C'est l'un de ces dialogues inattendus dont l'époque contemporaine s'est fait une spécialité. Le temps présent n'affectionne rien tant qu'une nouvelle perspective jetée sur une oeuvre. On applaudit des deux mains ce genre d'initiative qui consiste à mettre en lumière ce que l'on ne voyait plus, ou mieux, ce que l'on n'avait pa...

C'est l'un de ces dialogues inattendus dont l'époque contemporaine s'est fait une spécialité. Le temps présent n'affectionne rien tant qu'une nouvelle perspective jetée sur une oeuvre. On applaudit des deux mains ce genre d'initiative qui consiste à mettre en lumière ce que l'on ne voyait plus, ou mieux, ce que l'on n'avait pas encore vu du travail d'un créateur. On doit la présente proposition à Olivier Vrankenne, un entreprenant Bruxellois qui a commissionné le bureau d'architecture en vue Lhoas & Lhoas pour que celui-ci lui aménage un " project space " dans le haut de la ville. A lui seul, l'endroit vaut le détour pour la fantastique épure dont il témoigne. Après l'inauguration en avril dernier, il n'a pas fallu attendre longtemps - la troisième exposition - pour que l'intéressé dégaine la grille dialogique évoquée plus haut. Bonne nouvelle, elle fait sens et enthousiasme en confrontant le designer néerlandais que l'on ne présente plus, Gerrit Rietveld (1888-1964), avec le peintre américain Ted Stamm (1944-1984), trop peu connu en Europe. Entre ces deux pointures, les convergences sautent aux yeux. Un même socle qui se déploie : contours intuitifs de la chaise Rood-blauwe Stoel (1918) considérés comme pionniers du mouvement De Stijl, d'un côté ; évidence minimaliste, monochrome et conceptuelle des toiles ainsi que des oeuvres sur papier, de l'autre. Cette circulation des formes, des couleurs et des lignes invite à jeter un nouveau regard sur les lois et les dynamiques esthétiques. Ted Stamm & Gerrit Rietveld, OV Project, 57, rue Van Eyck, à 1050 Bruxelles. www.ovproject.com Jusqu'au 28 octobre prochain. M.V.