Qui ?

Artiste allemand né à Berlin en 1967, René Wirths fait figure d'anachronisme vivant sur la scène de l'art contemporain. Malgré cela, son travail a été accueilli à la Biennale de Genève (2000), et la Kunsthal de Rotterdam lui a consacré un grand accrochage en 2011. Radicalement attaché à la peinture, ce trublion ne se laisse pas démonter par la profusion des images qui, pourtant, cloue le bec à de nombreux plasticiens. Au centre de son travail, il persiste et signe à placer des objets du quotidien qu'il réalise avec une infinie minutie - certaines toiles lui prennent plus d'un mois. Néo-pop ? Certainement pas, l'intéressé revendique une pratique au croisement de l'art conceptuel et de l'hyperréalisme. Le sens de son approche ? " René Wirths s'astreint à peindre de façon impersonnelle et minutieuse des objets du quotidien, sans appareil photographique ou projection, pour, dans une démarche phénoménologique, percer le réel, le comprendre et enrichir notre compréhension du monde ", résume la galerie Templon.

© PHOTOS : Eric tschernow

Quoi ?

Pour sa première exposition à Bruxelles, Wirths présente des oeuvres réalisées entre 2017 et 2019, révélatrices de son goût pour la variation méthodique. Inspirée, la série Liquids aligne des tableaux figurant un verre rempli aux deux tiers d'un liquide qui varie d'une représentation à l'autre - lait, eau, huile, ou encore jus de fruits. En guise de contrechamp, le prodige livre l'image criante d'une radiocassette de type ghetto blaster dont l'intensité expressive pousse le regardeur à se boucher les oreilles... rien qu'à imaginer les vibrations sonores qui s'en échappent.

Pourquoi ?

Pour se rendre compte qu'au bout du pinceau de certains artistes, la peinture se découvre comme un art tout sauf moribond.

René Wirths, Beatbox, Galerie Daniel Templon, 13a, rue Veydt, à 1060 Bruxelles. www.templon.com Jusqu'au 21 décembre prochain.

© PHOTOS : Eric tschernow