Genre: restaurant fluvial
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Retenir l'été, s'y accrocher de toute son âme comme si rien ne devait lui succéder. Comme si la vie avait signé un contrat d'exclusivité avec les beaux jours. Bien sûr, l'attitude est un peu vaine. N'empêche, comme le recommandait Blaise Pascal, quand l'inexorable se pointe, il faut accepter de " faire les gestes de la foi à défaut d'être habité par elle ". C'est pour cette raison, et pour aucune autre, que l'on ne saurait trop recommander de gagner les bords de Meuse, lieu emblématique d'un certain solstice. Sur les rives du fleuve, on goûte à une douceur de vivre inégalée. Petit restaurant en prise directe sur l'eau qui coule, le Moma se prête à un tel rituel. On en a fait l'expérience le temps d'un lunch suspendu entre ciel et terre. A la conception, Olivier Bruckner, chef repéré à Dave. Pour une vingtaine d'euros, le repas n'appelle aucune critique. Qu'il s'agisse du tartare de veau parfaitement vinaigré de légumes en pickels ou d'une pluma ibérique qui fond sur la langue comme un caramel. Le dessert n'est pas en reste : un sorbet de framboise servi avec de la meringue, des fraises et un coulis de fruits rouges. Une parenthèse idéale qu'a achevé d'ancrer dans la mémoire un Saint-Nicolas de Frédéric Mabileau (Les Rouillères).