Ville côtière idyllique, Tel-Aviv possède la densité de start-up la plus élevée au monde après la Silicon Valley. Autant dire que la jeunesse, ambitieuse et curieuse, a donné des ailes à cette cité qui, un peu partout, offre un lot copieux d'enseignes pour manger sainement et de terrasses pour festoyer dignement. On oublierait presque que la situation dans cette région du monde est pour le moins tendue, tant il fait bon vivre...
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Ville côtière idyllique, Tel-Aviv possède la densité de start-up la plus élevée au monde après la Silicon Valley. Autant dire que la jeunesse, ambitieuse et curieuse, a donné des ailes à cette cité qui, un peu partout, offre un lot copieux d'enseignes pour manger sainement et de terrasses pour festoyer dignement. On oublierait presque que la situation dans cette région du monde est pour le moins tendue, tant il fait bon vivre... " Si je devais résumer Tel-Aviv en trois mots, je dirais dynamique, jeune et enrichissante ", confirme Valérie Messika, femme d'affaires passionnée de voyages qui a grandi ici et connaît chaque recoin de son berceau. La fondatrice de la maison de joaillerie portant son nom, qui partage aujourd'hui sa vie entre Paris et la métropole israélienne, va jusqu'à comparer l'atmosphère qui y règne à celle de New York. " C'est aussi une ville qui ne dort jamais, et dont chaque rue réserve une surprise, que ce soit pour faire du shopping, déjeuner ou simplement se promener. Mon quartier favori est celui de Neve Tzedek, qui me rappelle un peu le Marais avec ses jolies ruelles, ses boutiques charmantes et son ambiance ultradétendue. Sinon, le marché du Carmel et la vieille ville de Jaffa sont tout aussi incontournables... " Sur quelque 52 km2, Tel-Aviv-Jaffa, comme elle s'appelle officiellement, héberge 420 000 habitants qui considèrent leurs 14 km de plages blanches comme leur petit jardin. Humer l'écume de la Méditerrannée ou s'offrir un jogging sur sable fin constituent deux manières d'apprivoiser les lieux. Frishman Beach est la plage la plus populaire. Un peu plus loin, s'étend la zone " religieuse ", où des jours de baignade séparés sont organisés pour les hommes et les femmes. Après, on trouve un espace spécialement destiné aux chiens et, enfin, la prisée Gay Beach. Ainsi vit la ville, au rythme de ses contrastes parfaitement assumés... Au coeur du quartier yéménite de Kerem Hateimanim, le marché du Carmel reflète la vieille âme de Tel-Aviv. Dans un enchevêtrement de ruelles bordées de bâtisses en grès, on trouve tous les ingrédients pour un lunch haut en saveurs, des agrumes cultivés dans la région aux dattes et figues, en passant par la viande d'agneau, le poisson frais, les falafels et le houmous. On ponctue la promenade par un petit noir au Les Café, rue Rabbi Meir, qui vend également de superbes céramiques. Oron Lerner - employé au French 57, l'un des meilleurs bars au monde - nous emmène au HaMalabya, sur le coin de Hillel ha-Zaken et Gedera. " Le public est exclusivement local, confie-t-il tandis que nous commandons un burger et une salade au fromage de chèvre. De nombreuses enseignent restent ouvertes 24 heures sur 24, et ce bar est mon adresse non-stop préférée. En plus, sa cuisine méditerranéenne est d'une simplicité savoureuse. " Dans une ville où les températures estivales flirtent allègrement avec les 30 °C, il fait bon se réfugier dans la fraîcheur de l'un des nombreux musées. Temple de l'art moderne parmi les plus remarquables au monde, le Tel-Aviv Museum of Art abrite notamment des oeuvres de Chagall, Dalí, Monet, Picasso ou Kandinsky. Si vous ne devez en visiter qu'un seul, c'est bien celui-là. Sinon, le musée Bauhaus (rue Bialik) et la Sommer Contemporary Art Gallery (boulevard Rothschild) méritent également un détour. La fin d'après-midi est le moment idéal pour aller flâner sur le front de mer, en direction du quartier ancien de Jaffa (qui signifie " beau " en hébreux), dans le sud de la ville. Selon la Bible et le Coran, c'est dans ce port vieux de cinq mille ans que le prophète Jonas se serait embarqué pour le voyage qui allait le mener dans les entrailles de la baleine. Le Tel-Aviv moderne possède ici son berceau - d'ailleurs, historiquement parlant, c'est Tel-Aviv qui fait partie de Jaffa, et non l'inverse. En contemplant le somptueux panorama urbain du haut de la colline où s'étend le parc d'Abrasha, on comprend immédiatement pourquoi : c'est à la fois splendide et vibrant. En repartant, il faut emprunter le labyrinthe de ruelles pour retourner vers le vieux port, en