Le New York Times l'a classée septième dans les villes à visiter en 2016, en lui offrant la place de "première ville du Canada" devant ses rivales nommées Montréal et Vancouver. De leur côté, Vogue et Vanity Fair hissaient récemment Toronto parmi les destinations tendance et incontournables du moment. Le temps où la métropole canadienne devait se satisfaire de son image de "New York en version sage et miniature" est révolu. Elle est désormais considérée comme une destination de voyage à part entière. C'est dans la capitale de l'Ontario qu'ont été organisés, l'été dernier, les jeux panaméricains et parapanaméricains, qui ont valu un gros lifting à la ville déjà connue pour ses nombreux gratte-ciel en construction. Et depuis six ans, chaque mois de janvier, elle accueille la Design Week, transformant la cité en véritable hub créatif.
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Le New York Times l'a classée septième dans les villes à visiter en 2016, en lui offrant la place de "première ville du Canada" devant ses rivales nommées Montréal et Vancouver. De leur côté, Vogue et Vanity Fair hissaient récemment Toronto parmi les destinations tendance et incontournables du moment. Le temps où la métropole canadienne devait se satisfaire de son image de "New York en version sage et miniature" est révolu. Elle est désormais considérée comme une destination de voyage à part entière. C'est dans la capitale de l'Ontario qu'ont été organisés, l'été dernier, les jeux panaméricains et parapanaméricains, qui ont valu un gros lifting à la ville déjà connue pour ses nombreux gratte-ciel en construction. Et depuis six ans, chaque mois de janvier, elle accueille la Design Week, transformant la cité en véritable hub créatif. C'est une réalité : le lieu impressionne par son dynamisme et sa quête d'ouverture. Ici, un habitant sur deux vient d'ailleurs. Cette fusion des origines se traduit par des idées neuves et une richesse de cultures qui se vit au quotidien. Bien sûr, pour cela, il faut accepter de partir à la découverte de l'inattendu, en délaissant le centre une fois ses principaux attraits révélés... ARCHITECTURE ICONIQUE Dès l'arrivée au bord du lac Ontario où la cité prend pied, elle est là, tendue comme une flèche vers le ciel. La CN Tower est à Toronto ce que la tour Eiffel est à Paris : un emblème. Cette structure de 533 mètres au look futuriste fut édifiée en 1976 par la Canadian National Railways pour améliorer la transmission des ondes radio et télé au-delà des immeubles du centre-ville. Pour 195 dollars canadiens (environ 125 euros), de mi-avril à octobre, les téméraires, retenus par des câbles, peuvent y faire la plus haute promenade "mains libres" du monde sur une corniche de 1,5 mètre de largeur. Sinon, la vue panoramique sur Toronto et le lac, au soleil couchant, depuis un observatoire accessible à tous, est spectaculaire. On y prend conscience de la densité d'une ville qui ne cesse de voir grimper des buildings et projets hors de mesure. Ces dernières années, les investissements ont été axés sur une architecture pionnière, histoire de moderniser l'image des lieux. Frank Gehry, fils prodigue du pays, auteur notamment de l'immeuble de la Fondation Louis Vuitton, à Paris, et du musée Guggenheim de Bilbao, s'est ainsi vu confier la rénovation de l'Art Gallery of Ontario (AGO). Le monumental escalier en bois, qui articule les espaces d'exposition, est l'une des curiosités les plus photographiées de Toronto.A quelques pas de là, une structure avant-gardiste en damier noir et blanc posée sur des piliers de couleurs vives, signée du Britannique Will Alsop, accueille le Sharp Centre for Design, de l'Ontario College of Art & Design. A ne pas manquer non plus, l'entrée prestigieuse en forme de cristal du Royal Ontario Museum, pensée par Daniel Libeskind dans le cadre de la renaissance culturelle de la ville. Enfin, dans un genre très différent, le Distillery District, trésor de l'ère industrielle admirablement préservé, constitue l'une des escapades préférées des Torontois. Si l'on n'y fabrique plus de whisky depuis 1990, les bâtiments de brique rouge ont été investis par des petites boutiques, galeries d'art, cafés et restos étonnamment non touristiques. Deux stops hautement recommandés : Hoi Bo pour ses sacs et autres accessoires aussi beaux que bon marché, et la chocolaterie Soma. SHOPPING BOBO CHIC Inutile de rêver à New York pour rafraîchir sa garde-robe ou son intérieur. Le secteur ultrabranché de Queen Street West est la base idéale d'un repérage shopping. A un quart d'heure de tram du centre, les boutiques de mode Homme, Femme et Enfant de créateurs canadiens et internationaux se découvrent tranquillement, à l'abri de l'effervescence du quartier des affaires. Parmi les coups de coeur : Fawn, pour ses vêtements minimalistes ; Nomad, pour sa ligne sporstwear ; Ynot Cycle, pour ses accessoires de... vélos ; et Old Faithful Shop, une marque venue de Vancouver qui propose des articles pour la maison à l'ancienne, façon slow living. Dans ce coin bohème de la city, on fait une pause pour un café filtre ou au siphon, un lobster roll ou une glace artisanale servie dans un cookie géant. En ouvrant l'oeil dans les rues et ruelles environnantes, on croise quelques fresques murales qui confirment le côté cool du district. Mais pour découvrir le Toronto le plus inattendu et le plus authentique, il faut filer à Kensington Market (sur et autour de Kensington Avenue) où se côtoient Chinois, Portugais, Antillais et autres émigrés qui font sa richesse culturelle. A côté de maisons victoriennes colorées - héritées du passé britannique de la ville - barbiers, épiceries, cafés, restos, bars, salles de spectacles underground et friperies vintage aux mille et une santiags, comme chez Courage My Love, se mélangent dans un joyeux bazar. NOUVELLE VAGUE Vous ne trouverez sans doute pas (encore) le quartier de Junction dans les guides de voyage. Cet ancien coin ouvrier, à une demi-heure du centre-ville en transports en commun, était jusqu'il y a peu dans l'ombre de la city. Il a suffi qu'une bande de créatifs et des boutiques arty viennent s'y installer pour que cette zone de croisement de chemins de fer, dont elle tire son nom, explose. Et que, parmi des maisons victoriennes abandonnées dans un esprit village fantôme, une véritable communauté solidaire s'installe. Le gigantesque dépôt d'articles vintage Smash, sur Dundas Street West, incarne l'âme du lieu. Lampes Bauhaus, sièges de cinémas, lettres lumineuses d'hôtels, drapeaux, affiches... des States ou du Canada, on y trouve de tout. En face, la galerie de design Mjölk associe inspirations scandinave et japonaise pour une esthétique zen avec une infinité de petits objets de décoration. Depuis sa création en 2010, la discrète enseigne tenue par John et Juli Daoust Baker fait parler d'elle dans le monde entier, notamment pour ses collaborations avec des designers et artisans nordiques. L'exploration se poursuit chez Latre art + style, avec les vêtements indigo du vietnamien Brian Vu et ses attrape-rêves géants que l'on voit partout, de Paris à Brooklyn. Un pancake japonais du poissonnier Honest Weight pour une poignée de dollars plus tard, suivi d'un café chez Kim, la belle Norvégienne du Kaffebar, et on pointe une dernière tête chez ARTiculations, un magasin de matériel créatif à l'ancienne tenu par deux jeunes artistes. Carnets de voyage, washi tape, pastels japonais, articles pour enfants... On admire, on discute, on partage avant de regagner le Toronto moderne presque à regret.PAR MURIEL FRANÇOISE