Il fait partie de ces pays que peu arrivent à situer sur une mappemonde. Coincé entre le vaste Mexique et le Guatemala, le Belize est trois fois plus petit que la Belgique. Loin des grandes routes aériennes ou terrestres, c'est un incroyable melting-pot d'ethnies, à l'atmosphère parfois surannée, très caraïbe, pas loin des films de flibustiers. Car ses côtes barrées d'immenses récifs et d'une myriade d'îlots recouverts de mangrove - les cayes - ont longtemps été infestées de pirates. Jusqu'au jour où les Anglais y mettent de l'ordre et fondent le Honduras britannique, récoltant le bois d'acajou et cultivant la canne à sucre. Devenu Belize depuis son indépendance en 1981, il est aujourd'hui le seul Etat d'Amérique centrale à conserver l'anglais comme langue officielle. Même si, dans la réalité, les gens parlent plutôt un " broken english " mâtiné de créole, d'autres l'espagnol, le bas allemand et bien sûr les anciennes langues mayas.
...

Il fait partie de ces pays que peu arrivent à situer sur une mappemonde. Coincé entre le vaste Mexique et le Guatemala, le Belize est trois fois plus petit que la Belgique. Loin des grandes routes aériennes ou terrestres, c'est un incroyable melting-pot d'ethnies, à l'atmosphère parfois surannée, très caraïbe, pas loin des films de flibustiers. Car ses côtes barrées d'immenses récifs et d'une myriade d'îlots recouverts de mangrove - les cayes - ont longtemps été infestées de pirates. Jusqu'au jour où les Anglais y mettent de l'ordre et fondent le Honduras britannique, récoltant le bois d'acajou et cultivant la canne à sucre. Devenu Belize depuis son indépendance en 1981, il est aujourd'hui le seul Etat d'Amérique centrale à conserver l'anglais comme langue officielle. Même si, dans la réalité, les gens parlent plutôt un " broken english " mâtiné de créole, d'autres l'espagnol, le bas allemand et bien sûr les anciennes langues mayas. Principale ville du pays, Belize City (60 000 habitants) n'en est pourtant plus la capitale. Un ouragan l'ayant ravagée en 1961, les autorités décident alors de construire une nouvelle ville dans une région plus abritée, à l'intérieur des terres. Ainsi, au début des années 70, Belmopan devient la capitale officielle mais ne se développe pas et demeure aujourd'hui encore l'une des plus petites du monde - on en fait le tour en quelques minutes ! Son point central n'est pas une place solennelle ou un monument mais un joli marché coloré où les chalands viennent s'attabler face aux échoppes de bois. Très peu peuplé - à peine 370 000 habitants -, le Belize est l'un des endroits les plus verts de la planète : 80 % de son territoire est recouvert de forêts. Des jungles qui couvrent presque l'entièreté du territoire occidental, longtemps resté en retrait. Sur les routes qui serpentent depuis San Ignacio, dans le district reculé de Cayo, on ne traverse en effet que quelques villages et communautés isolées. Qui parfois réservent de belles et insolites rencontres. Comme Isaac, qui vit ici depuis toujours. Grand et maigre, les cheveux coupés au bol, il doit avoir une bonne vingtaine d'années mais semble venir d'une autre époque. Isaac est en réalité mennonite. En mélangeant un peu d'anglais et d'allemand, il nous explique qu'il n'est pas encore marié et qu'il vit avec ses parents dans un hameau près d'El Progresso. Nous lui achetons quelques denrées inconnues : une sorte de mini pomelo et un autre fruit, à la chair blanche et tendre. Vous ne verrez aucune photo de lui car les Mennonites refusent toute technologie et, à plus forte raison, l'aide des machines. Leur travail reste entièrement manuel. En revanche, Isaac précise que dessiner son portrait est accepté, car pour les membres de cette communauté, c'est la main de Dieu qui agit à travers le crayon de l'artiste. Un peu partout dans ces terres proches du Guatemala, on croise donc des groupes d'hommes et de femmes souvent blonds et habillés à l'ancienne. Grandes barbes, chemises, pantalons noirs tenus par des bretelles et chapeaux de paille pour les hommes. Robes longues et bonnets pour les dames, ils sont plusieurs milliers à vivre ainsi, dans des communautés agricoles mennonites, un mouvement religieux très puriste apparu au xvie siècle. Se déplaçant dans des carrioles tirées par des chevaux, ils proposent leurs produits d'excellente qualité sur les routes ou se rendent sur des chantiers offrir leurs services de charpentiers. Pour une partie d'entre eux, ils seraient descendus du Canada et se sont installés ici en 1959. Ces communautés respectent toujours les