Crab Club


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On doit à Philippe Emanuelli quelques ouvrages définitifs sur les produits de la mer. Une vraie passion qui l'a poussé à imaginer Crab Club. Cette enseigne en forme de réfectoire dénudé a les poulpes, les palourdes et autres tellines pour horizon. Désormais, l'homme se croise sous d'autres latitudes mais, à bord du navire, il reste Yoth Ondara, un chef sino-thaï redoutable sur le produit. Dans l'assiette à la faïence reconnaissable entre mille, cela donne des compositions originales qui changent chaque jour avec le marché : couteaux à l'ail (15 euros), palourdes-chorizo-cidre (19 euros), cochon et poulpe laqués (24 euros)... Bref, une inépuisable combinatoire que le cuisinier pimente à l'asiatique. Envie d'exclusivité ? On réserve la table de la cabane de chantier venue des chantiers de Gdansk ou... dans la cave qui recycle le designer Christophe Gevers. 7, chaussée de Waterloo, à 1060 Bruxelles. Tél. : 0472 55 46 95.Ancien programmateur de l'Ecran Total, un événement dédié au cinéma d'auteur, Emmanuel Gaspart s'est reconverti dans la restauration. Son credo ? Une série de recettes " parfumées et colorées " qui sentent bon le homemade et un certain esprit de fusion, dominé par les légumes et les épices. Ce festival de préparations fraîches et saines s'affiche en phase avec l'époque : carottes rôties à la mélasse de grenade, graines de tournesol, coriandre ; pois chiches grillés aux épices, potimarrons, navets, racines de persil, cerises semi-séchées au four, tamarin ; aubergines confites, marinées au dashi maison... On notera que les variations sur l'aubergine sont un axe fort de cette enseigne cosy, aux contours british, dont l'addition reste sous les 20 euros et dont le comptoir agit sur les appétits à la façon d'un aimant. 131, rue de Stassart, à 1050 Bruxelles. Tél. : 02 503 07 75. www.godsavethecream.beNicolas Decloedt, chef fasciné par le légume, s'est fait un nom en raison de sa table d'hôtes, à Jette. Désormais, l'homme évolue dans le décor baroque de cet ancien salon de thé. Résumer sa pratique à " végétarienne ", c'est passer à côté du sujet. Pour 40 euros, le menu 5 services est mémorable. Les propositions évoluent sans cesse, au gré des saisons et de l'imagination impressionniste du cuisinier, qui semble avoir un contact tacite et d'un autre ordre avec la nature. Ceviche de betterave rouge, quasi laquée, et raifort ; chou-fleur torréfié vivifié par une réduction à la bière ; chou rouge et pomme en rouleau de printemps... A ce travail exigeant, s'ajoute une vraie démarche de " sourcing ", entre légumes méconnus - yacon (poire de terre), salsifis pourpre... - et fournisseurs de talent - Le Monde des Mille Couleurs de Dries Delanote à Ypres... 2, rue de Vergnies, à 1050 Bruxelles. Tél. : 0474 65 37 06. www.humusrestaurant.be La créolité est-elle l'avenir du monde ? Dans la foulée du philosophe Edouard Glissant, on le pense très sincèrement. A Bruxelles, Laurent Balancy, originaire de La Réunion, opère une formidable créolisation de la gastronomie. Avec son physique de demi de mêlée, ce bon géant souriant jongle avec les ingrédients et les cuisines. Aussi à l'aise avec des croquettes de pieds de porc (9 euros) qu'un tartare d'araignée de boeuf aux algues et piment (10 euros), le chef régale dans un décor réduit au bel essentiel que rehausse un carrelage en forme de frise ovine et bovine. On ne rate pas ? Le Cassoulet Bout de Gras exotisé aux feuilles de quatre-épices (23 euros). Vins nature à la carte : Breton, Gioan (Domaine Potron Minet), Jolly Ferriol... 