"Me revoilà Paris": l'une de ses plus célèbres chanson retentira à 16H30 GMT pour lancer la cérémonie solennelle devant l'édifice néo-classique au coeur de Paris, considéré comme "le temple laïc de la République" française.

L'icône des années folles, née en 1906 aux Etats-Unis avant d'adopter la nationalité française, ne sera que la sixième femme sur 80 personnages illustres à être accueillie au Panthéon, dont le fronton proclame "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante".

Sa panthéonisation intervient 46 ans après sa mort, le 12 avril 1975 à l'âge de 68 ans, trois jours après avoir fêté ses noces d'or sur la scène.

"Artiste de music-hall de renommée mondiale, engagée dans la Résistance, inlassable militante antiraciste, elle fut de tous les combats qui rassemblent les citoyens de bonne volonté, en France comme de par le monde (...). Elle est l'incarnation de l'esprit français", a souligné le chef de l'Etat français pour justifier sa décision.

Le cénotaphe (tombeau ne contenant pas le corps) de Joséphine Baker sera porté par des aviateurs jusqu'au Panthéon, avant d'être installé dans un des caveaux de la crypte. La dépouille de l'artiste demeurera au cimetière marin de Monaco, non loin de la tombe de la princesse Grace qui l'avait soutenue dans les dernières années de sa vie.

"Ca va être mémorable" avec de "la joie et de l'excitation", espère Brian Bouillon-Baker, l'un des 12 enfants adoptés par Joséphine Baker, dont 11 sont toujours vivants.

Joséphine Baker, en 1961, avec ses enfants, Belga Images
Joséphine Baker, en 1961, avec ses enfants © Belga Images

Avec l'atypique vedette, Emmanuel Macron casse les codes en élargissant le profil un peu figé des "panthéonisés" français, pour la plupart hommes d'Etat, héros de guerre ou écrivains: Victor Hugo, Emile Zola, le résistant Jean Moulin, Marie Curie... Un choix inattendu qui a réussi à emporter le consensus de toute la classe politique.

"Elle est assez synthétique de ce qu'être française, elle qui était Américaine (...) Elle est impressionnante de modernité", a-t-il résumé dans une vidéo sur les réseaux sociaux.

A New York, l'emblématique gratte-ciel Empire State Building s'est allumé aux couleurs bleu blanc et rouge lundi soir pour honorer Joséphine Baker.

L'Empire State Building en blanc blanc rouge en l'honneur de Josephine Baker, le 29 novembre 2021, Belga Images
L'Empire State Building en blanc blanc rouge en l'honneur de Josephine Baker, le 29 novembre 2021 © Belga Images

Contre-espionnage

Née dans la misère aux Etats-Unis, la jeune femme fuit la ségrégation et s'installe en France. Elle ravit le tout Paris en dansant le Charleston, seins nus, dans un déchaînement de batterie-jazz. Au cabaret des Folies Bergère, la "Vénus d'ébène" se joue des fantasmes coloniaux en se produisant vêtue d'une simple ceinture de bananes, aux côtés d'une panthère vivante.

La première chanson qu'elle interprète, "J'ai deux amours, mon pays et Paris", en 1930 au Casino de Paris, la consacre.

Naturalisée française en 1937 à la faveur d'un mariage avec un industriel juif, la star met son talent musical à contribution dès les premiers mois du conflit pour divertir les soldats français sur le front. Et profite des réceptions auxquelles elle est conviée dans les ambassades et les pays étrangers pour recueillir du renseignement.

"C'est la France qui m'a faite ce que je suis, je lui garderai une reconnaissance éternelle", fait-elle valoir en acceptant de servir le contre-espionnage des Forces françaises libres. Elle transmet à Londres des rapports cachés à l'encre sympathique dans ses partitions, ce qui lui vaudra la médaille de la Résistance et la Croix de guerre.

Josephine Baker (à gauche) en 1935, Getty Images
Josephine Baker (à gauche) en 1935 © Getty Images

Engagée en Afrique du Nord dans l'armée de l'Air, Josephine Baker débarque à Marseille en octobre 1944. En mai 1945, elle se produira en Allemagne devant des déportés libérés des camps.

"Notre mère a servi le pays, elle est un exemple des valeurs républicaines et humanistes", mais "elle a toujours dit: +Moi je n'ai fait que ce qui était normal+", a expliqué l'AFP son fils aîné, Akio Bouillon.

Toute le reste de sa vie, elle se bat contre les discriminations. Avec son quatrième époux, elle devient mère d'une "tribu arc-en-ciel" de 12 enfants adoptés aux quatre coins du monde, qu'elle élève dans son château en Dordogne (sud-ouest de la France).

