Les Diables Rouges sont en Russie, youpie : le pays s'apprête à résonner des hymnes et des coups de klaxon, le timing des rencontres va rythmer les quatre semaines que dure la compétition. Une période de liesse footballistique qui sonne comme une parenthèse enchantée pour une certaine catégorie de supporters : ceux qui, vaguement honteux, gardent d'ordinaire leur passion confidentielle et profitent de la Coupe pour se fondre dans les hordes de supporters occasionnels, laissant ainsi éclater leur exaltation au grand jour. Car oui, il en existe qui ne parviennent pas à surmonter le poids de l'image véhiculée par leur sport fétiche, préférant en faire une publicité disons modérée, de peur de passer pour des beaufs - le mot est lâché. Car ils sont là, dans les campagnes et dans les villes, taisant leur science du 4-4-2 et leur avis sur les différents résultats, compositions et tactiques, au risque de se voir opposer une question d'apparence anodine mais peut-être lourde de sous-entendus : " Quoi ? T'aimes le foot, toi ? ", balancée l'air de rien par un collègue, un parent, pour qui " hier is da feestje ", c'est seulement une fois tous les quatre ans.
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