1. Tout le monde veut Gio

C'était la polémique de la semaine : le matin même de l'ouverture du Salone, Molteni & C faisait paraître un communiqué arguant que le fauteuil 881, signé Gio Ponti et présenté par Cassina, n'est autre que le D. 156.3 (photo), toujours de Ponti mais dont les droits sont détenus par Molteni. Un drôle de micmac autour du maestro italien, qui connaîtra son épilogue à l'issue de l'action en justice immédiatement intentée. La suite au prochain épisode.
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C'était la polémique de la semaine : le matin même de l'ouverture du Salone, Molteni & C faisait paraître un communiqué arguant que le fauteuil 881, signé Gio Ponti et présenté par Cassina, n'est autre que le D. 156.3 (photo), toujours de Ponti mais dont les droits sont détenus par Molteni. Un drôle de micmac autour du maestro italien, qui connaîtra son épilogue à l'issue de l'action en justice immédiatement intentée. La suite au prochain épisode. Deux initiatives faisaient leur seconde apparition lors de cette édition 2017 : le Salone del Mobile Award, annoncé en grande pompe mais dont on ignore les vainqueurs à l'heure d'écrire ces lignes ; et la Design Pride de Seletti, encore plus délirante que la première, et à laquelle se joignait un célèbre magazine américain qui, actualité US oblige, faisait défiler ses vélos armés de pancartes " Fewer walls. More Wallpaper " (Moins de murs. Plus de Wallpaper). En deux mots : qu'il s'agisse de marques comme Stellar Works, des designers tels que Neri & Hu, des innombrables écoles et jeunes pousses venues faire la fierté du Fuorisalone ou du Satellite, voire des designers occidentaux qui s'en sont inspirés, comme Starck chez Kartell ou Jean Nouvel pour Roche Bobois (photo), l'Asie était présente à chaque coin de rue cette année. Et quelque chose nous dit que ce n'est pas fini. Après avoir timidement fait ses premiers pas en Lombardie avec un concept dédié aux arts de la table, Ikea a enfin osé franchir le pas d'une première installation d'envergure à Milan : son propre festival (lire par ailleurs).Comme de coutume, 2017 connut son lot de rééditions, refontes et réinterprétations, de quoi alimenter des discussions animées sur la pertinence de l'étage gagné par le Componibili de Kartell ou la " nouvelle " table Prouvé dévoilée par Vitra. Au rayon anniversaires, outre Cassina (90 ans) ou Nanimarquina (30 ans), on pointera surtout celui de Lee Broom : déjà dix ans que le golden boy enchante le design britannique, et il a gâté ses adeptes avec la superbe Time Machine (photo), carrousel immaculé caché dans un passage désaffecté de la gare de Ventura Centrale. Si l'on connaît les liens qui unissent Milan à l'automobile, belles carrosseries et grosses cylindrées se sont imposées cette année plus que jamais. Lexus squattait la Triennale, Range Rover le Museo della Permanente, et Lancia, le Parco Sempione, tandis que la Via Tortona parquait Citroën, Hyundai, Jeep et Mini. De son côté, Rho-Fiera hébergeait le mariage 100 % haut de gamme italien entre Poltrona Frau et Ferrari, Riva1920 et Lamborghini (photo).