Au sortir des allées longeant les rives du Tibre et en remontant la Via della Conciliazione, la basilique Saint-Pierre de Rome occupe tout le champ visuel ainsi que les conversations des cohortes de touristes ou de pèlerins qui accomplissent le voyage. Tout autant physique que spirituel, il représente une expérience inoubliable, doublée par l'arrivée sur la Piazza monumentale, si souvent mise en scène pour les célébrations dominicales et annuelles de la chrétienté. Ce vaste espace de 193 mètres de large et de 120 mètres de long impose son gigantisme tout aussi bien qu'il y paraît sur les écrans télévisés. Pensez, ici on est dans la démonstration de force ! Sur cette place pensée par Le Bernin (1598-1680) à l'initiative du pape Alexandre VII, on ne compte rien moins que 284 colonnes doriques, 88 pilastres, 140 statues de saints et des millions de visiteurs annuels.
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Au sortir des allées longeant les rives du Tibre et en remontant la Via della Conciliazione, la basilique Saint-Pierre de Rome occupe tout le champ visuel ainsi que les conversations des cohortes de touristes ou de pèlerins qui accomplissent le voyage. Tout autant physique que spirituel, il représente une expérience inoubliable, doublée par l'arrivée sur la Piazza monumentale, si souvent mise en scène pour les célébrations dominicales et annuelles de la chrétienté. Ce vaste espace de 193 mètres de large et de 120 mètres de long impose son gigantisme tout aussi bien qu'il y paraît sur les écrans télévisés. Pensez, ici on est dans la démonstration de force ! Sur cette place pensée par Le Bernin (1598-1680) à l'initiative du pape Alexandre VII, on ne compte rien moins que 284 colonnes doriques, 88 pilastres, 140 statues de saints et des millions de visiteurs annuels. Et puis, forcément, c'est le pas de porte de la plus grande basilique du monde, Saint-Pierre de Rome, qu'il faut franchir pour comprendre la magnificence du lieu. Bâtie en 324 sous le règne du premier empereur chrétien, Constantin (272-337), l'édifice prend sa forme actuelle en 1506 sous l'impulsion du pape Jules II. Marquée par les savoir-faire et influences de Donato Bramante (1444-1514), Giuliano da Sangallo (1445-1516), son fils Francesco (1494-1576), Raphaël (1483-1520) et Michel-Ange (1475-1564), elle symbolise la puissance de la cité épiscopale. L'église mesure 187 mètres de long, 140 mètres de large au niveau de l'abside et 58 mètres au niveau des nefs latérales. La voûte centrale culmine à 46 mètres, soit la hauteur d'un immeuble de 15 étages. Les papes Paul III, Sixte V et Paul V poursuivirent la tâche. Urbain VIII, quant à lui, consacrera la basilique en 1626, treize siècles après la pose de la première pierre !Sur cette colline du Vatican jadis dédiée à la culture viticole, cachés par la basilique et ceinturés en grande partie par la Viale Vaticano ainsi qu'un haut mur de pierres, on peut admirer les Giardini Vaticani. Ces magnifiques jardins qui occupent 23 hectares de la superficie de la cité - soit plus de la moitié - doivent leur existence au pape Nicolas III (pontificat 1277-1280) qui les transforma en promenade spirituelle des évêques de Rome. Depuis 1279, l'année où il décida de ramener la résidence papale du Latran au Vatican, le Saint-Père vient ici se ressourcer et méditer. Derrière le mur d'enceinte, Nicolas III fit alors planter un verger, un pré et un jardin près de la colline Sant'Egidio. C'est là que se situent aujourd'hui le palais du Belvédère et la cour des musées du Vatican.Passée la basilique Saint-Pierre, c'est depuis la place Santa Marta que l'ascension de la colline débute.Là, deux chênes verts taillés en forme de coupole et une grande fontaine centrale attendent le visiteur, qui est ainsi immédiatement imprégné de ce qui va constituer le sel de la visite. Les teintes ocre, blanchâtres, rosées, la belle tenue des bâtiments, les allées et venues des plus de 2 500 employés et 110 gardes suisses, tout ici indique la singularité des lieux. La beauté, l'ordonnancement parfait et l'omniprésence de la végétation - dont une parcelle de 3 hectares de forêt - campent immédiatement le décor. Tout proches, le palais de Justice et un bosquet d'arbres cachent à la vue la jolie église Saint-Étienne des Abyssiniens. Dédiée au premier martyr de la chrétienté (célébré le 26 décembre), elle a été construite en 1159 sous Alexandre III et n'est donc rien moins que la plus ancienne église de la cité papale.À quelques pas, en laissant de côté la gare ferroviaire du Vatican, l'imposante architecture du palais du Gouvernorat remplit parfaitement son office : c'est d'ici que s'exerce le pouvoir exécutif de l'État du Vatican. Le Collège pontifical éthiopien, séparé des tours de transmission de Radio Vatican par le Jardin italien, dispute la vedette à la tour Saint-Jean. L'édifice médiéval se trouve, lui, sur l'ancien tracé du mur léonin, dont l'édification (entre 848 et 852) a été décidée par le pape Léon IV suite au sac de la basilique Saint-Pierre perpétré par les Sarrasins. La tour, résidence des papes lors des travaux, abrite aujourd'hui le dicastère - ministère - de l'Économie. En suivant le mur, on arrive bien vite à la réplique de la grotte de Lourdes, qui abrite l'autel originel de Massabielle offert au pape Léon XIII par les Français en 1902.En prenant la Via dell'Osservatorio qui longe le Jardin français, le chemin porte à la rencontre du monastère Mater Ecclesiae, qui regroupait diverses communautés religieuses - clarisses, carmélites, bénédictines, visitandines - avant que, le 2 mai 2013, un hôte de marque investisse les lieux. Le pape émérite Benoît XVI s'est en effet installé ici depuis sa renonciation. On ne pourra pas manquer le jardin potager qui jouxte l'édifice, pas plus que le monument à saint Pierre qui se trouve au centre géographique de l'État du Vatican. Puis, la Via dell'Aquilone offre le choix de rejoindre la majestueuse fontaine de l'Aigle à l'ouest ou celle du Sacrement à l'est. De même, en remontant la Viale del Giardino Quadrato, avec le Jardin anglais d'un côté et de l'autre, dissimulée par les bosquets, se précisent les beaux contours de style Renaissance de la Villa Pia. Originellement résidence d'été et pavillon de chasse du pape, elle abrite aujourd'hui les sièges des Académies pontificales des sciences, des sciences sociales et de saint Thomas d'Aquin.Plus loin, se profile l'énorme silhouette de la pinacothèque, partie prenante des musées du Vatican. Avant d'y pénétrer, on pourra apprécier le Jardin carré qui l'embellit. Ce mariage de l'architecture qui a traversé le temps et de jardins magnifiquement agencés confère toute sa majesté aux lieux visités par plus de 6 millions de personnes en 2015 (Source : The Art Newspaper). Un argument de poids pour veiller au grain ! En octobre 2017, l'Administration des musées du Vatican annonçait la mise en oeuvre d'un vaste et ambitieux programme de rénovation " écologique " des célèbres jardins, qui occupera 570 personnes pendant cinq ans...TEXTE : PASCAL ALQUIER - PHOTOS : DOMINIQUE CHAUVETExtrait du Hors Série Weekend Spécial Rome