Il a parcouru l'Asie pendant trente ans, en quête d'images authentiques, pour ensuite partir vers l'Afrique, dont il continue à sillonner inlassablement les pistes. Ce qui intéresse le photographe et vidéaste belge Jean-Dominique Burton dans ces voyages, c'est " la découverte de la différence "... Le baroudeur revient néanmoins de temps en temps vers ses racines, pour mettre en exergue des réalités qui le mé...

Il a parcouru l'Asie pendant trente ans, en quête d'images authentiques, pour ensuite partir vers l'Afrique, dont il continue à sillonner inlassablement les pistes. Ce qui intéresse le photographe et vidéaste belge Jean-Dominique Burton dans ces voyages, c'est " la découverte de la différence "... Le baroudeur revient néanmoins de temps en temps vers ses racines, pour mettre en exergue des réalités qui le méritent, avec suite sociale à son oeuvre artistique si possible. C'est ainsi qu'il a passé un an avec les derniers planteurs de tabac de la Semois, pour compiler un livre plaidant pour la protection de leurs séchoirs. Dans une même veine, l'homme sort ce mois-ci un bouquin touchant sur la question des réfugiés, fruit d'une décennie de réflexion. Au fil des pages, on y découvre 23 femmes et 22 hommes ayant tout quitté dans l'espoir de trouver, chez nous, un monde meilleur. Chacun est shooté avec l'objet qu'il a pu emporter avec lui - ou pas, certains n'ayant plus qu'une image dans leur téléphone de ce talisman. " Tout a commencé un peu par hasard, raconte l'auteur. Je conduisais mes enfants à l'école, à Rixensart, et dès 2005, j'ai vu apparaître plein d'Africaines avec des vêtements chatoyants qui dénotaient dans la grisaille. Je me suis rendu compte que dans le Centre Fedasil, à deux pas, il y avait plus de 100 nationalités différentes. " Finalement, ce projet a d'abord pris, en 2016, la forme d'un film, alternant portraits et courtes interviews, en langue maternelle. Après plusieurs diffusions dans la commune, il a été montré sur TV5 Monde. Il fait donc désormais l'objet d'une version sur papier, grâce à la solidarité de toute la chaîne d'édition. " En Belgique, on a l'impression qu'on " sauve " les réfugiés, mais on a aussi beaucoup à apprendre d'eux, insiste le photographe. Il faut profiter au maximum de ces échanges même si tout n'est pas rose. " Fahima, l'Afghane en couverture de ce tome, et sa famille sont aujourd'hui menacées d'expulsion.