Ses volcans assoupis, ses plages de lave noire, ses geysers exhalant une vapeur soufrée, ses sources bouillonnantes, ses chutes d'eau grondant au détour d'un sentier et l'une des plus vastes populations de baleines au monde font sans doute de São Miguel l'un des secrets les mieux gardés d'Europe. Avec huit autres petites îles, elle forme l'archipel portugais des Açores. Un instant, on se croirait au Canada, sur les rives d'un lac bordé de sapins. L'instant d'après, on jurerait partir à l'assaut d'une falaise écossaise. On aperçoit même un peu de Brésil, pour peu que l'on visite les cultures de thé ou d'ananas. Ces plantations, qui poussent sur des terres situées en plein océan, loin des insectes nuisibles et des maladies endémiques sur le continent, n'ont nullement besoin de pesticides pour s'épanouir. Ici, la nature règne en maître et les récoltes sont 100 % biologiques.
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Ses volcans assoupis, ses plages de lave noire, ses geysers exhalant une vapeur soufrée, ses sources bouillonnantes, ses chutes d'eau grondant au détour d'un sentier et l'une des plus vastes populations de baleines au monde font sans doute de São Miguel l'un des secrets les mieux gardés d'Europe. Avec huit autres petites îles, elle forme l'archipel portugais des Açores. Un instant, on se croirait au Canada, sur les rives d'un lac bordé de sapins. L'instant d'après, on jurerait partir à l'assaut d'une falaise écossaise. On aperçoit même un peu de Brésil, pour peu que l'on visite les cultures de thé ou d'ananas. Ces plantations, qui poussent sur des terres situées en plein océan, loin des insectes nuisibles et des maladies endémiques sur le continent, n'ont nullement besoin de pesticides pour s'épanouir. Ici, la nature règne en maître et les récoltes sont 100 % biologiques. La beauté de l'île semble figée dans le temps. On se perd dans un décor où perce l'azur des lacs de cratères, où d'imposantes formations rocheuses dominent dans des panoramas infinis. Les traditions séculaires, elles, sont restées vivaces, à l'instar des Romeiros typiques de São Miguel. Chaque année, au début du printemps, les pèlerins - uniquement des hommes - convergent vers l'île et, durant huit jours, marchent, chantent et prient de l'aube au crépuscule, sillonnant la région d'église en chapelle. Bâton et chapelet à la main, les épaules recouvertes d'un châle traditionnel, ils perpétuent cette dévotion depuis les puissants séismes et les éruptions volcaniques ayant secoué l'île au xvie siècle. Les secrets bien gardés des Açores ont pourtant été quelque peu éventés dès 2015, avec l'ouverture de l'espace aérien au-dessus de l'archipel. Depuis, ses fiers habitants accueillent non seulement des croisiéristes fortunés mais aussi des randonneurs, des amateurs de VTT, des familles en quête d'aventures, des fans de musique qui reviennent annuellement se délecter lors des festivals sonores comme Tremor ou Monte Verde, et même des artistes urbains qui aspirent à garnir les murs de la ville de Ponta Delgada, sur la côte sud, lors de l'événement Walk&Talk. A côté de cela, bien sûr, les Européens connaissent surtout les Açores grâce aux bulletins météo évoquant son célèbre anticyclone qui, généralement, est pour nous synonyme de beau temps. L'occasion de noter que, là-bas, au milieu de l'Atlantique, le climat est pour le moins capricieux. Y envisager des vacances signifie surveiller les prévisions de près, car sur place, il n'est pas rare de voir défiler les quatre saisons... en une semaine - certains prétendent même avoir côtoyé l'été, le printemps, l'automne et l'hiver en une seule journée. Quoi qu'il en soit, voici quelques précieux conseils et une poignée de pistes afin de profiter agréablement de São Miguel à tout moment de l'année. Assez petite pour être sillonnée facilement en voiture, l'île mérite clairement son lot de détours. Situé sur la façade occidentale de l'île, Lagoa das Sete Cidades, le lac préféré des photographes et des cartes postales, teinté de bleu d'un côté et de vert de l'autre, constitue une escapade idéale en cas de ciel doux. La légende prétend que cette étendue d'eau serait née des larmes versées par une princesse et un berger aux amours contrariées. Il y a souvent du monde au Vista do Rei pour admirer le panorama, mais pour éviter les sentiers battus, deux autres points de vue, nettement plus confidentiels, existent. Le