Entre l'homme et ses cheveux, l'histoire d'amour est compliquée. S'il y tient comme à la prunelle de ses yeux, il a longtemps eu, avec eux, un rapport presque hygiénique - une coupe propre et nette, vite fait bien fait - sauf quand il voulait... faire la révolution. Serions-nous donc arrivés à l'un de ces tournants sociologiques ? C'est en tout cas ce que pensent nos experts, Robert Van Dongen, patron du salon du même nom à Flémalle, et Thomas Laslo, à la tête du salon Geoganic à Hasselt. Tous deux formateurs auprès de l'Union des coiffeurs belges (UCB/UKB), ils ont vu les coupes uniformes, taillées de près sur les côtés, céder le pas à des cheveux plus longs, ondulés, fluides façon surfeur en retour de plage. " Le lockdown est clairement passé par là, pointe Thomas Laslo. La tendance que l'on observait déjà sur les podiums des Fashion Weeks londoniennes était dans l'air depuis quelques saisons, mais le fait d'avoir vu pousser leurs cheveux pendant plusieurs mois a encouragé les hommes à faire preuve d'un peu d'audace. " La matière était là aussi, à la disposition des ciseaux des coiffeurs. " Le look hipster, popularisé par l'explosion des " barber shops ", en devenant un nouve...

Entre l'homme et ses cheveux, l'histoire d'amour est compliquée. S'il y tient comme à la prunelle de ses yeux, il a longtemps eu, avec eux, un rapport presque hygiénique - une coupe propre et nette, vite fait bien fait - sauf quand il voulait... faire la révolution. Serions-nous donc arrivés à l'un de ces tournants sociologiques ? C'est en tout cas ce que pensent nos experts, Robert Van Dongen, patron du salon du même nom à Flémalle, et Thomas Laslo, à la tête du salon Geoganic à Hasselt. Tous deux formateurs auprès de l'Union des coiffeurs belges (UCB/UKB), ils ont vu les coupes uniformes, taillées de près sur les côtés, céder le pas à des cheveux plus longs, ondulés, fluides façon surfeur en retour de plage. " Le lockdown est clairement passé par là, pointe Thomas Laslo. La tendance que l'on observait déjà sur les podiums des Fashion Weeks londoniennes était dans l'air depuis quelques saisons, mais le fait d'avoir vu pousser leurs cheveux pendant plusieurs mois a encouragé les hommes à faire preuve d'un peu d'audace. " La matière était là aussi, à la disposition des ciseaux des coiffeurs. " Le look hipster, popularisé par l'explosion des " barber shops ", en devenant un nouveau classique, a aussi perdu en originalité ", souligne Robert Van Dongen. Qu'on parle du mulet, superstar de la rentrée même chez les femmes, ou du retour de la raie rétro, l'inspiration clairement vintage se nourrit du succès de séries télévisées comme Stranger Things ou Peaky Blinders. " Les hommes se sentent plus à l'aise dans le confort de la longueur, ajoute Thomas Laslo. Ils ont aussi appris à se distancier des produits de coiffage, parfois même des shampoings et des coupes ou barbes qui demandent trop de soin. Ils s'acceptent davantage tels qu'ils sont. " Démonstration. Inspirée par la coupe courte du plus célèbre des empereurs romains, elle se contente de discipliner les côtés en laissant de la longueur et du volume sur le haut de la tête pour former une sorte de bob flou, voire carrément bouclé. On demande quoi ? Terminé, le rasage trop marqué sur les côtés du visage comme on le propose encore dans les salons pour homme ouverts le dimanche : on lui préfère un dégradé soigné qui s'accommode même, si on le désire, de pattes sur les tempes. Pour qui ? Un homme au cheveu pas trop fin, surtout s'il faut avoir recours à une permanente pour obtenir les boucles et les vagues désirées. Elle masquera aussi une calvitie naissante sur les golfes frontaux. Et le styling ? Presque inexistant, il suffit de sécher le cheveu à la main pour qu'il se mette en place naturellement. Pour créer le mouvement s'il ne boucle pas malgré tout, on ajoute un peu de mousse fixante. Ce look de surfeur nonchalant s'appuie sur les longueurs qu'avaient de nombreux hommes en fin de confinement. Une masse qu'il ne restait plus alors qu'à remettre en forme. On demande quoi ? On garde au minimum trois centimètres de longueur sur les côtés et sur la nuque. Une sorte de bob long en somme - aussi qualifiée de " non-coupe " puisqu'elle donne l'illusion qu'on laisse faire la nature - qui peut aller jusqu'aux épaules. Pour qui ? Un homme au cheveu pas trop fin avec une bonne implantation. Et le styling ? Le plus naturel possible ! Les longueurs peuvent se rabattre au choix vers l'avant ou vers l'arrière. Si l'on manque de volume, on peut utiliser une pommade pour travailler le cheveu à la main, tête en bas, afin de décoller les racines. Pour les adeptes du court - car il en reste -, cette coupe chic et moderne mise tout sur un cran bien marqué tantôt de côté, tantôt au milieu, d'inspiration années 30, tel que les arboraient les stars de l'âge d'or de Hollywood. On demande quoi ? De respecter à tout prix l'implantation naturelle du cheveu pour décider de l'emplacement de la raie et construire le mouvement. Pour qui ? Un homme au cheveu métissé qui tire ainsi profit de son ondulation naturelle et s'offre une coupe nette sans avoir à passer par le rasage. Idéal aussi sur un cheveu plus fin, ce look, parfait pour un retour stylé au bureau ou une occasion spéciale, cassera le côté un peu strict et bourgeois du costume. Et le styling ? Au plaquage gominé à l'ancienne, on préfère un léger effet de vague qui permet de tirer parti de la présence éventuelle d'un épi. Un spray gloss aidera à fixer le résultat en apportant une touche de brillance. Plus sophistiquée qu'un mulet " classique ", elle assume son côté androgyne avec la frange à porter rabattue ou dressée. Chaque mèche est tirée au cordeau et la nonchalance apparente du look est bien plus feinte qu'on ne le pense. On demande quoi ? De garder la longueur surtout sur l'arrière. Pour plus d'avant-garde, on opte pour une frange très courte et des côtés rasés de très près. Pour qui ? Il faut une certaine masse pour construire la base du mulet, mais elle convient aussi aux cheveux fins. Et le styling ? Tout dépend du temps que l'on est prêt chaque jour à y consacrer. Les plus motivés n'hésitent pas à se faire poser des extensions si nécessaire. Pour doper le volume, on choisit un " sea salt spray " qui, en copiant l'effet de l'eau de mer sur le cheveu, lui apporte de la texture et de la densité. Une wax en spray ou une laque permettra de fixer les boucles. En réaction au côté formaté de cette coupe désormais trop normée, les amateurs du genre n'hésitent pas à se dessiner des tatouages éphémères dans la nuque. On demande quoi ? Des formes d'inspiration tribale plus symboliques que réalistes... pour les as du rasoir. Ou plus simplement, si l'on choisit de garder de la masse dans la nuque, y marquer par rasage des zones crantées autour des oreilles et dans le cou. La barbe peut, elle aussi, se travailler très courte avec la même précision et l'aide de poudre colorante, ou au contraire assumer un côté plus naturel et sauvage. Pour qui ? Pour celui qui rêve d'un tattoo sans en avoir l'âge ou la certitude de le garder à vie. Et le styling ? Un passage hebdomadaire chez le coiffeur est de rigueur.