Ces conclusions sur ces épisodes dignes de thrillers, avec des fuites en bateau, des enlèvements en hélicoptère et des princesses droguées et enfermées ont été rendues par un juge londonien.

Ce dernier a été amené à se prononcer au détour d'une bataille opposant devant la justice britannique Mohammed ben Rached al-Maktoum, 70 ans, qui est également chef du gouvernement des Emirats arabes unis, à sa sixième épouse, la princesse Haya de Jordanie, 45 ans.

Le Cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum et la princesse Haya en Grande Bretagne en 2017, Getty Images
Le Cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum et la princesse Haya en Grande Bretagne en 2017 © Getty Images

Haya, demi-soeur du roi de Jordanie Abdallah II et cavalière de niveau olympique, a créé la sensation l'été dernier en fuyant à Londres avec leurs deux enfants, âgés de 8 et 12 ans. Elle y a entamé une procédure contre son époux, qui a selon elle divorcé en secret début 2019. Elle demande au juge aux Affaires familiales de la Haute Cour de justice de Londres à bénéficier d'une mesure de protection contre un mariage forcé qui pourrait concerner un des enfants du couple.

Elle a aussi demandé une mesure de protection contre des brutalités et réclamé la garde de ses enfants. Cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum réclame, de son côté, le retour de ses enfants aux Emirats.

Pour se prononcer, la justice britannique a été amenée à statuer sur plusieurs éléments de la vie mouvementée de la famille émiratie ces dernières années.

Concernant la princesse Haya elle-même, le juge estime que l'émir "a agi, à partir de fin 2018, d'une manière visant à (l') intimider et (l') effrayer".

L'émir avait tenté d'empêcher que ces éléments soient rendus publics, saisissant jusqu'à la Cour suprême qui a refusé jeudi matin d'examiner son recours.

Dans un communiqué, il a dénoncé un jugement qui "ne relate qu'un côté de l'affaire" et "ne protège pas (ses) enfants de l'attention des médias", appelant au respect de la vie privée de sa famille.

Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, prince héritier de Dubaï et ministre de la Défense des Etats Arabes Unis, en 1999 avec ses filles Sheikha Latifa (à gauche) et Sheikha Mariam, Reuters
Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, prince héritier de Dubaï et ministre de la Défense des Etats Arabes Unis, en 1999 avec ses filles Sheikha Latifa (à gauche) et Sheikha Mariam © Reuters

Fuite en voilier

Si l'affaire est si gênante pour Dubaï, qui soigne son image de grand centre financier international et de paradis du luxe pour les touristes, c'est que la justice a aussi été amenée à se prononcer sur deux épisodes du passé qui avaient alimenté la chronique: le sort de deux filles, Shamsa et Latifa, que l'émir a eues avec une autre épouse.

Selon le juge, Cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum "a commandité et orchestré" leur enlèvement.

En 2018, Latifa al-Maktoum, 32 ans, annonçait dans une vidéo diffusée sur Youtube vouloir fuir son pays.

Au bord des larmes, elle disait avoir été "torturée" et "emprisonnée pendant trois ans" par son père après une première tentative d'évasion alors qu'elle n'était qu'adolescente en 2002, critiquant un "père qui ne pense qu'à son image" et qui a "détruit les vies de tant de personnes".

Elle avait été publiée après l'échec de cette tentative, à bord d'un voilier arraisonné par la marine indienne. La princesse ne s'est depuis pas manifestée publiquement.

Le gouvernement à Dubaï a fini par rompre son silence sur cette affaire rocambolesque le 17 avril 2018, confirmant que la princesse avait été "ramenée" auprès de sa famille et qu'elle allait "bien".

A 18 ans seulement, sa soeur Shamsa, qui serait née en 1981, avait tenté de fuir son père en 2000 alors qu'elle était en vacances en Angleterre.

Selon le récit de Latifa, la jeune fille a été retrouvée après deux mois de fuite, "droguée", ramenée à Dubaï et "enfermée".

