Mako a épousé mardi à Tokyo Kei Komuro, un juriste âgé de 30 ans comme elle. Mais leurs fiançailles n'ont rien eu d'un conte de fées et ont duré plus de quatre ans. Leur mariage initialement prévu en 2018 avait été reporté sine die, sur fond de litige entre la mère de Kei Komuro et l'ancien fiancé de celle-ci, l'accusant de lui avoir emprunté plus de 4 millions de yens (environ 30.000 euros) sans le rembourser, pour financer une partie des études de son fils.

Cette querelle, qui n'est toujours pas réglée, avait fait scandale au Japon, où un comportement irréprochable est attendu des membres de la famille impériale et de leur entourage. Selon l'Agence de la maison impériale, Mako a souffert d'un syndrome de stress post-traumatique du fait de la pression médiatique, tandis que Kei Komuro était parti en 2018 aux Etats-Unis poursuivre ses études de droit. Il n'est rentré au Japon que le mois dernier, arborant une queue de cheval qui a fait la Une des journaux, et qu'il a coupée depuis.

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Malgré la tonalité médiatique négative, et quelques manifestations contre cette union, un peu plus de la moitié de la population (53%) la soutient, selon un sondage du quotidien Yomiuri publié mardi, seules 33% des personnes sondées disant ne pas la voir d'un bon oeil. "Ces trois années ont dû être longues pour elle, donc je suis vraiment contente que ce jour soit enfin arrivé", a estimé Mayu Ogura, 30 ans, interrogée par l'AFP près du palais impérial. "Il aurait été préférable que l'atmosphère générale soit à la fête mais cette ambiance difficile est plutôt triste", a regretté Shigeru Hashimoto, 54 ans.

Une rupture avec la tradition

"Les documents matrimoniaux ont été présentés et acceptés", a déclaré un représentant de l'Agence impériale à l'AFP. La télévision japonaise a montré Mako quittant la résidence impériale d'Akasaka à Tokyo et faisant ses adieux à sa famille, s'inclinant devant ses parents et embrassant sa soeur. C'est la première fois dans le Japon d'après-guerre qu'un mariage d'un membre de la famille impériale a lieu sans une cérémonie traditionnelle.

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L'institution impériale avait précisé plus tôt ce mois-ci que la cérémonie de mariage, le banquet de réception et d'autres rituels n'auraient pas lieu et qu'un paiement forfaitaire accordé habituellement aux femmes de la maison impériale qui épousent des roturiers, et pouvant atteindre 153 millions de yens (1,2 million d'euros), ne serait pas octroyé.

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La nièce de l'empereur Naruhito, qui a eu 30 ans ce week-end, a perdu son titre royal lorsqu'elle et Kei Komuro ont fait enregistrer leur mariage, une situation habituelle pour les femmes de la lignée, mais elle est la première dans l'histoire du Japon de l'après-guerre à refuser l'indemnité. Mako et M. Komuro, qui travaille pour un cabinet d'avocats américain, avaient annoncé leurs fiançailles en 2017, tous sourires timides.

Mais l'union ne débute pas dans les meilleures conditions, l'Agence impériale ayant indiqué que la princesse souffrait d'un syndrome "complexe" de stress post-traumatique en raison de la couverture médiatique ayant entouré sa personne et sa famille. Mais le stress que Mako a enduré évoque lui des précédents: sa tante Masako, l'actuelle impératrice, a souffert de dépression pendant des années en raison d'attentes pesantes pour qu'elle enfante un héritier mâle, qu'elle n'a finalement jamais eu. Le couple impérial a une fille unique, Aiko, aujourd'hui âgée de 19 ans. Michiko, l'impératrice émérite âgée de 87 ans, avait également subi des critiques, surtout dans les premières années de son mariage, en tant que première épouse roturière d'un membre de la famille impériale.

Comparaison avec Harry et Meghan -

Le couple devrait prochainement s'installer à New York, ce qui suscite d'inévitables comparaisons avec un autre couple royal, britannique celui-là: le prince Harry et Megan Markle. On ne sait pas encore si Mako travaillera une fois sur place, mais elle est bien qualifiée, ayant étudié l'art et le patrimoine culturel à l'International Christian University de Tokyo, où elle a rencontré M. Komuro, et a passé un an à l'université d'Edimbourg. Elle est également titulaire d'une maîtrise en études muséales de l'université britannique de Leicester.

