" Je ne suis ni d'ici ni d'ailleurs ", d'où êtes-vous ?

De l'expression, de l'art comme un souffle inhérent à mon fonctionnement, du c£ur de ceux que j'aime, mais d'aucun pays.
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De l'expression, de l'art comme un souffle inhérent à mon fonctionnement, du c£ur de ceux que j'aime, mais d'aucun pays. Ce pays m'a toujours portée. Mon attachement est grand car j'ai vécu des choses fondatrices dans mon enfance en Flandre. En été, les Antilles prenaient le relais. De ma mère, qui lisait beaucoup. Première découverte : L'Idiot de Dostoïevski. J'étais une enfant qui ne se confiait pas. Pour moi, c'était écrire ou tomber malade. Mon agressivité, les pulsions noires, la destruction, les questions sans réponse. L'autre était le premier titre que j'avais choisi pour ce roman. L'écriture me permet de toucher à mon être profond. Elle donne à voir un autre soi, débarrassé des masques. J'écrivais un journal. Celui-ci révèle que je voulais écrire et pratiquer toute forme d'art. J'avais envie de réaliser quelque chose de novateur. Réussir ce que j'ai commencé. J'aborde avec bonheur la deuxième partie de ma vie. Ayant trouvé l'être aimé, je suis sereine. Respirer, chanter ou écrire, telles sont les couleurs par lesquelles la vie passe. Par beaucoup d'écueils et de prises de conscience, qui riment avec la rupture des illusions. Malgré mon sens de la conservation, je ne cesse de renaître. Croire au Prince charmant (rires) ! L'amour comme pour mon héroïne. Quand on devient dépendant de quelqu'un, on se met dans sa main. Soit il en profite, soit il chérit ce don. A mon fils. L'envie de le voir grandir m'a permis de survivre. C'est la chose la plus difficile qui soit. A 13 ans, je ne me suis pas reconnue dans la glace. C'était un abîme inexprimable. Les mères nous apprennent à être femme, or j'ai dû me débrouiller seule. La question se pose toujours. Entière, je donne tout, sans stratégie ni artifice. La voix de mon fils, le cou de mon homme et les câlins de mes parents. Dans un livre ou à la Baie du Diamant en Martinique. Je suis si souvent en apesanteur, que j'ai déjà l'impression de ne pas toucher terre (rires). La femme qui pleure, par Viktor Lazlo, Albin Michel, 153 pages. Par Kerenn Elkaïm "Quand on devient dépendant de quelqu'un, on se met dans sa main."