Avec beaucoup de justesse, Pierre Alechinsky le rappelait en 2002 au micro de France Culture : " Le tour de force de Christian Dotremont, c'est d'arriver à écrire et dessiner ensemble, souder les deux opérations. (...) A partir de l'écriture, il souhaitait trouver une autre écriture et un autre dessin. Il appelait ça des logogrammes. " Les mots ont toujour...

Avec beaucoup de justesse, Pierre Alechinsky le rappelait en 2002 au micro de France Culture : " Le tour de force de Christian Dotremont, c'est d'arriver à écrire et dessiner ensemble, souder les deux opérations. (...) A partir de l'écriture, il souhaitait trouver une autre écriture et un autre dessin. Il appelait ça des logogrammes. " Les mots ont toujours joué un rôle prépondérant dans l'oeuvre de Dotremont (1922-1979), lui qui en tant que cofondateur les avait saisis " par leurs extrémités, comme des acrobates " pour former le terme CoBrA, acronyme nouant les trois villes - Copenhague, Bruxelles et Amsterdam - impliquées dans la naissance d'un mouvement artistique imaginé par-delà les conflits entre figuration et abstraction. Le tout pour une nébuleuse éphémère d'écrivains et de peintres qui s'est fait remarquer par la spontanéité de ses expressions, ainsi que par " la richesse et la vivacité de la palette ". A Knokke, la galerie Samuel Vanhoegaerden rend un bel hommage à ce " peintre de l'écriture " dont le travail ne doit en aucun cas être sous-estimé. Il ne s'agit pas moins d'une quarantaine de logogrammes réalisés entre 1962 et 1979 qui seront exposés au grand public - on sait que l'intéressé appliquait une sélection drastique de ses pièces qu'il n'hésitait pas à brûler quand elles ne lui convenaient pas. A cela, il faut ajouter une sélection de livres, de revues et d'autres oeuvres. Sans oublier la projection de l'excellent film " Dotremont - les logogrammes " réalisé en 1971 par Luc de Heusch (et Pierre Alechinsky). Soit, un document magnifique qui donne à voir une journée dans la vie d'un talent pas comme les autres.