La famille impériale japonaise, une histoire très ancienne

La famille impériale japonaise a une histoire entourée de nombreux mythes, dont les origines remontent à plus de 2.600 ans. L'actuel souverain, Naruhito, 61 ans, est considéré comme un descendant de la déesse du soleil Amaterasu, une divinité majeure de la religion shinto. Depuis la Constitution japonaise de 1947, rédigée par l'occupant américain au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'empereur n'a plus aucun rôle politique, mais demeure une importante figure symbolique pour le pays, accueillant des chefs d'Etat étrangers et ayant des responsabilités rituelles et cérémonielles.

Un club très masculin

Mako est la nièce de Naruhito, en tant que fille aînée du frère cadet de l'empereur, le prince Fumihito d'Akishino. Le principe de succession dans la famille impériale japonaise est strictement masculin, même s'il y a eu exceptionnellement quelques impératrices régnantes dans sa longue histoire. Mais la dernière d'entre elles, Go-Sakuramachi, a régné il y a 250 ans. Seuls les hommes sont autorisés à monter sur le trône du Chrysanthème, et les filles nées dans la famille impériale comme Mako doivent la quitter le jour de leur mariage, écartant définitivement leur descendance éventuelle de la succession impériale.

L'empereur du Japon
L'empereur du Japon

La modification de ces règles a fait l'objet d'un débat et, en juillet, un groupe d'experts gouvernementaux a compilé des notes sur la question, dont une proposition visant à ce que les femmes royales restent dans la famille, même après leur mariage. Cependant, tout changement du système risque d'être long à venir, les partisans de la ligne dure et les traditionalistes s'opposant avec véhémence à toute mesure visant à permettre aux femmes de régner.

Mais le débat reste lancinant, du fait du manque d'héritiers mâles. En effet, le frère de Mako, Hisahito, 15 ans, est le seul héritier du trône, après leur père Fumihito d'Akishino. A l'avenir et en l'absence de réforme, la succession impériale serait dans l'impasse si Hisahito n'avait pas de descendance masculine.