89, rue Américaine, à 1050 Bruxelles. Tél. : 0488 16 00 12. http://leboutdegras.be Un restaurant de quartier installé dans une ancienne boucherie carrelée de blanc, c'est exactement le genre de plan auquel on ne résiste pas. La salle d'une vingtaine de couverts, prolongée par une jolie terrasse en bois, fait place au bonheur de se retrouver entre amis. L'ardoise - 4 entrées et 5 plats pour une addition qui flirte avec les 50 euros le couvert - laisse s'exprimer toute la créativité réconfortante de Raphaël de Sadeleer : oeuf parfait proposé avec du saumon mariné, des croûtons et un jus au vert ; croquettes de vieux cantal arrosées d'une vinaigrette aux morilles ; voire échine de porc confite 24 heures, prouvant que le chef prend le temps de bien faire. Les références côté vins sont réduites mais redoutables (Gauby, Chavy, Trapet...) 40, avenue Joseph Chaudron, à 1160 Bruxelles. Tél. : 02 660 95 76. www.letransvaal.be Le sergent des fourneaux Philippe Garcia a, comme son nom le laisse présager, l'Espagne au coeur de sa cuisine. Au sein du décor propret et lumineux de sa table urbaine, l'homme a fière allure, celle d'un matador en tablier de cuir. Torchon noué à la taille, il décline ses préparations avec une précision implacable. Sardines à l'huile sur pain toast à l'ail et tapenade de tomates et artichauts (14 euros), souris d'agneau mijotée aux olives vertes et citrons, pommes grenailles rôties au thym et à l'ail (24,50 euros)... Le convive ne tarde pas à mettre le genou à terre. D'autant plus que la sélection des quilles ibériques et françaises vaut le détour, notamment le formidable Castro Ventosa (22 euros) de Raul Pérez. 4, avenue de la Plante, à 5000 Namur. Tél. : 081 64 04 44. www.bistrophil.be Repéré très jeune en cuisine, Ludovic Vanackere est l'enfant prodige de la gastronomie wallonne. Un Billy the Kid dont la table séduit tant le grand public que les chefs étoilés. Entreprenant et déterminé, l'homme a choisi d'emmener son restaurant vers l'autosuffisance. Depuis peu, on trouve autour de la ferme qu'il a investie, des bassins de pisciculture ainsi que les parcelles de trois maraîchers. Bientôt, un élevage de volailles complétera l'installation. A la carte, on retient ses variations sur la truite, notamment celle qui fait valoir " célerisotto ", une sauce aromatique de poisson à la crème et des chips de quinoa. Menu surprise 3 services pour 44 euros. 2b, rue Bossimé, à 5101 Loyers. Tél. : 0478 13 71 25. www.atelierdebossime.be Gastronomiquement, Little Paris est sans doute ce qui est arrivé de mieux à Waterloo. La bonne nouvelle, c'est que le public l'a compris et ne boude pas son plaisir. Pourtant, l'adresse se cache derrière une façade qui ne paie pas de mine et un décor assez banal, à l'exception de la belle terrasse ombragée. Le miracle réside ici en la personne du chef, Arold Bourgeois, Français en exil, mû par l'envie d'exporter l'esprit d'excellence bistrotière parisienne. Au programme, des tapas irréprochables sur le produit - beignet de sardine, fricassée de saint-jacques... - et une carte franche du collier - mention pour l'onglet de boeuf, sauce camembert " de mon enfance " (25 euros). Vins (Landron, Lapalu, Saillard...) à la hauteur de cette cuisine d'auteur. 