Comment Schopenhauer a-t-il fait pour survivre après avoir formulé la vérité ultime de l'existence : " La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui " ? Simple, doté d'un estomac en béton, le philosophe fréquentait les restaurants.
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Comment Schopenhauer a-t-il fait pour survivre après avoir formulé la vérité ultime de l'existence : " La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui " ? Simple, doté d'un estomac en béton, le philosophe fréquentait les restaurants. On peut en témoigner, un chef peut, au détour de trois assiettes lumineuses, vous remettre en selle. Ainsi de Tanguy De Turck qui évolue dans le cadre d'une demeure de 1620 entourée d'une végétation abondante. On débarque un midi dans la salle qui répond aux vieilles pierres par une sobre modernité. Tableaux tout en texture, chaises feutrées de gris, tables en bois et goût pour la ferronnerie... Le décor met en confiance. Le soufflet, quant à lui, arrive avec un menu à 32 euros d'une incroyable générosité. La place nous manque pour conter par le détail ce festin. On ne dira donc qu'approximativement les moments les plus intenses : le crabe que réveille un dripping de poivron et des pâtes à l'encre de seiche ; l'agneau cuit au big green egg, un barbecue d'intérieur rappelant le kamado japonais, qui embarque vers l'Orient ; et surtout la promenade dans la fraîcheur des sous-bois suggérée par une composition mêlant fruits rouges, sorbet basilic-citron vert-estragon et chocolat.