L'histoire de Coup de Foudre, c'est d'abord celle d'une complémentarité. Alors que Goedel Vermandere façonne, de ses mains, les diffuseurs et abat-jours composés de multiples pièces en porcelaine des luminaires du label, Jan Arickx, lui, conçoit et fabrique les structures en métal sur mesure pour les mettre en lumière. Electricien hors-pair, il a réalisé de nombreuses scénographies lumineuses pour diverses manifestations avant de mettre son savoir-faire au service de cette collection. Quant à Goedel, ex-institutrice, elle a travaillé la terre et expérimenté la sculpture, pendant vingt ans, pour finalement trouver cette expression si particulière qui caractérise ses oeuvres d'aujourd'hui. Désormais, le duo créatif met en scène la lumière artificielle comme personne en combinant divers savoir-faire : sculpture, joaillerie, céramique... et même des qualités de fleuriste ! Certaines pièces, comme les lustres composés de pétales, regroupent plus de mille éléments, manufacturés artisanalement. Une technique dont le tandem garde le secret.

Dans la cuisine, au-dessus de l'îlot en chêne, les suspensions lumineuses Les enfants du soleil ont été intégrées à un faux-plafond en bois brûlé. La table est décorée avec des créations en porcelaine de Goedel Vermandere. © CLAUDE SMEKENS

Depuis 2006, Goedel et Jan travaillent ensemble et échangent, en amont de la conception, pour trouver les systèmes d'éclairage les plus discrets possibles, mettant un point d'honneur à ce que la source lumineuse ne se voie pas. " J'avance de façon instinctive, avec peu ou pas de dessin. Les formes naissent dans mon esprit et sont façonnées du bout des doigts, parfois avec l'aide d'un moule, mais de moins en moins souvent ", précise la créatrice qui prend plaisir à retrouver les sensations de la sculpture. " La porcelaine a l'esprit de contradiction. Elle est sensible aux facteurs externes, mais le coeur de cette matière dissimule un tempérament opiniâtre. Elle est si dure qu'elle est difficile à percer, tout en étant extrêmement fragile. Elle est impénétrable, mais aussi cassante. Elle bloque parfaitement le passage de l'électricité, mais laisse généreusement filtrer la lumière ", continue-t-elle, emphatique.

La trémie de l'escalier en chêne sablé a été mise en valeur par une cascade de suspensions Life Story en porcelaine moulée. Certaines de ses énormes gouttes d'eau sont recouvertes à la feuille d'or. © CLAUDE SMEKENS

Coup de chaleur

Feuilles de lotus, roses sur tige semblant tremper dans une barbotine comme des cierges... Le binôme courtraisien privilégie les formes organiques et poétiques issues d'une fine observation de la nature. Des trésors de décoration qui voient le jour dans leur atelier-galerie, ouvert il y dix ans, après la rénovation de l'ensemble du bâtiment, pour y installer cette partie professionnelle mais également leur logement.

Découpée en trois appartements et occupée successivement par un notaire, des étudiants puis des sans-abri, la maison datant de 1890 n'avait pas subi de modification depuis sa construction. Goedel et Jan ont conservé ses beaux volumes d'origine, ses parquets, ses portes pleines et vitrées, ses cheminées, ses carrelages et ses cloisons intérieures existantes. Seule une nouvelle cuisine a été installée. Le bel escalier en bois a, lui, été décapé par sablage, et des revêtements vinyliques cachant certains sols ont été enlevés pour découvrir des lames de chêne en excellent état.

Dans chaque pièce, une couleur a été choisie pour animer un ou plusieurs murs. Ainsi, la salle de bains se compose d'un écrin en Mortex teinté avec un pigment pur de bleu de Cobalt très lumineux. Ailleurs, des peintures mates, aubergine ou grise, contrastent avec la panne de velours des rideaux jouant avec les reflets de la lumière. Comme sur la porcelaine de leurs créations, qui offre un aspect mat ou émaillé et s'ourle souvent d'une pointe de feuille d'or, Goedel et Jan ont rénové leur demeure en relevant les textures brutes avec des détails plus précieux. Dans la cuisine, un faux plafond en bois brûlé et un enduit de béton cohabitent ainsi avec le velours rutilant des sièges. Et dans le salon, un tapis de style berbère accueille une table basse extravagante en forme de pouf avec plateau en verre.

Dans la salle de bains aux murs nappés de Mortex teinté avec un pigment cobalt, les meubles sous vasques ont été fabriqués à partir d'un ancien buffet, détourné de sa fonction première. © CLAUDE SMEKENS

Nombre de meubles ont été chinés chez des antiquaires, notamment chez Passé Composé à Tournai ou Wauw shop à Courtrai. Sur les murs, les tableaux sont signés par des artistes " coup de coeur " du couple, qu'ils invitent aussi à exposer chez eux, à l'image des oeuvres du frère de Goedel, Aans Vermandere, et de Kai Savelsberg, du buste de Heidi Leman dans la pièce de vie. Ou encore, dans la cuisine, des réalisations de Bernadette Doolan et de Nadine Callebaut. Dans le salon, une oeuvre de Lydie Arickx voisine avec les meubles kitsch et arty, un peu fous, colorés et décalés de Bretz. " Lorsque les clients entrent dans la galerie, au premier niveau, il n'y a pas de véritable séparation entre notre showroom et les espaces privés. Souvent, ils montent aux étages pour découvrir les articles de Coup de foudre mis en situation dans toutes les parties de notre maison. " Car ici, tout se confond pour une ouverture totale et une vraie convivialité. Un esprit intime qui sera renforcé par une prochaine transformation de l'espace professionnel, encore plus axé sur une ambiance chaleureuse, " comme chez soi ". La ville de Courtrai cofinancera ce projet et celui d'autres commerces, suite à un concours auquel le label a participé. Un beau " coup de pouce " pour ce lumineux duo.

Dans le salon, les couleurs explosent avec un canapé en velours orange et une table basse avec piètement en forme de pouf. La suspension Bouquet de roses est également de Coup de foudre. © CLAUDE SMEKENS

www.coup-de-foudre.be

Sur le palier, une sculpture de Heidi Leman toise un fauteuil causeuse en velours capitonné, chiné et restauré. © CLAUDE SMEKENS
Goedel façonne à la main, toutes les pièces qui composent ses luminaires. Celles-ci sont ensuite accrochées et assemblées sur une structure métallique par Jan Arickx. Comme ici avec Le Soleil, leur premier modèle. © CLAUDE SMEKENS