Dans son jugement, le juge londonien dit avoir reçu des informations sur son retour, citant un email où elle aurait raconté avoir été enlevée par quatre hommes armés à Cambridge, reçu "deux injections et une poignée de comprimés" et emmenée en hélicoptère vers un avion qui l'a transportée jusqu'à Dubaï.

Elle n'a pas été vue en public depuis.

Ces conclusions sur ces épisodes dignes de thrillers, avec des fuites en bateau, des enlèvements en hélicoptère et des princesses droguées et enfermées ont été rendues par un juge londonien.Ce dernier a été amené à se prononcer au détour d'une bataille opposant devant la justice britannique Mohammed ben Rached al-Maktoum, 70 ans, qui est également chef du gouvernement des Emirats arabes unis, à sa sixième épouse, la princesse Haya de Jordanie, 45 ans.Haya, demi-soeur du roi de Jordanie Abdallah II et cavalière de niveau olympique, a créé la sensation l'été dernier en fuyant à Londres avec leurs deux enfants, âgés de 8 et 12 ans. Elle y a entamé une procédure contre son époux, qui a selon elle divorcé en secret début 2019. Elle demande au juge aux Affaires familiales de la Haute Cour de justice de Londres à bénéficier d'une mesure de protection contre un mariage forcé qui pourrait concerner un des enfants du couple.Elle a aussi demandé une mesure de protection contre des brutalités et réclamé la garde de ses enfants. Cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum réclame, de son côté, le retour de ses enfants aux Emirats. Pour se prononcer, la justice britannique a été amenée à statuer sur plusieurs éléments de la vie mouvementée de la famille émiratie ces dernières années.Concernant la princesse Haya elle-même, le juge estime que l'émir "a agi, à partir de fin 2018, d'une manière visant à (l') intimider et (l') effrayer".L'émir avait tenté d'empêcher que ces éléments soient rendus publics, saisissant jusqu'à la Cour suprême qui a refusé jeudi matin d'examiner son recours.Dans un communiqué, il a dénoncé un jugement qui "ne relate qu'un côté de l'affaire" et "ne protège pas (ses) enfants de l'attention des médias", appelant au respect de la vie privée de sa famille.Fuite en voilier Si l'affaire est si gênante pour Dubaï, qui soigne son image de grand centre financier international et de paradis du luxe pour les touristes, c'est que la justice a aussi été amenée à se prononcer sur deux épisodes du passé qui avaient alimenté la chronique: le sort de deux filles, Shamsa et Latifa, que l'émir a eues avec une autre épouse.Selon le juge, Cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum "a commandité et orchestré" leur enlèvement.En 2018, Latifa al-Maktoum, 32 ans, annonçait dans une vidéo diffusée sur Youtube vouloir fuir son pays.Au bord des larmes, elle disait avoir été "torturée" et "emprisonnée pendant trois ans" par son père après une première tentative d'évasion alors qu'elle n'était qu'adolescente en 2002, critiquant un "père qui ne pense qu'à son image" et qui a "détruit les vies de tant de personnes".Elle avait été publiée après l'échec de cette tentative, à bord d'un voilier arraisonné par la marine indienne. La princesse ne s'est depuis pas manifestée publiquement.Le gouvernement à Dubaï a fini par rompre son silence sur cette affaire rocambolesque le 17 avril 2018, confirmant que la princesse avait été "ramenée" auprès de sa famille et qu'elle allait "bien".A 18 ans seulement, sa soeur Shamsa, qui serait née en 1981, avait tenté de fuir son père en 2000 alors qu'elle était en vacances en Angleterre. Selon le récit de Latifa, la jeune fille a été retrouvée après deux mois de fuite, "droguée", ramenée à Dubaï et "enfermée".Dans son jugement, le juge londonien dit avoir reçu des informations sur son retour, citant un email où elle aurait raconté avoir été enlevée par quatre hommes armés à Cambridge, reçu "deux injections et une poignée de comprimés" et emmenée en hélicoptère vers un avion qui l'a transportée jusqu'à Dubaï.Elle n'a pas été vue en public depuis.