"C'est une voie possible", a assuré McConaughey lors d'une interview accordée à l'AFP, de chez lui à Austin. La sortie de son autobiographie "Greenlights" (Seuil) en France, l'engage à se prêter à un exercice médiatique qu'il affectionne. Ce qui tombe bien étant donné les nombreuses vies qu'il semble avoir vécues, à 52 ans, avant peut-être d'en mener une nouvelle, politique, aux antipodes de son parcours artistique.

McConaughey se décrit comme "agressivement centriste". "Non pas parce que c'est le lieu du grand compromis, mais parce que c'est l'endroit où il faut être par rapport à la gauche et à la droite. C'est un créneau audacieux, celui des hors-la-loi." Hors-la-loi, l'acteur, qui en incarne un attachant dans "Mud", l'a réellement été quand la police l'a arrêté pour trouble à l'ordre public et possession de drogue, alors qu'il jouait du bongo nu. Une des délicieuses anecdotes fourmillant dans son livre, où on apprend aussi, qu'au sommet de sa gloire, il a momentanément fui Los Angeles pour faire une randonnée en Amazonie sous ecstasy.

Reuters
© Reuters

McConaughey n'a jamais hésité à sortir des sentiers battus. Quitte à mettre sa carrière en péril quand en 2008, la star de "Comment se faire larguer en 10 leçons" a dit stop à ces comédies romantiques qui "l'émasculaient".

- "Comment être utile ?" -

"Je voulais en sortir. Ces films sont faits pour être légers, avec des personnages du samedi après-midi. Avec mon épouse Camilla, nous venions d'avoir notre premier enfant. Mon rêve c'était d'être père. Ma vie prenait un sens profond. Mes samedis après-midi devenaient des lundis matins", explique-t-il. McConaughey veut s'imposer dans des films dramatiques, sa détermination est sans faille. "Je m'y suis tenu, en sachant bien que l'industrie se disait, +mais bon sang que fait-il?+. J'ai fait un sacré pari." Pendant près de deux ans, il ne tourne plus.

Matthew McConaughey, Getty
Matthew McConaughey © Getty

"Je commençais à croire que j'avais fait un aller simple pour quitter Hollywood. Mon agent me disait chaque semaine, +ton nom ne circule plus+." Le retour est spectaculaire avec "Magic Mike" dans lequel il peut enfin ironiser de sa plastique, quelques minutes mémorables dans "Le loup de Wall Street", une performance oscarisée pour "Dallas Buyers Club" évoquant le sida, d'autres également impressionnantes dans "Interstellar" ou dans la série "True Detective". McConaughey acteur est désormais pris au sérieux. Mais, jamais là où on l'attend, celui qui fait la fierté de la ville d'Austin, au Texas, pourrait cette fois décrocher un nouveau rôle dans la vie politique de son Etat.

"C'est quelque chose auquel j'accorde une grande importance", insiste celui dont la fondation "Just Keep Livin" vient en aide aux lycéens en difficulté. "Où, comment puis-je être le plus utile ? Je n'ai pas peur de prendre des risques. Mais j'ai vraiment besoin de répondre à cette question", explique McConaughey, qui a jusqu'au 13 décembre pour déposer sa candidature.

Matthew McConaughey, Getty
Matthew McConaughey © Getty

Une perspective qui emballe certains cercles de gauche, en désaccord avec l'actuel gouverneur républicain Greg Abbott, dont la loi très restrictive contre l'avortement est contestée devant la Cour suprême des Etats-Unis. Un récent sondage de l'université du Texas avance que McConaughey s'en sortirait mieux contre Abbott que son potentiel adversaire démocrate, Beto O'Rourke.

- Agressé à 18 ans -

"Plus que la politique, je me suis intéressé plus jeune à la justice", souligne celui qui révèle dans "Greenlights", objet littéraire mêlant mémoires et philosophie de vie, avoir été agressé sexuellement à 18 ans, par un homme, alors qu'il était "inconscient à l'arrière d'une camionnette".

"J'en parle brièvement, volontairement. Si j'avais raconté toute l'histoire, cela aurait fait les gros titres. Je ne me suis pas victimisé par rapport à ça", élude-t-il.

McConaughey n'aime pas revoir ses films. Mais "Génération rebelle" qui le révéla en 1993 est celui qui le rend le plus fier, car "si je ne savais pas ce que je faisais, j'avais des instincts qui étaient justes".

Son personnage de Wooderson dans ce film devint culte grâce au soliloque: "Alright, alright, alright". "C'est un peu mystérieux, parce que je suis hors-champ quand je dis ça. Mais ça l'a rendu cool. J'essaie de trouver la musicalité en chacun de mes personnages. Pareil pour les tapes sur le torse (en fredonnant) dans le +Loup de Wall Street+. Je faisais de la relaxation avant la prise. Leonardo DiCaprio m'a dit +et si tu faisais ça dans la scène ?+. Martin Scorsese était content."

En tournage, McConaughey se sent "en liberté, comme si j'étais sur mon île déserte préférée". Mais sitôt fini, "c'est le grand vide". "J'attrape toujours la grippe juste après. C'est très éprouvant émotionnellement. Mes proches savent que je vais être fragile. Puis, lentement, je me relève. C'est Matthew McConaughey le père, le mari, à la maison..."

