Genade Dewaele, récemment diplômée en sciences de l'éducation à la VUB, a étudié dans le cadre de son mémoire de fin d'études les normes retenues par les jeunes pour déterminer s'il est acceptable d'envoyer un message sexuel. Le fait de montrer ou diffuser des images de soi à caractère sexuel est considéré comme inacceptable par la plupart des jeunes et la diffusion sur les réseaux sociaux d'un tel message suscite chez la plupart d'entre-eux une saine répulsion. Regarder des photos osées les uns des autres est recalé par 68,7%, les envoyer à d'autres personnes encore refusé par 79,5%. "Les filles sont à cet égard moins tolérantes que les garçons", explique Genade Dewaele.

Définir le sexting comme quelque chose de foncièrement négatif serait trahir la réalité

Le sexting n'est pourtant plus considéré, comme dans certaines études vieilles de quelques années, comme un comportement déviant. "Il s'inscrit parfaitement dans les moeurs actuelles en matière de sexualité des jeunes, dans lesquelles les réseaux sociaux occupent une place importante". Genade Dewaele a, dans le cadre de son enquête, rédigé un questionnaire anonyme à l'intention de 668 jeunes, garçons et filles, âgés de 14 à 18 ans et organisé des groupes de discussion dans deux écoles flamandes. L'enquête montre clairement que la tolérance vis-à-vis du sexting diminue avec l'âge et que les filles l'acceptent moins que les garçons. Les photos de nu complet sont moins tolérées que celles de parties nues du corps diffusées isolément.

Étonnamment le fait d'être identifiable joue un moindre rôle: les photos où on voit un visage obtiennent un score similaire. "Définir le sexting comme quelque chose de foncièrement négatif serait trahir la réalité", dit encore Genade Dewaele. "Cela peut avoir un effet positif sur la confiance en soi, peut même contribuer à renforcer une relation, notamment lorsque cela se passe au sein d'un couple. Mais il faut prêcher la prudence parce que le sexting peut avoir des conséquences sociales et personnelles pour celles/ceux qui doivent subir une diffusion qu'ils ne souhaitent pas. Il est donc urgent que ce thème soit abordé dans le contexte de l'école où on accorde déjà plus de place à l'éducation aux médias".