La dernière fois que nous avions vu Dimitri Verboomen, il était déjà question de bibliothèques - mais celles-là fabriquées par Jo-a, entreprise de mobilier sur mesure qu'il a quittée depuis. " Le projet était arrivé à maturité, confie-t-il, et j'avais plutôt une activité de commercial, ce n'était plus aussi stimulant. " Pour ce sympathique quadra bardé de diplômes - il a suivi un cursus d'ingénieur civil à l'ULB avant de faire Solvay - et d'expériences professionnelles, reste alors à trouver une nouvelle occupation.
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La dernière fois que nous avions vu Dimitri Verboomen, il était déjà question de bibliothèques - mais celles-là fabriquées par Jo-a, entreprise de mobilier sur mesure qu'il a quittée depuis. " Le projet était arrivé à maturité, confie-t-il, et j'avais plutôt une activité de commercial, ce n'était plus aussi stimulant. " Pour ce sympathique quadra bardé de diplômes - il a suivi un cursus d'ingénieur civil à l'ULB avant de faire Solvay - et d'expériences professionnelles, reste alors à trouver une nouvelle occupation. Après un bref retour dans le marketing où il avait fait ses premières armes, il se met en quête de son prochain emploi. " Je me suis orienté vers les milieux associatifs, parce que je voulais quelque chose qui ait un sens. L'informatique, la vente, la stratégie, c'est très bien, mais un peu déconnecté des réalités. " C'est là qu'il découvre que Bibliothèques Sans Frontières recherche un directeur pour la Belgique, l'association étant déjà présente sur notre sol mais pilotée depuis Paris. " Son action touchait à l'apprentissage et à la culture, avec des outils innovants sur le terrain, et j'ai toujours été passionné par le numérique, le contact, le développement d'activités. J'ai rencontré les responsables, et il y avait chez eux une ambiance et une passion extraordinaires. J'ai adoré l'intelligence de leur approche ", se souvient-il. Née en 2007, Bibliothèques Sans Frontières est une ONG qui entend oeuvrer à l'épanouissement du plus grand nombre à travers l'accès " facilité, ouvert et libre " à la culture, l'éducation et l'information, via " la bibliothèque du xxie siècle ". " Ici, nous épaulons les biblios, pour aller à la rencontre du public et aider les associations de terrain à toucher ceux qui en ont le plus besoin : jeunes, personnes en difficulté, migrants, etc. Le but est de faire de ces institutions parfois un peu coincées dans leurs murs un lieu extraordinaire, une aire de rencontre et de convivialité, de développement de projets associatifs, communautaires, voire d'entreprise ", explique Dimitri. De par le monde, BSF est principalement actif dans le domaine de l'urgence, les situations post-conflit, les camps de réfugiés. " La priorité, c'est la survie, un toit, à manger, mais juste après, c'est le développement de l'individu. Alors, on essaye d'accueillir des gens, de recréer un espace de normalité où ils peuvent accéder à la culture et se reconstruire, se projeter vers l'avenir et retrouver une ouverture sur le monde. " L'ONG veut jouer un rôle de " facilitateur ", de formateur des acteurs de terrain, en soutenant les organisations déjà sur place, comme le Haut Commissariat aux Réfugiés ou la Croix-Rouge. " On vient en complément, en partenariat, pour renforcer les interventions sur le terrain ", résume son directeur. Pour concrétiser ses politiques, BSF peut compter sur sa propre création de contenu et sur des outils de pointe, comme les Ideas Box, un ensemble de caisses qui renferment une véritable médiathèque une fois déployée : 100 m2 avec tables et chaises, groupe électrogène, serveur Internet et wi-fi ; une partie physique, dotée de livres et de jeux, et des ressources hors ligne style Wikipédia, consultables sur PC portables et tablettes. Pour 2018, l'action de BSF se concentrera chez nous sur Voyageurs du Code, programme de découverte de l'informatique centré sur le jeu, et l'adaptation belge de la Khan Academy. Imaginée par un analyste financier désireux de donner un coup de pouce en maths à sa petite cousine, cette plate-forme propose désormais 4500 vidéos, accessibles de l'école primaire à l'unif, et offre un accompagnement différencié pour chaque élève, disponible en permanence et gratuit pour tous. " On est en train de recruter un réseau de profs référents qui pourront aider leurs collègues à utiliser l'outil. En même temps, on travaille sur la traduction des cours destinés au secondaire, en espérant que le programme de révision sera disponible avant juin ", s'enthousiasme Dimitri Verboomen, qui a visiblement réussi sa reconversion.