Et qui se lance en campagne ?

"C'est une voie possible", a assuré McConaughey lors d'une interview accordée à l'AFP, de chez lui à Austin. La sortie de son autobiographie "Greenlights" (Seuil) en France, l'engage à se prêter à un exercice médiatique qu'il affectionne. Ce qui tombe bien étant donné les nombreuses vies qu'il semble avoir vécues, à 52 ans, avant peut-être d'en mener une nouvelle, politique, aux antipodes de son parcours artistique.McConaughey se décrit comme "agressivement centriste". "Non pas parce que c'est le lieu du grand compromis, mais parce que c'est l'endroit où il faut être par rapport à la gauche et à la droite. C'est un créneau audacieux, celui des hors-la-loi." Hors-la-loi, l'acteur, qui en incarne un attachant dans "Mud", l'a réellement été quand la police l'a arrêté pour trouble à l'ordre public et possession de drogue, alors qu'il jouait du bongo nu. Une des délicieuses anecdotes fourmillant dans son livre, où on apprend aussi, qu'au sommet de sa gloire, il a momentanément fui Los Angeles pour faire une randonnée en Amazonie sous ecstasy.McConaughey n'a jamais hésité à sortir des sentiers battus. Quitte à mettre sa carrière en péril quand en 2008, la star de "Comment se faire larguer en 10 leçons" a dit stop à ces comédies romantiques qui "l'émasculaient"."Je voulais en sortir. Ces films sont faits pour être légers, avec des personnages du samedi après-midi. Avec mon épouse Camilla, nous venions d'avoir notre premier enfant. Mon rêve c'était d'être père. Ma vie prenait un sens profond. Mes samedis après-midi devenaient des lundis matins", explique-t-il. McConaughey veut s'imposer dans des films dramatiques, sa détermination est sans faille. "Je m'y suis tenu, en sachant bien que l'industrie se disait, +mais bon sang que fait-il?+. J'ai fait un sacré pari." Pendant près de deux ans, il ne tourne plus. "Je commençais à croire que j'avais fait un aller simple pour quitter Hollywood. Mon agent me disait chaque semaine, +ton nom ne circule plus+." Le retour est spectaculaire avec "Magic Mike" dans lequel il peut enfin ironiser de sa plastique, quelques minutes mémorables dans "Le loup de Wall Street", une performance oscarisée pour "Dallas Buyers Club" évoquant le sida, d'autres également impressionnantes dans "Interstellar" ou dans la série "True Detective". McConaughey acteur est désormais pris au sérieux. Mais, jamais là où on l'attend, celui qui fait la fierté de la ville d'Austin, au Texas, pourrait cette fois décrocher un nouveau rôle dans la vie politique de son Etat."C'est quelque chose auquel j'accorde une grande importance", insiste celui dont la fondation "Just Keep Livin" vient en aide aux lycéens en difficulté. "Où, comment puis-je être le plus utile ? Je n'ai pas peur de prendre des risques. Mais j'ai vraiment besoin de répondre à cette question", explique McConaughey, qui a jusqu'au 13 décembre pour déposer sa candidature.Une perspective qui emballe certains cercles de gauche, en désaccord avec l'actuel gouverneur républicain Greg Abbott, dont la loi très restrictive contre l'avortement est contestée devant la Cour suprême des Etats-Unis. Un récent sondage de l'université du Texas avance que McConaughey s'en sortirait mieux contre Abbott que son potentiel adversaire démocrate, Beto O'Rourke."Plus que la politique, je me suis intéressé plus jeune à la justice", souligne celui qui révèle dans "Greenlights", objet littéraire mêlant mémoires et philosophie de vie, avoir été agressé sexuellement à 18 ans, par un homme, alors qu'il était "inconscient à l'arrière d'une camionnette"."J'en parle brièvement, volontairement. Si j'avais raconté toute l'histoire, cela aurait fait les gros titres. Je ne me suis pas victimisé par rapport à ça", élude-t-il.McConaughey n'aime pas revoir ses films. Mais "Génération rebelle" qui le révéla en 1993 est celui qui le rend le plus fier, car "si je ne savais pas ce que je faisais, j'avais des instincts qui étaient justes". Son personnage de Wooderson dans ce film devint culte grâce au soliloque: "Alright, alright, alright". "C'est un peu mystérieux, parce que je suis hors-champ quand je dis ça. Mais ça l'a rendu cool. J'essaie de trouver la musicalité en chacun de mes personnages. Pareil pour les tapes sur le torse (en fredonnant) dans le +Loup de Wall Street+. Je faisais de la relaxation avant la prise. Leonardo DiCaprio m'a dit +et si tu faisais ça dans la scène ?+. Martin Scorsese était content."En tournage, McConaughey se sent "en liberté, comme si j'étais sur mon île déserte préférée". Mais sitôt fini, "c'est le grand vide". "J'attrape toujours la grippe juste après. C'est très éprouvant émotionnellement. Mes proches savent que je vais être fragile. Puis, lentement, je me relève. C'est Matthew McConaughey le père, le mari, à la maison..."Et qui se lance en campagne ?