Eco-warriors

En tant qu'enseignante-chercheur à l'Institut de Recherches Sociologiques et Anthropologiques, à l'université de Montpellier, Marianne Celka constate aujourd'hui une "mise en scène spectaculaire de l'éco-warrior. Les cellules de libération étaient confidentielles, elles oeuvraient dans le secret, sans véritable leader. Désormais, les éco-warriors sont plus médiatiques, ils profitent de la puissance des images et des médias pour relayer la lutte, découvrent leurs visages et dévoilent leurs noms, com...

En tant qu'enseignante-chercheur à l'Institut de Recherches Sociologiques et Anthropologiques, à l'université de Montpellier, Marianne Celka constate aujourd'hui une "mise en scène spectaculaire de l'éco-warrior. Les cellules de libération étaient confidentielles, elles oeuvraient dans le secret, sans véritable leader. Désormais, les éco-warriors sont plus médiatiques, ils profitent de la puissance des images et des médias pour relayer la lutte, découvrent leurs visages et dévoilent leurs noms, comme Paul Watson de Sea Shepherd. Ce sont des fers de lance en termes de communication"."Le véganisme est une nouvelle vieille idée, qui a toujours existé." Les disciples de Pythagore considéraient en effet déjà l'abattage des animaux comme un meurtre. "On retrouve aussi le souci végétarien, végétalien, éthique et même végan avant que le terme n'apparaisse, dans la philosophie transcendantaliste au xixe siècle. Elle en appelait à vivre plus simplement, éloigné des villes, en essayant d'adopter un mode de vie sain à la fois pour le corps et l'esprit, et pour les animaux."Le terme végan apparaît en 1944, et à partir des années 60, se mettent en place un certain nombre de cellules de libération animale. "Celles-ci veulent libérer les animaux des endroits où ils sont captifs, de manière directe, si possible non violente." Dans les années 1990-2000, d'autres formes de militantisme voient le jour au travers d'associations ou ONG, comme Peta, L214, "qui partagent une certaine radicalité et un même but : révéler l'horreur qui se cache derrière nos pratiques, dans les abattoirs ou les centres d'expérimentation animale en divulguant des images chocs".Un public de plus en plus large se convertit au véganisme. "Aujourd'hui, le militantisme passe en particulier par la consommation." On peut trouver des produits certifiés veggie dans les supermarchés, les boutiques de mode... "Ça use un peu le côté subversif, l'élan révolutionnaire qui était là au début. Un certain nombre d'entreprises ont profité de cette sensibilité. Des choses un peu insolites apparaissent d'ailleurs, comme des préservatifs végans, les véhicules Tesla avec intérieur en similicuir, etc."C'est vers les années 2010-2015 que le véganisme en tant que mode de vie devient assez populaire "notamment grâce aux associations qui en font la promotion, mais aussi par la puissance des réseaux et des réseaux sociaux, qui participent à une certaine viralité des affects et des émotions."