Pourquoi le look d'une première dame est-il devenu un enjeu ?

Etre sobre est un luxe plutôt réservé aux hommes. Rester dans le rang permet aussi de ne pas être la risée de l'opinion publique. Chez la femme, cette standardisation est impossible. Chacune donne de la visibilité à son compagnon, par ricochet. L'enjeu est colossal, d'...

Etre sobre est un luxe plutôt réservé aux hommes. Rester dans le rang permet aussi de ne pas être la risée de l'opinion publique. Chez la femme, cette standardisation est impossible. Chacune donne de la visibilité à son compagnon, par ricochet. L'enjeu est colossal, d'autant que rois et présidents représentent le père et la mère de la nation. Ils sont une vraie valeur refuge. Toute faille contribue à les humaniser et rassure : Kate Middleton a été vue deux fois avec la même robe ? Elle est comme nous ! Mais on supporte moins les privilèges, comme quand Brigitte Macron apparaît en Vuitton. C'est un rapport entre amour et haine. On accepte mieux Mathilde habillée par les créateurs belges Natan ou Dries Van Noten, c'est une reine. L'échéance des premières dames est brève. Une reine est pérenne et a plus de latitude pour évoluer. Elle est préparée à ce poste et maîtrise les codes, alors qu'une épouse de président est tout à coup sous le feu des projecteurs. Un faux pas n'est pas futile. On a reproché à Michelle Obama de mettre du prêt-à-porter au début du mandat de son mari : ce n'était pas à la hauteur de sa fonction ! Preuve qu'il existe une sacralisation de la first lady, comme à l'époque de Louis xvi : lorsque la cour française allait à la rencontre de ses pairs d'Espagne, les lois somptuaires imposaient des tenues luxueuses.