" Felicita ", le nom sonne comme l'une de ces entêtantes rengaines que l'on ne parvient plus à s'extirper du crâne. A mille lieues de cette chignole musicale, l'adresse éponyme donne envie d'y revenir. Ce qui est d'ailleurs tout ce que l'on attend d'un restaurant. Côté coulisses,...

" Felicita ", le nom sonne comme l'une de ces entêtantes rengaines que l'on ne parvient plus à s'extirper du crâne. A mille lieues de cette chignole musicale, l'adresse éponyme donne envie d'y revenir. Ce qui est d'ailleurs tout ce que l'on attend d'un restaurant. Côté coulisses, on notera que cette table waterlootoise est le fait de Jean-Michel Zecca, animateur bien connu n'ayant jamais caché sa passion pour la cuisine italienne, et du chef montois Renato Carati dont les amateurs vénéraient la Table des Matières. On ne connaît pas les dessous de cette amitié mais tout incite à dire qu'elle respire une autre vie, imaginaire celle-là et menée dans le pays des pères. L'assiette tout entière dessine soigneusement les contours de cette patrie obsédée par la bonne bouffe. En témoignent des antipasti (26 euros) aussi généreux que convaincants - fantastique poulpe proposé avec du céleri et remarquables fregola aux olives, câpres et thon. Le repas aurait pu s'arrêter là, mais impossible de résister à l'appel mélancolique des papardelle, à l'effiloché de lapin en sauce tomate (17 euros), délicieuses comme un souvenir d'enfance. On s'incline, non sans saluer la belle terrasse parcourue d'un frisson d'eau, la stracciatella maison addictive et l'incroyable professionnalisme de la salle.