Genre : cuisine d'auteur à partager

Dans Les cloches de Bâle, Aragon pointe un type d'hommes particulièrement détestables. Ceux dont on devine la conversation du soir en lisant le journal du matin. En effet, rien de plus tue-l'amour que le prévisible. Il en va de même pour certains restaurants à ce point standardisés que l'on anticipe leur carte rien qu'en jetant un coup d'oeil à la façade. On y entre la mort dans l'appétit.

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Bonne nouvelle : Humphrey est à inscrire au registre des lieux qui ravivent le désir et éveillent les papilles, à condition d'oublier la fallacieuse communication axée sur un chef, Yannick Van Aeken, qui fut le second du Noma.

Située au rez-de-chaussée de la maison de disques PIAS, l'adresse est fondée sur un propos audacieux : cuisine centrale sommaire, formule "sharing plate experience", décor brut, vins et bières anticonformistes, absence de couteau, ou encore assiette unique pour déguster la quasi-totalité des propositions. On fait donc défiler les préparations.

Parfois, c'est génial, comme cette poitrine de cochon laquée servie avec du chou lacto-fermenté (15 euros). Parfois, c'est décevant, à l'image d'un ceviche de loup de mer au lait de coco trop laiteux (14 euros).

Ce qui est sûr, c'est que du début à la fin, on est tenu en haleine, une performance à l'heure où l'on s'ennuie souvent au restaurant.

Humphrey, 36-38, rue Saint-Laurent, à 1000 Bruxelles. Réservations en ligne sur www.humphreyrestaurant.com

Dans Les cloches de Bâle, Aragon pointe un type d'hommes particulièrement détestables. Ceux dont on devine la conversation du soir en lisant le journal du matin. En effet, rien de plus tue-l'amour que le prévisible. Il en va de même pour certains restaurants à ce point standardisés que l'on anticipe leur carte rien qu'en jetant un coup d'oeil à la façade. On y entre la mort dans l'appétit. Bonne nouvelle : Humphrey est à inscrire au registre des lieux qui ravivent le désir et éveillent les papilles, à condition d'oublier la fallacieuse communication axée sur un chef, Yannick Van Aeken, qui fut le second du Noma. Située au rez-de-chaussée de la maison de disques PIAS, l'adresse est fondée sur un propos audacieux : cuisine centrale sommaire, formule "sharing plate experience", décor brut, vins et bières anticonformistes, absence de couteau, ou encore assiette unique pour déguster la quasi-totalité des propositions. On fait donc défiler les préparations. Parfois, c'est génial, comme cette poitrine de cochon laquée servie avec du chou lacto-fermenté (15 euros). Parfois, c'est décevant, à l'image d'un ceviche de loup de mer au lait de coco trop laiteux (14 euros). Ce qui est sûr, c'est que du début à la fin, on est tenu en haleine, une performance à l'heure où l'on s'ennuie souvent au restaurant.