On peut analyser mille tendances voyage, écouter des tonnes d'experts et dresser une longue liste de nos envies. La conclusion est sans appel: en 2021, on voyagera exactement comme en 2020, c'est-à-dire en n'allant pas trop loin et en compagnie de notre chère bulle. Sans nos amis ou nos aïeuls. Sans avion et sans hôtel, pour croiser ...

On peut analyser mille tendances voyage, écouter des tonnes d'experts et dresser une longue liste de nos envies. La conclusion est sans appel: en 2021, on voyagera exactement comme en 2020, c'est-à-dire en n'allant pas trop loin et en compagnie de notre chère bulle. Sans nos amis ou nos aïeuls. Sans avion et sans hôtel, pour croiser le moins de gens possible. Peut-être même sans le doux chahut de la plage, la balade au marché du village ou la halte dans un petit resto "qui ne paie pas de mine". On sera dans une maison de vacances ou dans une caravane, à l'abri des autres. En profitant de notre tribu pour resserrer des liens. Ce sera bien, évidemment. Voire précieux. Le seul hic, dans le fond, c'est qu'on éprouve déjà l'étrange sensation que c'est la nouvelle norme. Alors oui, ces moments essentiels, il faut en faire une bonne habitude, une jolie croix dans l'agenda. Mais ce serait quand même dommage que cela devienne la seule croix. Que l'on se mette à se contenter de ces évasions sans personne, ces lieux sans échange, ces routes sans rencontres. Que l'on oublie à quel point elles sont revigorantes aussi, les vacances où l'on cause, où l'on danse, où l'on demande conseil et où l'on plante sa tente à côté d'autres tentes. Ce serait moche d'oublier tout ça. Alors voilà. Ceci est juste un petit pense-bête. Un truc à griffonner quelque part. Et à glisser dans une poche de notre sac à dos, juste au cas où l'on peine un jour à retrouver chacun des sens de nos errances.