Concurrence féroce de la vente online, frilosité de la clientèle britannique face à l'inconnue du Brexit... Les premiers arguments avancés par le conseil d'administration de Thomas Cook pour justifier un déficit abyssal de 1,7 milliard d'euros, il y a une dizaine de jours, ne sont bien entendu pas les seuls. Parmi le faisceau de causes à l'origine de cette faillite fracassante, on peut sans doute aussi invoquer la lenteur avec laquelle le paquebot des tour-opérateurs a changé de cap... ne parvenant pas, du coup, à éviter l'iceberg des nouvelles attentes en matière de voyage. Pionnière au XIXe siècle, l'agence s'était en effet principalement orientée, il y a plusieurs décennies déjà, vers le low cost, ses hôtels titanesques et ses formules all inclusive. Aurait-elle tardé à tenir compte de l'évolution du marché, aujourd'hui revenu du tourisme de masse ?

Au cours des trois années écoulées, 55 % des séjours ont été réservés hors juillet-août.

Une réalité que les petits acteurs du secteur, plus faciles à rediriger, ont par contre très vite prise en considération. A titre d'exemple, on retiendra quelques initiatives audacieuses mises en place par la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur). Ainsi, pour remédier à la saturation de ses sites ultracourus, cette partie de la France drainant un flux colossal d'estivants a signé un partenariat avec Waze, dans le but de moduler leur afflux en temps réel. A l'instar du système de navigation signalant les embouteillages et proposant, le cas échéant, des itinéraires alternatifs, l'appli pourrait, dès l'été 2020, indiquer des plages horaires moins prisées ou d'autres points d'intérêt à proximité.

Par ailleurs, en collaboration avec Airbnb, les départements concernés s'efforcent désormais - et avec succès - de booster les zones rurales pour désengorger les grandes villes. Surtout, ils visent une " désaisonnalisation de l'offre ", lit-on dans L'Echo touristique du 20 septembre dernier. Résultat : au cours des trois années écoulées, 55 % des séjours ont été réservés hors juillet-août, à en croire la publication s'adressant aux professionnels. A la rédaction du Vif Weekend, on valide à 100 % ce concept des vacances (y compris) en dehors de l'été ! Cette semaine, nous visitons donc les côtes sableuses, les forêts géantes et les hauts plateaux péruviens. On vous emmène également au coeur du surréalisme de Noursoultan, la capitale kazakhe surgie de nulle part en 2019. Ou encore à la montagne, pour y pratiquer le yoga en alternance avec le ski. Près de chez nous, on se plongera dans un passé industriel revalorisé suite à sa reconnaissance par l'Unesco. Autant de destinations qui ont le vent en poupe mais parviennent à déjouer les écueils de la surfréquentation... jusqu'à présent.