Il avait été question de se rendre à Calais, à la Cité de la dentelle et de la mode qui fête ses 10 ans et où Olivier Theyskens s'apprêtait à exposer son travail, ses immersions fugitives, ses vêtements sublimes, sa façon d'être libre, sous le titre inspiré d'In praesentía. Mais il était trop tôt, l'accrochage n'était pas encore à l'ordre du jour, on s'était donc retrouvés dans son nouvel environnement parisien, à l'Hôtel De Bourrienne, qui fut celui où Fortunée Hamelin, Merveilleuse de son état, tenait salon. Il en reste pour sûr quelques fantômes enchanteurs et, dans son studio, un vitrail à arabesques, des lambris ouvragés et une riche bibliothèque où se côtoient Le Rouge et le Noir de Stendhal, un livre sur les dictateurs daté de 1935 et dont le dernier chapitre n'épargne pas Adolf Hitler, ainsi qu'une somme précieuse sur la dentelle - il l'a prêtée à Lydia Kamitsis, amie et curatrice de cette exposition à ce point intime qu'elle en devient universelle. Car leur propos est bien de l'ordre de la rêverie : par " fragments et collisions ", ils ont tissé un dialogue créatif entre l'oeuvre d'Olivier et les collections historiques, textiles et industrielles du musée, sans chronologie stricte, dans une sorte d'abstraction émotionnelle évidente.
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