Il a fallu qu'Azzedine Alaïa quitte cette terre, c'était en novembre 2017, pour que l'on prenne la mesure de la beauté et de la richesse de sa collection secrète. Car le dernier des couturiers avait pour passion intime de sauver de l'oubli les pièces de ses prédécesseurs, et il avait l'oeil. En fin connaisseur ...

Il a fallu qu'Azzedine Alaïa quitte cette terre, c'était en novembre 2017, pour que l'on prenne la mesure de la beauté et de la richesse de sa collection secrète. Car le dernier des couturiers avait pour passion intime de sauver de l'oubli les pièces de ses prédécesseurs, et il avait l'oeil. En fin connaisseur du vêtement - et du corps de la femme -, en un travail d'une vie, il a thésaurisé des milliers de merveilles, dont 500 signées Cristobal Balenciaga. On ne peut taire les convergences entre ces deux grands. C'est celles-là qu'a tenu à mettre en lumière Olivier Saillard, directeur de l'Association Azzedine Alaïa. En parfait missionnaire de ce patrimoine à dévoiler, il donne lecture à ces Sculpteurs de la forme et souligne ainsi leur " ombre portée " en exposant face à face 80 modèles de ces deux maîtres de la coupe. " L'un comme l'autre étaient aussi habiles dans l'art du tailleur que virtuoses dans le flou, avise-t-il. Ils savaient aussi bien traiter la mousseline, le jersey, la soie que le gros lainage. Ils partageaient également un même goût pour le noir, intense, profond, qui appartient à tous les peuples, et pour les couleurs éteintes - ils trouvaient que les imprimés démodaient un peu plus vite le vêtement. S'il y a du volume chez chacun, Azzedine est cependant plus agrippé au corps que Balenciaga, qui en était plus éloigné. " Hommage affectueux.