L'Empire State Building, le One World Trade Center, le Chrysler Building, le Hudson Yards... Les gratte-ciel à New York sont autant de balises qui aident à s'orienter dans la cité. A côté de ces icônes, il est un bâtiment résidentiel qui en impose : le 432 Park Avenue, aussitôt rebaptisé par les locaux " the Matchstick Building " pour sa silhouette fine comme une allumette. Celui-ci ne perce toutefois pas les cieux de la Grosse Pomme depuis très longtemps, puisque son architecte, Rafael Viñoly, n'a achevé cet ouvrage de 104 appartements qu'à la fin 2015. Avec ses 425,50 mètres, il remporte la palme de la tour résidentielle la plus élevée d'Occident. Un homme d'affaires cosmopolite s'est laissé séduire par un logement de 330 mètres carrés, situé à l'un des derniers étages du building, et en a fait son pied-à-terre professionnel. Quand on sait qu'ici, les prix du marché immobilier varient de 20 à 82,5 millions de dollars, on comprend que l'intéressé souhaite rester anonyme. La décoratrice d'intérieur en charge de ce chantier pas comme les autres, Nebihe Cihan, nous a proposé le tour du propriétai...

L'Empire State Building, le One World Trade Center, le Chrysler Building, le Hudson Yards... Les gratte-ciel à New York sont autant de balises qui aident à s'orienter dans la cité. A côté de ces icônes, il est un bâtiment résidentiel qui en impose : le 432 Park Avenue, aussitôt rebaptisé par les locaux " the Matchstick Building " pour sa silhouette fine comme une allumette. Celui-ci ne perce toutefois pas les cieux de la Grosse Pomme depuis très longtemps, puisque son architecte, Rafael Viñoly, n'a achevé cet ouvrage de 104 appartements qu'à la fin 2015. Avec ses 425,50 mètres, il remporte la palme de la tour résidentielle la plus élevée d'Occident. Un homme d'affaires cosmopolite s'est laissé séduire par un logement de 330 mètres carrés, situé à l'un des derniers étages du building, et en a fait son pied-à-terre professionnel. Quand on sait qu'ici, les prix du marché immobilier varient de 20 à 82,5 millions de dollars, on comprend que l'intéressé souhaite rester anonyme. La décoratrice d'intérieur en charge de ce chantier pas comme les autres, Nebihe Cihan, nous a proposé le tour du propriétaire. Une occasion rare d'admirer la ville qui ne dort jamais depuis l'un de ses immeubles les plus mythiques. " Just Play Me Two Bars of Stardust ", peut-on lire au mur dans l'entrée. Cette oeuvre néon signée Cerith Wyn Evans donne d'emblée le ton. Elle voisine avec un banc de l'architecte et designer italien Vincenzo De Cotiis. A quelques pas de là, on remarque une toile très colorée de l'artiste Nicky Nodjoumi et une sculpture de Gimhongsok. " Mon client est un collectionneur passionné d'art moderne, confirme notre hôte du jour. Il voyage souvent aux quatre coins du monde, alors ici, dans son penthouse, il a eu envie de tranquillité. Je dirais même qu'il cherchait à recréer l'ambiance d'un musée. " Pour le businessman, les plafonds hauts de 4 mètres et les baies vitrées de 3 mètres sur 3 formaient la toile de fond idéale pour mettre en valeur son impressionnante collection. Et le vaste hall n'est pas la seule pièce à l'atmosphère muséale. Dans le salon, une sculpture de Tony Cragg trône en bonne place, tandis que la salle à manger abrite une toile d'Idris Khan. Dans les trois chambres à coucher, par contre, Nebihe Cihan a préféré des opus moins spectaculaires, notamment une série de dessins de Wael Shawky. Pour autant, imaginer un appartement aussi beau qu'un musée ne pouvait se faire en sacrifiant l'intimité. Une gageure puisque, ici, deux atouts sensationnels jouaient des coudes : d'une part, une collection d'oeuvres plus éblouissantes les unes que les autres, et, de l'autre, une vue sublime à 180 degrés sur la ville. Tant de superlatifs appelaient à faire profil bas pour le reste et à injecter une certaine dose d'apaisement. " La décoration peut sembler minimaliste mais elle ne cède rien au confort, grâce au mobilier qui provient en bonne partie de l'entreprise italienne Flexform. Un peu comme dans une chambre de palace. Logiquement, on a opté pour des teintes neutres, taupe, beige et marron plus soutenu, avec des finitions extrêmement soignées. " Les détails sensuels contribuent au luxe feutré des lieux : cuir pleine fleur, cachemire d'une grande douceur, velours raffinés, tapis de soie... Les banquettes aménagées dans l'embrasement des fenêtres sont habillées de coussins réalisés sur mesure par Holly Hunt. Ce sont sans aucun doute les recoins cosy les plus convoités de l'habitation : quand on regarde par la fenêtre, on en oublie jusqu'au prix faramineux qu'il a fallu débourser pour bénéficier du panorama qui s'offre depuis le sommet de Hudson Yards. Central Park déroule son tapis vert sous nos pieds, tandis que le regard embrasse l'horizon bien au-delà du fleuve Hudson et de l'East River, jusqu'à Brooklyn, Westchester... et l'Atlantique. Si la décoration d'intérieur décline volontairement une palette de tons neutres traduisant douceur, harmonie et minimalisme, certains choix forts sautent aux yeux. C'est le cas de l'impressionnant lustre The Last Night Branche du designer français Damien Langlois-Meurinne, coiffant la table de la salle à manger. " Il se marie idéalement avec la toile d'Idris Khan, accrochée au mur. Dès le départ, ces deux oeuvres étaient destinées à se répondre ", précise Nebihe Cihan. De retour dans le hall après notre tour du propriétaire, on prend davantage conscience encore que le banc, et le fameux tableau néon qui le surmonte, forment un surprenant comité d'accueil dans l'atmosphère apaisante des lieux. " C'est un détail terriblement " New York City ", exactement ce qu'il fallait pour twister le charme de cet appartement, confirme la décoratrice. J'aime instiller dans chaque projet un petit quelque chose de théâtral. Un clin d'oeil qui bouscule les lignes et apporte un peu de tension dans un intérieur. " Dont acte.