Cela fait un moment que l'on suit Benjamin Laborie. Après des premiers pas hésitants, ce chef n'a eu de cesse de redresser le buste. Désormais, il file droit. L'homme s'est débarrassé du labeur et de la sueur, déployant une cuisine limpide. On en a eu la preuve lo...

Cela fait un moment que l'on suit Benjamin Laborie. Après des premiers pas hésitants, ce chef n'a eu de cesse de redresser le buste. Désormais, il file droit. L'homme s'est débarrassé du labeur et de la sueur, déployant une cuisine limpide. On en a eu la preuve lors d'un repas du soir à La Ligne Rouge, adresse brabançonne où il fait des étincelles. Calibré pour une clientèle qui ne calcule pas, le lieu affiche des tarifs dissuasifs à la carte. Une série de formules rectifient le tir, comme le menu Courbe à 59 euros (quatre services). Celui-ci est garanti sans coup tordu, un ravissement du début à la fin. Une grosse asperge verte de Perthuis ouvre le bal, soulignée par un très juste sabayon qui contient l'ardeur de l'ail des ours. De fines lamelles de bar mariné ajoutent fraîcheur et texture à l'ensemble. Ensuite, une langoureuse langoustine joue un accord majeur inédit avec du manioc en fécule. Le plat est d'une gourmandise absolue : une tendre volaille servie avec des morilles fraîches, du vin jaune et des asperges. Idem pour le dessert, une jolie variation sur la rhubarbe, qui laisse léger. Le conseil qui sauve ? Réserver la table la plus proche des cuisines, celle qui s'ouvre sur la campagne environnante.