VOYAGE

Son savoureux roman Sucre noirs'ouvre sur une bande de pirates naufragés, emportant un trésor. " J'aime montrer l'ailleurs car les frontières sont poreuses. " L'auteur a le " virus du voyage ". Ayant vécu dans plein de pays, il admire " les aventuriers qui se lancent avec rien, pour trouver tout, même ce qu'ils n'attendaient pas ".

VÉNÉZUELA

" A travers mes romans, je veux composer un hymne à mon pays. " Miguel Bonnefoy le découvre à 6 ans. Il se souvient de l'odeur des mangues et du poisson grillé, qu'il pouvait manger avec les mains. Une liberté magique qu'il retrouve dans ses fables oniriques : " L'Amérique latine se veut proche de la tradition orale, musicale et poétique. " Il est l'héritier de cette terre métissée. " Mes contes ont une couche politique ", teintée de sentiments colorés.

PIRATES

Avec ses bouclettes et ses yeux noisette, l'écrivain ressemble à ses parents. " Mon père, El Padre, est le Che ! " Ce révolutionnaire a connu la torture, la prison, puis l'exil à Paris, où il rencontre sa future épouse, diplomate. Leur fils y naît en 1986. " Mes parents sont des pirates, qui n'ont pas peur du monde. Surtout ma mère, une femme indépendante et courageuse. "

SUCRE

" L'or et les trésors sont un leurre. " Ils sont ici liés au sucre, fil rouge du roman qui le transforme en rhum. Un breuvage aussi puissant que la vie, distillée dans les veines de la famille Otero. Leur plantation devient une mine, mais " l'ivresse sucrée " peut se transformer en " sucre noir, métaphore du pétrole " que Miguel Bonnefoy qualifie de " malédiction et grandeur du Venezuela ". Il préfère " creuser la terre littéraire ".

AMOUR

© SDP

Pour pimenter cette histoire d'amour, il imagine l'union de Serena et Severo. Lui qui était parti en quête du trésor perdu des pirates a trouvé une perle. " Dans la vie, on ne peut pas tout avoir... Les sentiers du coeur demeurent insaisissables. " Le roman se veut aussi un hommage aux femmes ardentes et fortes. " Il y a mille façons d'aimer ou d'écrire. J'ai des pieds de plomb, ancrés sur terre, mais mon regard est tourné vers les étoiles. "

Sucre noir, par Miguel Bonnefoy, Rivages, 207 pages.