Mako a épousé mardi à Tokyo Kei Komuro, un juriste âgé de 30 ans comme elle. Mais leurs fiançailles n'ont rien eu d'un conte de fées et ont duré plus de quatre ans. Leur mariage initialement prévu en 2018 avait été reporté sine die, sur fond de litige entre la mère de Kei Komuro et l'ancien fiancé de celle-ci, l'accusant de lui avoir emprunté plus de 4 millions de yens (environ 30.000 euros) sans le rembourser, pour financer une partie des études de son fils. Cette querelle, qui n'est toujours pas réglée, avait fait scandale au Japon, où un comportement irréprochable est attendu des membres de la famille impériale et de leur entourage. Selon l'Agence de la maison impériale, Mako a souffert d'un syndrome de stress post-traumatique du fait de la pression médiatique, tandis que Kei Komuro était parti en 2018 aux Etats-Unis poursuivre ses études de droit. Il n'est rentré au Japon que le mois dernier, arborant une queue de cheval qui a fait la Une des journaux, et qu'il a coupée depuis.Malgré la tonalité médiatique négative, et quelques manifestations contre cette union, un peu plus de la moitié de la population (53%) la soutient, selon un sondage du quotidien Yomiuri publié mardi, seules 33% des personnes sondées disant ne pas la voir d'un bon oeil. "Ces trois années ont dû être longues pour elle, donc je suis vraiment contente que ce jour soit enfin arrivé", a estimé Mayu Ogura, 30 ans, interrogée par l'AFP près du palais impérial. "Il aurait été préférable que l'atmosphère générale soit à la fête mais cette ambiance difficile est plutôt triste", a regretté Shigeru Hashimoto, 54 ans."Les documents matrimoniaux ont été présentés et acceptés", a déclaré un représentant de l'Agence impériale à l'AFP. La télévision japonaise a montré Mako quittant la résidence impériale d'Akasaka à Tokyo et faisant ses adieux à sa famille, s'inclinant devant ses parents et embrassant sa soeur. C'est la première fois dans le Japon d'après-guerre qu'un mariage d'un membre de la famille impériale a lieu sans une cérémonie traditionnelle. L'institution impériale avait précisé plus tôt ce mois-ci que la cérémonie de mariage, le banquet de réception et d'autres rituels n'auraient pas lieu et qu'un paiement forfaitaire accordé habituellement aux femmes de la maison impériale qui épousent des roturiers, et pouvant atteindre 153 millions de yens (1,2 million d'euros), ne serait pas octroyé.La nièce de l'empereur Naruhito, qui a eu 30 ans ce week-end, a perdu son titre royal lorsqu'elle et Kei Komuro ont fait enregistrer leur mariage, une situation habituelle pour les femmes de la lignée, mais elle est la première dans l'histoire du Japon de l'après-guerre à refuser l'indemnité. Mako et M. Komuro, qui travaille pour un cabinet d'avocats américain, avaient annoncé leurs fiançailles en 2017, tous sourires timides.Mais l'union ne débute pas dans les meilleures conditions, l'Agence impériale ayant indiqué que la princesse souffrait d'un syndrome "complexe" de stress post-traumatique en raison de la couverture médiatique ayant entouré sa personne et sa famille. Mais le stress que Mako a enduré évoque lui des précédents: sa tante Masako, l'actuelle impératrice, a souffert de dépression pendant des années en raison d'attentes pesantes pour qu'elle enfante un héritier mâle, qu'elle n'a finalement jamais eu. Le couple impérial a une fille unique, Aiko, aujourd'hui âgée de 19 ans. Michiko, l'impératrice émérite âgée de 87 ans, avait également subi des critiques, surtout dans les premières années de son mariage, en tant que première épouse roturière d'un membre de la famille impériale.Le couple devrait prochainement s'installer à New York, ce qui suscite d'inévitables comparaisons avec un autre couple royal, britannique celui-là: le prince Harry et Megan Markle. On ne sait pas encore si Mako travaillera une fois sur place, mais elle est bien qualifiée, ayant étudié l'art et le patrimoine culturel à l'International Christian University de Tokyo, où elle a rencontré M. Komuro, et a passé un an à l'université d'Edimbourg. Elle est également titulaire d'une maîtrise en études muséales de l'université britannique de Leicester. La famille impériale japonaise a une histoire entourée de nombreux mythes, dont les origines remontent à plus de 2.600 ans. L'actuel souverain, Naruhito, 61 ans, est considéré comme un descendant de la déesse du soleil Amaterasu, une divinité majeure de la religion shinto. Depuis la Constitution japonaise de 1947, rédigée par l'occupant américain au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'empereur n'a plus aucun rôle politique, mais demeure une importante figure symbolique pour le pays, accueillant des chefs d'Etat étrangers et ayant des responsabilités rituelles et cérémonielles.Mako est la nièce de Naruhito, en tant que fille aînée du frère cadet de l'empereur, le prince Fumihito d'Akishino. Le principe de succession dans la famille impériale japonaise est strictement masculin, même s'il y a eu exceptionnellement quelques impératrices régnantes dans sa longue histoire. Mais la dernière d'entre elles, Go-Sakuramachi, a régné il y a 250 ans. Seuls les hommes sont autorisés à monter sur le trône du Chrysanthème, et les filles nées dans la famille impériale comme Mako doivent la quitter le jour de leur mariage, écartant définitivement leur descendance éventuelle de la succession impériale. La modification de ces règles a fait l'objet d'un débat et, en juillet, un groupe d'experts gouvernementaux a compilé des notes sur la question, dont une proposition visant à ce que les femmes royales restent dans la famille, même après leur mariage. Cependant, tout changement du système risque d'être long à venir, les partisans de la ligne dure et les traditionalistes s'opposant avec véhémence à toute mesure visant à permettre aux femmes de régner. Mais le débat reste lancinant, du fait du manque d'héritiers mâles. En effet, le frère de Mako, Hisahito, 15 ans, est le seul héritier du trône, après leur père Fumihito d'Akishino. A l'avenir et en l'absence de réforme, la succession impériale serait dans l'impasse si Hisahito n'avait pas de descendance masculine.