Marche lente dans un champ fraîchement moissonné. Senteurs de blé. L'air chaud rougit le soleil qui s'en va faire sa nuit. Il règne un calme doré que l'on entend que dans les songes. Je parle avec des gens qui cherchent leur chemin. Je ne peux que leur indiquer la houle légère des sillons qui s'égaient droit devant.
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Marche lente dans un champ fraîchement moissonné. Senteurs de blé. L'air chaud rougit le soleil qui s'en va faire sa nuit. Il règne un calme doré que l'on entend que dans les songes. Je parle avec des gens qui cherchent leur chemin. Je ne peux que leur indiquer la houle légère des sillons qui s'égaient droit devant. Ensuite se produit l'étrange. Haut, très haut dans le ciel s'annonce le ronronnement d'un avion. C'est un bimoteur à hélices au chant clair et mélodieux. Il ondule par vagues successives, s'amplifiant peu à peu. C'est un enchantement. Je regrette de ne pas avoir sur moi mon enregistreur portable. L'avion s'est approché et l'on peut à présent entendre toutes les variations sonores produites par ses deux moteurs. Deux notes tenues et ondulantes qui tantôt s'harmonisent, tantôt se disputent. Je rentre alors précipitamment chez moi pour mettre la main sur mon oubli et ainsi capter la chanson aviatrice. Avant qu'elle ne se perde dans les altitudes. La ferme où je vis borde les champs. Une fois rentré, je constate, très étonné, que le son de l'avion semble encore plus fort, encore plus beau. L'enregistrement n'en sera que meilleur. Le soleil semble avoir interrompu sa descente sur un coup de tête. Mon intérieur est bizarrement ordonné. Alors se produit le prévisible. Le téléphone sonne et me réveille. Je suis en sueur sur le sofa du salon. Je rêvais. Mais le son de l'avion est toujours là. Bien réel et dans la pièce, tournoyant. Sauf que ce n'est pas un avion. C'est la plage nommée Windows de l'album Asleep in Amber de Bryan Hilyard. Bon sang que cet album porte bien son nom. Je pense sérieusement enregistrer mon prochain album à Zaventem. Au grand air et en bout de piste. Jérôme Mardaga