89, chaussée de Bruxelles, à 1410 Waterloo. Tél. : 02 354 84 57. www.little-paris.be " Le resto où l'on boit, le bistrot où l'on mange ", ce slogan pas prétentieux résume bien l'esprit de Michel Dans. Pendant de longues années, ce chef a pratiqué une cuisine de grande précision dans le cadre d'un bistrot sans éclat. Désormais, il s'expose à la lumière, dans un décor léché : mur végétal, cuisine partiellement ouverte, comptoir en briques de bois hexagonales, luminaires sagement alignés... La carte profite de ce renouveau et en ressort grandie, à l'image de sa terrine de foie gras et chutney de mangue (17 euros), de ses légendaires boulets maison (14 euros) ou du petit salé aux lentilles (18 euros). Belle sélection de bières spéciales dans laquelle on retient la Triple Val-Dieu. 16, rue du Pont, à 4000 Liège. Tél. : 04 223 47 11. www.parisbrest.be Comme la plupart des chefs étoilés, Dimitry Lysens aspirait à un peu de simplicité en marge de sa cuisine raffinée. Il exauce son souhait dans un espace transformé en bistrot tout de bois vêtu, juste au-dessus de son propre restaurant. Aux fourneaux, il a placé Johan Haverlain, ancien chef chez Magis, connu pour son approche brute et épurée de la gastronomie. Il est en effet capable de composer une entrée végétarienne forte en utilisant une tomate, une burrata et des fèves. La plupart de ses mets se contentent d'ailleurs de trois ingrédients à la manière de ce trio ravioli, topinambours et salicorne. Et chacune de ses préparations compte au moins un aliment cuit sur le feu afin de conserver la pureté des saveurs. Menus à partir de 37 euros. 23, Hemelingenstraat, à 3700 Tongres. Tél. : 012 74 34 66. www.bistrobis.beA Louvain, le quartier du Vaartkom est en plein renouveau. Ce qui était auparavant un port de plaisance sans grand intérêt, entouré par les anciennes brasseries Stella Artois, est devenu une zone animée de la ville. C'est là qu'a ouvert, en février dernier, le bar gastronomique Hop, dans un bâtiment de coin, entièrement vitré et par conséquent très lumineux. Comme le nom le laisse à penser, le lieu rend hommage au passé de ce pan de la cité louvaniste, tant dans l'assiette que sur la carte des bières, particulièrement large. Au menu, une simplicité de haut vol, avec des mets sains tout en légèreté, tels que ces asperges crues au maquereau, pomme verte, radis et freekeh soufflé. Les desserts sont aussi délicieux et très digestes, à l'image de l'ananas grillé servi avec une mousse de chocolat blanc. Menus à 38 ou 45 euros. 1a, Vaartkom, à 3000 Louvain. Tél. : 016 35 61 53. https://hopgastrobar.beChaises d'écolier, fauteuils en cuir, tables en bois et carrelage au sol : dans cette déco chaleureuse et sans chichis, on se sent instantanément comme chez soi. Nele Victoor et Kim Devisschere ont fait de ce lieu du quartier gantois Patershol un restaurant sympathique qui propose de belles déclinaisons gastronomiques, sans pour autant miser sur les produits de luxe. Dans les mains du chef, cuisses de poulet, joues de porc et topinambours explorent de nouveaux horizons. On citera en exemple ce morceau de boeuf associé à des courgettes et du caillé de chèvre. Même les desserts font preuve d'originalité, à l'image du granité au cerfeuil. Pour une découverte bon marché, on optera pour le lunch à 28 euros. 5, Vrouwebroersstraat, à 9000 Gand. Tél. : 09 310 67 73. www.rootsgent.be Dans ce restaurant intimiste qui accueille seize couverts avec vue sur la cuisine ouverte, Frédéric Chastro et Adriana Zafiris reçoivent les convives de façon très sympathique. Le couple combine ses racines internationales dans une cuisine à quatre mains. Celle-ci s'appuie sur des connaissances culinaires classiques acquises durant une formation en France, mâtinées d'accents grecs et colombiens. La couronne d'agneau est ainsi servie avec de la salsa sud-américaine, du quinoa et du caviar de citron vert. Côté dessert, le baklava joue avec les graines de citrouille et les saveurs vanillées. La carte est renouvelée à chaque saison avec, systématiquement, quatre entrées (20 euros), plats (30 euros) et desserts (10 euros). 33, Wolstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 290 04 03. www.soma.restaurant