Dimanche, sur la plage de Corbières, c'est une fillette de 8 ans qui a manqué de perdre la vie, ballotée par les vagues, à quelques mètres du sable. "C'était mon premier noyé", témoigne Noellie Maurel, jeune maître-nageur de 18 ans qui se trouvait alors sur la vigie, avec le brigadier de police Michael Pretre.

C'est elle qui s'est inquiétée, en voyant la gamine "faire le bouchon" dans les vagues. Et elle qui l'a ramenée jusqu'à la plage, alors que la fillette commençait à vomir et a perdu connaissance. Sac à oxygène, massage cardiaque: la petite noyée reprend peu à peu connaissance, avant l'intervention du Samu. Elle sortira sans séquelle de l'hôpital, le lendemain. "Des cas comme ça, nous en avons tous les ans", commentait Michael Pretre, vendredi, lors d'une campagne de sensibilisation organisée sur la plage du Prophète, au coeur de Marseille: "Et comme chaque fois, c'est le manque de surveillance qui est en cause", insiste ce policier, mobilisé depuis 13 ans à Corbières, chaque été.

sauveteurs sur les plages marseillaises, août 2019 © AFP

En l'occurence, la maman avait laissé sa fille aller à la plage avec deux jeunes voisines, deux adolescentes. Et celles-ci se trouvaient à l'ombre, un peu éloignées, quand l'enfant jouait dans l'eau. "On ne laisse pas un "petitou" de 3 ans à la garde de son grand frère de 7 ans, on ne laisse pas son enfant seul dans l'eau pendant qu'on pianote sur son téléphone portable", insiste le commandant Frédéric Vidal, du commissariat central de Marseille.

En un seul week-end, après l'ouverture officielle des 15 plages marseillaises, le 29 mai, 140 enfants ont ainsi été "égarés" par leurs parents. 360 sur le seul mois de juillet, "plus que sur tout l'été 2018", poursuit le policier: "A la fin de l'été, on va atteindre sans problème les 600-700 ! Ca me consterne. Car un enfant peut se noyer dans 5 centimètres d'eau".

Soleil oblige, les plages sont bondées cet été dans la cité phocéenne. Fin juillet, plus de 1.420.000 baigneurs avaient été recensés sur les plages de la ville. De quoi dépasser largement le cap habituel des 2 millions d'ici la fin de l'été. Et de faire encore grimper les statistiques des enfants délaissés.