"Vietnamienne de sang et Française de coeur ", c'est en ces termes que My Nguyen aime se décrire, insistant sur son attachement pour l'Hexagone. En 1975, alors que la guerre est terminée dans son pays, la jeune femme essaye de rejoindre l'Europe par bateau. " C'était mon rêve ", s'exclame-t-elle. Il lui faudra dix ans pour y arriver et débarquer dans nos contrées, accompagnée de sa fille. Après avoir travaillé dans une association humanitaire et fait des études de commerce international, elle décide néanmoins de retourner sur ses terres asiatiques, pour ouvrir un restaurant dédié au vermicelle de riz : le bùn. Ce projet est une réussite et en 2013, elle se lance un nouveau défi, à Paris cette fois, et crée La Table du Vietnam. Pour les clients, c'est un voyage gustatif à seulement quelques mètres du lieu le plus touristique de la capitale, la tour Eiffel. Une consécration pour cette chef férue de gastronomie depuis l'enfance : " Pour une petite fille vietnamienne de ma génération, la cuisine fait partie intégrante de l'éducation. En grandissant, ce qui n'était qu'un apprentissage est devenu un bonheur, une passion ", conclut-elle. Rencontre.
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"Vietnamienne de sang et Française de coeur ", c'est en ces termes que My Nguyen aime se décrire, insistant sur son attachement pour l'Hexagone. En 1975, alors que la guerre est terminée dans son pays, la jeune femme essaye de rejoindre l'Europe par bateau. " C'était mon rêve ", s'exclame-t-elle. Il lui faudra dix ans pour y arriver et débarquer dans nos contrées, accompagnée de sa fille. Après avoir travaillé dans une association humanitaire et fait des études de commerce international, elle décide néanmoins de retourner sur ses terres asiatiques, pour ouvrir un restaurant dédié au vermicelle de riz : le bùn. Ce projet est une réussite et en 2013, elle se lance un nouveau défi, à Paris cette fois, et crée La Table du Vietnam. Pour les clients, c'est un voyage gustatif à seulement quelques mètres du lieu le plus touristique de la capitale, la tour Eiffel. Une consécration pour cette chef férue de gastronomie depuis l'enfance : " Pour une petite fille vietnamienne de ma génération, la cuisine fait partie intégrante de l'éducation. En grandissant, ce qui n'était qu'un apprentissage est devenu un bonheur, une passion ", conclut-elle. Rencontre. J'adore cuisiner depuis toujours et j'ai beaucoup appris grâce à ma mère. Je suis moi-même curieuse de voir ce que font d'autres chefs, dans d'autres pays. Par ailleurs, comme toute Vietnamienne de naissance, je suis attachée à mes racines, à ma gastronomie, et j'adore la partager. Elle le mérite vraiment. Elle est recherchée, très fine et sans graisse. Je l'ai surtout fait pour ma fille, qui adore ce que je réalise. Elle ne cuisine pas mais elle voulait que j'écrive mes recettes. Les fidèles clients de la Table du Vietnam me le réclamaient aussi. Je l'ai conçu pour tous ceux qui s'intéressent à l'art de la table, à travers le monde, ou qui veulent manger sain et léger. J'espère également qu'il plaira aux gens qui apprécient mon pays ; et ils sont nombreux. C'est une cuisine de tous les jours, mais que j'adapte au gré de mon imagination. J'aime expérimenter de nouvelles méthodes, avec comme base des produits du marché que l'on marie selon l'humeur, la période de l'année et le moment de la journée. Elle est surtout à base de pâte de riz. On retrouve aussi beaucoup d'herbes hachées menu, d'aromates et pas de graisse. Elle utilise la saumure de poisson, le nuoc-mâm, et suit les principes du yin et du yang, le " froid " et le " chaud ". Elle est très différente des autres cuisines asiatiques, que ce soient celles de la Chine ou des autres pays proches de la région - Thaïlande, Cambodge ou Laos - qui sont plus marqués par l'influence indienne. Il est difficile de parler d'un seul mets, car un repas en compte au moins trois, que l'on sert ensemble et que l'on partage : en général une soupe, une assiette salée, des légumes, le tout proposé avec du riz. Bien sûr, dans la cuisine populaire, on connaît beaucoup le Pho, un plat du Nord à base de nouilles de riz et de viande que l'on mange à tout moment de la journée. Chaque aliment que je prépare est un peu une spécialité car je l'ai adapté à mon goût. Mais disons que j'ai une certaine fidélité pour le Canh chua, un potage acide du Sud, sucré-salé, avec du tamarin, de l'ananas et de la tomate. Je le faisais très souvent pour ma fille et mes amis. C'est ce qui est le plus vendu dans mon restaurant. Elles ne doivent pas hésiter à ajouter tous les ingrédients qu'elles veulent, selon leurs goûts, et à se rendre dans les épiceries asiatiques. Je leur suggère par ailleurs de hacher des échalotes, de l'ail, du gingembre et de la citronnelle, et de les passer dans l'huile bien chaude pour révéler les arômes. J'ai comme projet de réaliser des vidéos pour expliquer comment mieux réussir ces plats. Par Charlotte MédotPar Charlotte Médot