En 1963, à Washington, elle s'exprima après Martin Luther King et son fameux "I have a dream". Cette marche pour les droits civiques des Noirs américains fut le "plus beau jour de sa vie", confiait la star.

"Me revoilà Paris": l'une de ses plus célèbres chanson retentira à 16H30 GMT pour lancer la cérémonie solennelle devant l'édifice néo-classique au coeur de Paris, considéré comme "le temple laïc de la République" française.L'icône des années folles, née en 1906 aux Etats-Unis avant d'adopter la nationalité française, ne sera que la sixième femme sur 80 personnages illustres à être accueillie au Panthéon, dont le fronton proclame "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante".Sa panthéonisation intervient 46 ans après sa mort, le 12 avril 1975 à l'âge de 68 ans, trois jours après avoir fêté ses noces d'or sur la scène."Artiste de music-hall de renommée mondiale, engagée dans la Résistance, inlassable militante antiraciste, elle fut de tous les combats qui rassemblent les citoyens de bonne volonté, en France comme de par le monde (...). Elle est l'incarnation de l'esprit français", a souligné le chef de l'Etat français pour justifier sa décision.Le cénotaphe (tombeau ne contenant pas le corps) de Joséphine Baker sera porté par des aviateurs jusqu'au Panthéon, avant d'être installé dans un des caveaux de la crypte. La dépouille de l'artiste demeurera au cimetière marin de Monaco, non loin de la tombe de la princesse Grace qui l'avait soutenue dans les dernières années de sa vie."Ca va être mémorable" avec de "la joie et de l'excitation", espère Brian Bouillon-Baker, l'un des 12 enfants adoptés par Joséphine Baker, dont 11 sont toujours vivants.Avec l'atypique vedette, Emmanuel Macron casse les codes en élargissant le profil un peu figé des "panthéonisés" français, pour la plupart hommes d'Etat, héros de guerre ou écrivains: Victor Hugo, Emile Zola, le résistant Jean Moulin, Marie Curie... Un choix inattendu qui a réussi à emporter le consensus de toute la classe politique."Elle est assez synthétique de ce qu'être française, elle qui était Américaine (...) Elle est impressionnante de modernité", a-t-il résumé dans une vidéo sur les réseaux sociaux.A New York, l'emblématique gratte-ciel Empire State Building s'est allumé aux couleurs bleu blanc et rouge lundi soir pour honorer Joséphine Baker.Née dans la misère aux Etats-Unis, la jeune femme fuit la ségrégation et s'installe en France. Elle ravit le tout Paris en dansant le Charleston, seins nus, dans un déchaînement de batterie-jazz. Au cabaret des Folies Bergère, la "Vénus d'ébène" se joue des fantasmes coloniaux en se produisant vêtue d'une simple ceinture de bananes, aux côtés d'une panthère vivante.La première chanson qu'elle interprète, "J'ai deux amours, mon pays et Paris", en 1930 au Casino de Paris, la consacre. Naturalisée française en 1937 à la faveur d'un mariage avec un industriel juif, la star met son talent musical à contribution dès les premiers mois du conflit pour divertir les soldats français sur le front. Et profite des réceptions auxquelles elle est conviée dans les ambassades et les pays étrangers pour recueillir du renseignement."C'est la France qui m'a faite ce que je suis, je lui garderai une reconnaissance éternelle", fait-elle valoir en acceptant de servir le contre-espionnage des Forces françaises libres. Elle transmet à Londres des rapports cachés à l'encre sympathique dans ses partitions, ce qui lui vaudra la médaille de la Résistance et la Croix de guerre.Engagée en Afrique du Nord dans l'armée de l'Air, Josephine Baker débarque à Marseille en octobre 1944. En mai 1945, elle se produira en Allemagne devant des déportés libérés des camps."Notre mère a servi le pays, elle est un exemple des valeurs républicaines et humanistes", mais "elle a toujours dit: +Moi je n'ai fait que ce qui était normal+", a expliqué l'AFP son fils aîné, Akio Bouillon. Toute le reste de sa vie, elle se bat contre les discriminations. Avec son quatrième époux, elle devient mère d'une "tribu arc-en-ciel" de 12 enfants adoptés aux quatre coins du monde, qu'elle élève dans son château en Dordogne (sud-ouest de la France).En 1963, à Washington, elle s'exprima après Martin Luther King et son fameux "I have a dream". Cette marche pour les droits civiques des Noirs américains fut le "plus beau jour de sa vie", confiait la star.