Dans une ère où la tendance est au véganisme et au bio, la réflexion sur une meilleure intégration animalière dans notre société se fait de plus en plus prégnante. Le lien entre bien-être animal et devoir humain se resserre, inspirant un mouvement qui ressent le besoin de faire aboyer les mots du débat avec vigueur. Car non seulement la relation est devenue complexe, mais en plus, la cohabitation exige aussi bien d...

Dans une ère où la tendance est au véganisme et au bio, la réflexion sur une meilleure intégration animalière dans notre société se fait de plus en plus prégnante. Le lien entre bien-être animal et devoir humain se resserre, inspirant un mouvement qui ressent le besoin de faire aboyer les mots du débat avec vigueur. Car non seulement la relation est devenue complexe, mais en plus, la cohabitation exige aussi bien de la tolérance qu'une ouverture d'esprit plus moderne. Ainsi, le Design Museum de Gand a imaginé une exposition qui imagine plusieurs scénarios. En collaboration avec Tanja Seiner, designer allemande, et le musée MARTa Herford, le lieu s'est mis en tête de cogiter sur la façon d'offrir une alternative aux matières premières d'origine animale. Argument : la bête perd trop souvent la vie au nom d'une race dite " supérieure " qui l'exploite à son unique bénéfice. Allant plus loin que de la simple fausse fourrure, l'installation veut montrer que l'humain n'a pas de limite dans sa manipulation de la faune, et que son imagination dépasse parfois l'entendement. A l'aide de mises en scène et de métaphores souvent éloquentes, les concepteurs proposent quelques prospectives sur les rapports étranges entre les êtres vivants à deux et à quatre pattes. On y observe, entre autres, la vidéo d'un cochon d'Inde en pleine séance de coiffure, qui a pour objectif de dénoncer l'impact de l'industrie de la beauté sur les animaux - 80 % des pays du monde autorisent encore l'expérimentation des cosmétiques sur ceux-ci. Ou encore un morceau de viande en tricot pointant l'emploi d'éléments d'origine animale dans la fabrication de (presque) tous nos produits. Le chiffre qui scotche : en 2018, quelque 26,51 millions d'animaux ont été abattus... par mois. Autant dire que ces oeuvres ont le don de soulever des questions sur les conflits économiques, écologiques mais aussi éthiques que cause la présence inextricable de la faune dans nos vies.