préceptes rigoristes des origines et parlent le bas allemand, assez proche du néerlandais. Leur travail et leur intégrité en font d'ailleurs des gens très appréciés des autres communautés. On estime que le Belize actuel était jadis peuplé d'un million de Mayas. Une douzaine de cités ont été révélées jusqu'ici mais il est fort probable que d'autres restent à découvrir. A une septantaine de kilomètres du célèbre site guatémaltèque de Tikal, Caracol devait être une ville gigantesque, aujourd'hui perdue en pleine forêt. Une découverte fascinante mais qui se mérite puisqu'il faut traverser la Mountain Pine Ridge via des pistes difficiles. Avec de belles surprises sur la route, comme Rio on Pools, succession de bassins et de cascades dévalant des hauts plateaux. Ses versants couverts de pins donnent à cette vallée un petit air de montagne corse. Récemment dégagée, l'ancienne cité de Caracol compte plus de 3 000 éléments, dont une étonnante pyramide tronquée. Les historiens pensent qu'elle devait abriter 150 à 180 000 habitants à son apogée, vers 700 avant notre ère, soit bien avant Chichén Itza au Mexique ! Calcaire comme le Yucatan voisin, le sous-sol du Belize recèle de nombreuses grottes qui, pour certaines, se visitent de façon incongrue : pour pénétrer Footprint Cave par exemple, on enfourche d'énormes chambres à air pour se laisser flotter et conduire au rythme du cours d'eau qui serpente d'abord à travers la forêt puis s'engouffre dans les profondeurs de la terre. Quelques grosses araignées observent de la rive... Une fois dans la grotte, on alterne passages aquatiques et marche. Au plafond, les gouttes de condensation scintillent comme des minéraux argentés. Mais le plus magique nous attend tout au fond de la caverne : un masque taillé dans le calcaire par les Mayas. Il n'en existerait que trois semblables dans le monde. Le guide explique qu'il s'agit d'une divinité de la fertilité à laquelle les couples qui avaient des difficultés à avoir un enfant venaient faire des offrandes. Le Belize, c'est aussi la possibilité d'expérimenter un mode de vie plus proche de la nature tout en bénéficiant du confort de lodges de charmes et d'écolodges. A proximité de San Ignacio, en pleine forêt, le Chaa Creek Lodge déploie superbement ses cottages au-dessus de la rivière Macal. Belle initiative de deux jeunes Britanniques qui, partis de rien, inauguraient en 1981 le premier lodge du pays. De là, une foule d'activités nature s'offre aux hôtes qui le souhaitent : canoë, VTT, observation des centaines d'espèces d'oiseaux locales, randonnée à cheval, visite d'une ferme de papillons ou des grottes d'Actun Tunichil Muknal... Alternative toute proche et originale, le Sweet Songs Jungle Lodge propose quelques chambres dans le plus grand jardin botanique du pays et la possibilité de monnayer une partie de son séjour contre quelques heures de travail dans ses allées. Pour rejoindre les îles en mer des Caraïbes, l'idéal est de prendre un petit avion au départ de l'aéroport intérieur de Belize City. Le vol de quinze minutes dévoile des vues fantastiques sur un océan turquoise, des lagons et des miettes d'îles à perte de vue. Changement de décor complet en atterrissant à San Pedro, sur Ambergris Caye. Pour un peu, on se croirait dans les Keys de Floride. Ici, on roule en voiture de golf customisée, on visite des boutiques colorées, on sirote un cocktail dans l'un des bars posés sur pilotis, on profite du soleil... et de l'océan. Le Belize compte en effet quelques-uns des plus beaux sites de plongée du monde. D'Ambergris, un petit trajet en bateau mène à des sites magnifiques tels que Hol Chan ou Shark Ray Alley. A fleur de lagon, on y taquine les tortues, les raies et les requins de récifs que l'on croise en abondance. Plus loin dans l'archipel, le Blue Hole, connu de tous les plongeurs : une ancienne grotte effondrée qui décline des gammes de bleu à l'infini. A admirer du ciel et sous l'eau. Ultime refuge pour millionnaires en mal de tranquillité absolue, Cayo Espanto n'est joignable que par bateau au départ d'Ambergris ou par... hélicoptère. Une minuscule île et quelques cocotiers pour une retraite dans les meilleures conditions. Sept bungalows, c'est tout. Ici, pas de bousculade possible. Tous donnent sur l'océan. Comme il n'y a pas de restaurant, les clients choisissent leur repas (tout, ou presque, est possible) et leur lieu de repas, même dans l'eau s'ils le désirent. Une adresse qui, dit-on, se trouvait sur la liste des destinations possibles de lune de miel de Kate et William...