Nous sommes en 2018 après Jésus-Christ. Toutes les cartes des vins uccloises affichent les mêmes références bordelaises. Toutes ? Non, une nouvelle enseigne peuplée d'irréductibles palais a décidé de faire pénétrer la diversité dans les gosiers. Dans ce coin conservateur de...

Nous sommes en 2018 après Jésus-Christ. Toutes les cartes des vins uccloises affichent les mêmes références bordelaises. Toutes ? Non, une nouvelle enseigne peuplée d'irréductibles palais a décidé de faire pénétrer la diversité dans les gosiers. Dans ce coin conservateur de la capitale, c'est courageux... ou inconscient. Il reste que cette évangélisation " in partibus " séduit. C'est d'abord le cadre de petite chapelle sélecte qui invite à la conversion. On tombe facilement à genoux devant les lignes solennelles de Pinkeye, le bureau d'architecture anversois. Effets de laque dorée, auréoles lumineuses, comptoir affichant la sacralité d'un fond baptismal... De la belle ouvrage. Etrangement, ce n'est pourtant pas ce qui bouleverse le plus.Non, le coeur vibrant du concept réside en un choix libre de flacons précis et imparables, à l'image des effervescences alsaciennes de Florian Beck-Hartweg (37 euros) ou d'un Clos du Caillou 2015 (56 euros). A ces saintes écritures, on ajoutera une carte de petites portions gourmandes qui appâte joliment : houmous (6 euros), bottarga grecque (9 euros) et surtout cet excellent poulpe grillé au thym (13 euros). Le point à améliorer ? Se défaire de l'omniscience qui empêche parfois d'entendre ce que formule le néophyte.