" Arrêtons de grâce l'inquisition féministe ", s'énerve, dans une chronique diffusée sur les réseaux sociaux, un spécialiste du marketing, fort marri par quelques affaires récentes qui ont vu des marques retirer leur publicité suite aux torrents de réactions sur Twitter. Déjà, arrêtons, de grâce, les références historiques bancales. Un mot-clé sur Internet (genre #RetireTaPubSexiste ou #LesFemmesNeSontPasDesObjets) n'est pa...

" Arrêtons de grâce l'inquisition féministe ", s'énerve, dans une chronique diffusée sur les réseaux sociaux, un spécialiste du marketing, fort marri par quelques affaires récentes qui ont vu des marques retirer leur publicité suite aux torrents de réactions sur Twitter. Déjà, arrêtons, de grâce, les références historiques bancales. Un mot-clé sur Internet (genre #RetireTaPubSexiste ou #LesFemmesNeSontPasDesObjets) n'est pas un bûcher. On appelle ça un feedback. Et il peut, en effet, faire plus mal qu'un boomerang qui revient à la figure de quelqu'un qui ne s'y attendait visiblement pas. Et si j'entends bien que communiquer de manière unilatérale est plus confortable que d'être confronté aux commentaires du public à qui s'adresse ladite publicité, il ne me semble pas que c'est totalement inutile. A chaque époque ses sensibilités exacerbées. Longtemps, devant des pubs qui nous donnaient un peu envie de brûler nos soutiens-gorge, nous avons grogné, en solitaire. Les réseaux sociaux ont donné un écho et un terrain de jeu formidables à ces grognements. Chers publicitaires, non, vos simulacres de viol collectif sur mannequin rachitique ne nous incitent pas à acheter votre produit. Et non, nous ne voulons pas d'un épilateur pour célébrer la Journée des droits des femmes. En fait, on le prend même mal. Et maintenant on peut vous le dire, puisque vous êtes accessibles en un clic. Ce n'est pas de l'inquisition, c'est une relation. Vous communiquez, nous répondons. C'est inconfortable, mais éclairant. Et au lieu de " mal vivre ce climat de terreur " (dixit notre spécialiste marketing du début), voyez-le comme une opportunité de mieux nous cibler. Aux Etats-Unis, l'association nationale des publicitaires (qui représente 15 000 labels tout de même) a créé une série d'outils pour aider les marques à arrêter de nous prendre pour des greluches (je résume). Avec un chiffre simple : l'efficacité d'une pub peut être augmentée de 30 % si les femmes s'y retrouvent. Si vous ne le faites pas pour nous, faites-le pour vous. Enlevez vos lunettes masculinistes. Ça nous va comme un poing dans la figure. par Florence Hainaut