premier se situe sur le toit du Monte Palace, un hôtel seventies un rien mégalo qui a été déserté un an à peine après son inauguration et qui, depuis, a pris des allures de friche bétonnée, avec ses murs moussus et ses tapis marécageux. Mais il suffit d'y entrer et de se frayer un chemin à travers son labyrinthe de couloirs pour vivre une expérience originale. Une fois sur le toit, le panorama est bluffant. Seconde possibilité, encore plus exceptionnelle : prendre la direction de Sete Cidades. A cent mètres de la localité, un sentier perdu emmène le long du Lagoa do Canario jusqu'à Miradouro da Boca do Inferno, où se dévoile un cratère volcanique formé voici 22 000 ans. Frissons garantis. En cas de printemps généreux, il faut également filer vers Nordeste, la région la plus sauvage et la plus reculée de São Miguel. Les jardins fleuris, les robustes falaises et les chemins tortueux composent un décor aussi paisible que charmant. Tout comme Farol do Arnel, le plus vieux phare des Açores. Les températures açoriennes fluctuent très peu : 25 °C, en moyenne l'été, et 18 °C l'hiver. Un temps estival veut donc surtout dire : un climat sec et un ciel clair. Quand cela se produit, il faut à tout prix mettre le cap vers les plages. Certains s'y adonnent au surf, d'autres préfèrent se détendre sur le sable noir de Mosteiros. On peut aussi choisir de piquer une tête dans la piscine de Caloura, avant de commander un plat typique au restaurant nommé Caloura Bar. A Ponta da Ferraria, dans une anse nichée à l'ouest de l'île, une source géothermique naturelle réchauffe l'océan. Plus au sud, dès le mois de juin, une activité particulièrement agréable est possible : faire du snorkeling dans les eaux cristallines du cratère immergé de Ilhéu da Vila Franca, au coeur d'une réserve classée. L'îlot est accessible par bateau au départ de Vila Franca do Campo, le village côtier qui fut la capitale des Açores jusqu'au milieu du xvie siècle. Quoi qu'il en soit, peu importe l'humeur des cieux, ce serait dommage de quitter la Vila Franca do Campo sans goûter les " queijadas ". Ce sont les nonnes du couvent de Santo André qui ont imaginé ces tartelettes ressemblant aux célèbres " pasteis de Nata ". Près de cinq siècles plus tard, une poignée de familles en conservent jalousement la recette... Ici, les randonneurs de tous niveaux trouvent leur bonheur, du débutant en quête de jolis paysages au marcheur aguerri qui a besoin de se vider l'esprit en se confrontant à la nature et au silence. Ce n'est pas un hasard si São Miguel a été surnommée " l'île verte " dès le xive siècle : entre les forêts d'acacias, les pâturages enchanteurs ou les sentiers bordés de haies d'hortensias, on ouvre grand les yeux pour observer une flore aussi riche que surprenante. On peut également repérer quelques oiseaux rares, à l'instar du bouvreuil des Açores qui a disparu des autres terres de l'archipel. Les habitants l'assurent : l'une des plus belles balades démarre devant le hameau de Faial da Terra, en direction de Salto do Prego. Au bout de deux heures de marche, on découvre, ébahi, des chutes d'eau et des petits ponts enjambant des ruisseaux, avant de longer d'immenses formations rocheuses et de longues rangées d'arbres tombés comme autant de fétus de paille. Le retour ne doit pas forcément se faire par le chemin inverse : on peut poursuivre jusqu'à Sanguinho, un hameau aux rues escarpées qui offre une vue imprenable sur Faial da Terra et l'océan. Pas de panique quand les températures chutent soudainement : São Miguel regorge de sources naturelles chauffées par les volcans endormis qui se trouvent sous les pieds de ses visiteurs. Mais c'est à Furnas, un site connu pour ses geysers soufrés et son cozido (le ragoût local cuit sur les vapeurs s'échappant des geysers au coeur du village), que vous attendent les phénomènes géothermiques les plus féeriques. Et plus précisément dans le Terra Nostra, un parc botanique vieux de deux cents ans, qui recèle d'incroyables collections d'azalées, de camélias, de fougères palmiers et de rhododendrons Vireya. L'eau, riche en fer et minéraux, affiche une coloration orangée qui contraste joliment avec les murs blancs de la villa dominant la piscine et la luxuriante verdure environnante. Autre bon plan : plus haut dans le village, les bains de Poça da Dona Beija sont alimentés en permanence par les eaux chaudes de la rivière.