenue adéquate pour chaque situation : cocktail, balade à la mer du Nord, réunion au boulot... Tout doit être à portée de main, aussi bien pour le couple que pour les enfants. Idem pour les chaussures : les trier par fonction, pour une utilisation maximale. Ensuite, les diviser par saison, afin de ne pas tomber nez à nez avec une paire de tennis en toile alors qu'on cherche des sneakers en cuir. Ce classement permet d'avoir une vision globale de ce que chacun a et donc un contrôle total des garde-robes familiales. Les femmes ne porteraient que 20 % de leurs vêtements ! Ce qui motive Valentine Witmeur (www.valentinewitmeurlab.com) à recommander le tri, étape incontournable d'un futur dressing durable. Selon la star belge du pull en maille, repenser les 80 % restants et en éliminer une partie permet un inventaire efficace pour avant tout se rendre compte de ce qu'il nous manque réellement. " Cela évite également les doublons et aide à prendre conscience de ce qu'on dépense et comment. " Les erreurs à répétition ? Acheter moins cher, trop et de mauvaise qualité. " Avec l'essor de la fast fashion, le consommateur est malheureusement habitué à s'offrir des pièces à prix cassés en trop grande quantité. Des produits ready-to-use qui sont vite mis de côté. Bien acheter s'apprend : privilégier la qualité, le savoir-faire, la rareté, les belles matières, se déshabituer des enseignes bas de gamme dont les produits ne s'inscrivent pas dans la durée. C'est le secret d'une garde-robe durable et non éphémère ! " On les choisit en petites quantités : rien ne sert d'avoir dix tee-shirts blancs, des répliques d'une même robe noire ou d'un jeans. L'idéal est qu'ils s'adaptent à différents looks et occasions. Une belle chemise blanche, un pantalon noir bien coupé, un jeans de bonne facture, une robe noire éternelle... Toutes les spécialistes mode interviewées s'accordent : ces pièces de base permettent de se créer une palette de looks, avec des touches différentes selon les contextes. Une ballerine ou une paire de bottes, des bijoux imposants ou neutres, un sac coloré ou oversize. Quant aux couleurs, elles font également partie du panel de départ : on les préfère neutres car faciles à assortir (noir, gris, blanc...) avec n'importe quel coloris. Par Aurélia Dejond