passant par la mosquée Al-Bahr et l'église Saint-Pierre. Les foodies risquent de succomber au charme du chou-fleur rôti imaginé par Eyal Shani, à la carte de ses restaurants Abraxas North (rue Lilienblum) et Beit Romano (Derech Yafo). Blanchi à l'eau salée, badigeonné d'huile d'olive et cuit au four, ce légume basique prend l'allure d'une caresse pour les papilles. Les deux enseignes se distinguent par un service (faussement) nonchalant, un chaos organisé en cuisine et des menus aux intitulés poétiques, chaque plat se voulant " une combinaison parfaite de textures, de parfums et de saveurs ". Outre le fameux chou, on recommande le burger, le sashimi de tomate, le carpaccio de poisson et la mousse au chocolat. Oui, nous avons tout goûté. Et, oui, nous y retournerons, puisque le menu change chaque jour en fonction des produits du marché ou des denrées venues de la mer... Pour un petit moment d'égarement sous la tiédeur du soir, direction le florissant quartier des bars à cocktails. Avec son décor soigné, La Otra est notre chouchou. Le choix parfait : Painkiller #2, un tiki à base de rhum, d'ananas frais, de crème de coco et de citron vert. Juste à côté, se trouve l'Imperial, classé en 56e position sur la liste des meilleurs bars à cocktails... du monde. On peut également pousser la porte du Bellboy pour tester l'incontournable Why The Sour Face ? , variante insolite du Whisky Sour. Ou celle du French 57 pour apprécier d'authentiques classiques américains comme le Sazerac ou l'Old Fashioned. Avis aux connaisseurs. Tel-Aviv doit en grande partie son surnom de ville blanche à la fabuleuse architecture Bauhaus de son centre-ville. Les étudiants juifs ayant fui la célèbre école allemande à l'approche de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'on ne trouvait encore ici que des dunes de sable, ont pu rapidement mettre leurs connaissances au service du projet Tel-Aviv, dont le but était de créer une nouvelle ville-jardin sur les rives de la Méditerranée. Aujourd'hui, depuis 2003, pas moins de 4 000 bâtiments sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Le Bauhaus Center, rue Dizengoff, organise chaque vendredi matin à 10 heures une visite guidée des sites les plus remarquables. Lorsque le soleil est de la partie, le meilleur endroit pour découvrir Tel-Aviv sous son angle le plus chaleureux est probablement la place Habima, à l'extrémité du poumon vert que constitue le boulevard Rothschild. Les familles viennent y bavarder, les bronzeurs bouquinent sur des transats et les cyclistes défilent sous les fenêtres des maisons de maître. Une petite faim ? Pause conseillée chez Susu & Sons, au bout de l'artère. Dans les vieux quartiers de Florentin et Neve Tzedek, le charme continue à opérer dans les ruelles regorgeant de bars à café ou de charmantes boutiques artisanales. Vêtements de seconde main, livres, oeuvres d'art ou objets design : on y trouve à peu près tout. C'est ici, au début du xxe siècle, qu'ont eu lieu les premiers peuplements juifs en dehors de Jaffa, et l'architecture de l'époque a été largement conservée. Pour une expérience authentique, on s'attable au Mati HaMekalel (rue Matalon) pour déguster une mousse au café et se laisser bercer par une ambiance joviale et sans chichis. A première vue, on n'associe pas spontanément Tel-Aviv au surf. Pourtant, l'Israel Surf Club est installé à un jet de pierre de Neve Tzedek, entre Drums Beach et Banana Beach. Rien n'oblige personne à se jeter à l'eau. Mais le spectacle offert par les amateurs ou les champions locaux mérite de s'attarder sur la terrasse du club. Pour un dernier repas dans cette ville définitivement attachante et surprenante, le choix est vaste. Pour les fruits de mer, les locaux sont unanimes : le Manta Ray, qui offre un panorama spectaculaire sur les flots bleus, est incontournable. Tout comme l'Oasis de Rima Olvera, adresse parmi les plus innovantes de la ville, dont la très charismatique chef-coq américaine a troqué la crème des restaurants de San Francisco pour le calme (relatif) de Tel-Aviv. Elle n'aime pas les menus fixes, préférant se laisser guider par la récolte de son petit toit-jardin pour proposer une carte " internationale " et épicée. Dans notre assiette, un carpaccio de courgettes, un pain pita aux scampis et poulet, puis une excellente crème brûlée. " En phase avec la ville, mon restaurant s'adresse à ceux qui ont envie de se laisser surprendre ", résume parfaitement Rima Olvera...Par Dieter Moeyaert4 000 bâtiments de la Ville Blanche sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco.