Et si c’était lui, le repas le plus important de la journée?
«Qu’est-ce qu’on mange?» Bien que la question se pose chaque jour dans la plupart des foyers, elle porte rarement sur les composants de la pause midi. C’est que le lunch est à la hiérarchie des repas ce que votre belle-mère est à votre agenda: un incompressible auquel on a tendance à consacrer le moins de temps possible. Pas étonnant, vu la longue période de travail à domicile dont on sort, et où le repas de midi était une simple formalité, englouti le plus vite possible en tête-à-tête avec soi-même avant de reprendre place derrière son écran. Lorsque le retour au travail a été autorisé, nous avons réalisé à quel point l’aspect social du lunch nous avait manqué. Il n’est en effet pas seulement riche en nutriments mais nourrit aussi l’esprit, chaque bouchée étant entrecoupée de discussions animées. Ce n’est pas un hasard si le déjeuner d’affaires connaît un tel succès: il offre non seulement la possibilité de passer des accords, mais aussi de continuer à sociabiliser une fois ceux-ci conclus.
Problème: un lunch digne de ce nom demande du temps et de l’énergie, deux commodités de plus en plus rares dans nos vies survoltées. Ce qui explique probablement pourquoi de plus en plus de livres de cuisine nous enjoignent à garder les restes de la recette pour notre lunch box, quand l’ouvrage tout entier n’est pas dédié à la garnir de manière saine et savoureuse. Un petit effort à faire, certes, mais c’est le prix à payer pour ne pas enquiller les sandwichs ou se ruiner à la cantine. Besoin d’une respiration entre deux réunions? Le midi est un créneau propice pour aller manger en solo au resto, la pression de s’y rendre accompagné étant moins forte qu’en soirée. Quelle que soit la formule choisie, il n’y a donc décidément plus d’excuses pour ne pas accorder au temps de midi l’attention qu’il mérite. Alors, qu’est-ce qu’on mange?