1. Découvrir une belle histoire. C'est en faisant son mémoire de fin d'études que Simon Colin, futur bandagiste-orthopédiste-prothésiste, se rend compte de la difficulté pour les patients de s'afficher avec une prothèse. Les appareillages étant cliniques et impersonnels, bien difficile, voire insurmontable, de se les approprier. Et de cette impossibilité en découle une autre, plus grave encore : celle de s'accepter et donc...

1. Découvrir une belle histoire. C'est en faisant son mémoire de fin d'études que Simon Colin, futur bandagiste-orthopédiste-prothésiste, se rend compte de la difficulté pour les patients de s'afficher avec une prothèse. Les appareillages étant cliniques et impersonnels, bien difficile, voire insurmontable, de se les approprier. Et de cette impossibilité en découle une autre, plus grave encore : celle de s'accepter et donc de se reconstruire. L'idée lui vient alors de faire customiser les prothèses par des artistes. 2. Briser un tabou. Le regard que l'on pose habituellement sur le handicap n'est pas loin de la discrimination. Surtout en Europe où les prothèses sont moins courantes qu'en Afrique ou en Asie - continents où subsistent de nombreuses mines antipersonnel. Sans compter la tyrannie de l'apparence qui étend chaque jour un peu plus sa domination sur le monde occidental. 3. Appréhender un nouveau terrain d'exploration pour les artistes. À l'heure où la customisation attire plus que jamais les artistes - depuis les vêtements jusqu'au mobilier, en passant par les voitures et les art toys - les prothèses se dessinent comme un support inédit qui attise l'imagination des créateurs. Pour un résultat aussi surprenant qu'incitant à la réflexion. 4. Faire la connaissance d'une génération montante d'artistes. Custoprothetik emmène dans son sillage des artistes venus d'horizons différents. Tatoueurs, stylistes, graffeurs, graphistes... autant de profils qui ont pressenti le potentiel d'expression de ce nouveau créneau. Parmi les différentes signatures, on pointera celle de Lady Shove, graffeuse mais aussi illustratrice et graphic designer, et de Monk, street artiste bruxellois. 5. Se préparer à d'autres découvertes. Les prothèses ne constituent qu'un point de départ pour Simon Colin et Emmanuel Wostyn. Ils entendent s'attaquer également aux fauteuils roulants et aux corsets. Avec ces derniers, ils ont déjà réalisé des lampes, soit l'intégration inattendue et esthétisante d'un objet habituellement associé à la souffrance. Custoprothetik, exposition à la boutique Septante-Sept, 77, rue du Page, à 1050 Bruxelles. www.septantesept.be Du 23 novembre au 7 décembre prochain. Michel Verlinden