Chez les amateurs barbus de la mouvance " craft ", Ginette représente le comble de l'abomination. On peut comprendre : faire fabriquer sa potion de malt et de houblon par la brasserie La Binchoise pour ensuite entrer dans le giron d'AB InBev, voilà qui suin...

Chez les amateurs barbus de la mouvance " craft ", Ginette représente le comble de l'abomination. On peut comprendre : faire fabriquer sa potion de malt et de houblon par la brasserie La Binchoise pour ensuite entrer dans le giron d'AB InBev, voilà qui suinte l'opportunisme. Il reste que l'honnêteté commande de dire la vérité à propos du bar que la marque a inauguré dans la foulée de son rachat. Même s'il ne fait pas un doute que l'endroit est taillé pour être dupliqué, il séduit. Le décor fait mouche en ce que les trois salles en enfilade convoquent une esthétique qui panache pub anglais et touches africaines. On apprécie surtout l'espace du fond dont le cadre est signé par l'excellent duo Mon Colonel & Spit. La bonne surprise vient de l'assiette - saisonnière - qui nous a carrément enthousiasmés. Signée par l'équipe du traiteur Jean-Michel Loriers, elle vaut beaucoup mieux que les habituelles tranches de salami servies dans ce genre de configuration. Bien beurrée d'asperges blanches servies à la flamande, elle affiche des contours grillés au four à charbon de bois. Super bon. Et si accompagner ce délice d'une Ginette, c'est " over your dead body ", il reste toujours de l'Orval à la carte.