Le théâtre est loin de constituer une étape hasardeuse du parcours de Marie Gillain. Enfant, quand elle rêve de devenir comédienne, c'est avant tout aux planches qu'elle songe. Et même si le cinéma la happe dès l'âge de 16 ans, elle s'aventure vers sa première scène dès 1995 en se jetant corps et âme dans la peau d'Anne Frank. La jolie Liégeoise a alors 20 ans, mais surtout, elle a déjà tout : le charme insolent de ces actrices qui jouent par pur plaisir, une nomination aux Césars (pour Mon père, ce héros), un tournage avec Monsieur Bertrand Tavernier (L'appât) et une force de caractère capable d'ouvrir n'importe quelle porte. Elle retrouve le rideau rouge en 2002 grâce à Hysteria, pièce mise en scène par John Malkovich. Puis, l'année dernière, arrive le rôle qu'elle attendait secrètement : celui de Wanda, personnage sulfureux sorti du roman non moins torride La Vénus à la fourrure. OEuvre phare de Sacher-Masoch - dont le nom, associé à celui de Sade, a donné naissance au terme de sadomasochisme -, cette histoire d'auteur en quête de la femme érotico-idéale offrait, en avril dernier, un Molière à Marie Gillain. Quelques semaines plus tard, elle fêtait ses 40 ans, acceptant de nous rencontrer pour évoquer cette sorte de " renaissance " qui ne la rend que plus brûlante et, en même temps, plus sereine.
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